Le Salar d'Uyuni, un trésor de sel
- 31 mai 2016
- 4 min de lecture

5h, la journée commence. Nous préparons nos sacs à la lampe torche, jusqu'à ce qu'on se rende compte que l'électricité est revenue pendant la nuit. Nous amenons nos sacs près du 4x4, Poli et un collègue d'une autre agence essaient de le faire démarrer à l'aide de coups de marteau sur le démarreur. Ça marche !
Nous partons, il fait nuit noire. Nous entrons peu à peu dans le Salar de Uyuni, long de 180km et large de 70km, et suivons un semblant de piste. Soudain, nous prenons une direction inconnue, laissant les quelques traces de pneus loin derrière nous. Poli nous explique que pour se repérer, il se guide avec la silhouette du volcan Tunupa. Parfois, quand il y a du brouillard, il faut faire des tours et des détours et ça prend un peu plus de temps.
Peu à peu, nous arrivons au milieu du Salar, devant l'île aux cactus ou « Isla Inkqwasi ». Poli se gare devant un drapeau français, trop la classe ! Il nous indique le sentier à prendre pour monter au sommet, et nous donne des barres chocolatées pour avoir de l'énergie pour arriver au sommet. Peu à peu nous gravissons le sentier, assez pentu, passons entre les cactus, les coraux fossilisés. A la cime, nous dominons le Salar de Uyuni : une étendue de sel à perte de vue, seuls les montagnes au loin délimitent la surface. Le soleil se lève peu à peu, et nous dévoile le paysage... Comme on dit en espagnol, « vale la pena ».
Nous rejoignons Edou et Poli, une fois le soleil levé, pour petit déjeuner. Le tout est disposé sur une table en sel, et nous nous asseyons sur des bancs salés également. Nous déjeunons tous ensemble devant l'immensité du Salar, le moment est vraiment très agréable. Edou s'est levé à 3h du matin pour nous préparer un gâteau délicieux. Nous l'aidons à débarrasser et à faire la vaisselle, ce qui surprend les autres guides !
Petit passage par la boutique, puis nous partons à pied droit dans le désert, en direction du soleil d'après les indications de Poli. Il nous y retrouve ensuite en 4x4, pour nous emmener dans un coin où il n'y a personne. C'est le moment dédié aux photos d'illusions optiques que nous permet l'immensité désertique.
Pendant ce temps, Edou creuse un trou à travers la croûte de sel, elle nous montre alors les trésors que l'on peut trouver en dessous : des cristaux de sel cubiques plus ou moins gros dont les couleurs varient selon l'origine du sable qui est mélangé avec. Sous nos pieds, nous apprenons qu'il y a une profondeur d'eau de 70m à 120m. Il existe même des coins du Salar où la couche de sel trop fine ne nous permet pas de nous y aventurer.
Nous essayons d'extraire à notre tour des morceaux, plongeant notre bras entier dans l'eau glacée avec un couteau pour décrocher les cristaux. S'en suivent quelques photos de groupe, puis nous repartons. Plus loin, nous faisons un arrêt pour visiter un hôtel de sel, l'occasion de faire une petite photo sur un lama... de sel ! Poli nous récupère devant une statue construite en l'honneur du Dakar, puis nous partons pour prendre un dernier repas ensemble au village de Colchani. Sur la route, Edou nous montre ses photos de famille, nous lui montrons notre livret de présentation. Une relation amicale s'est installée.
Pendant qu'Edou prépare le repas, nous faisons un tour du marché artisanal. Le repas est encore une fois excellent et l'ambiance fort sympathique. Nous rejoignons enfin Uyuni pour notre dernière visite : le cimetière de trains. Il s'agit de locomotives rouillées et taguées exposées au milieu du désert. Elles datent du temps où les Anglais exploitaient les mines et transportaient les minéraux au Chili pour les envoyer par bateau.
L'excursion est terminée, nous rejoignons maintenant le terminal de bus de Uyuni ou du moins la rue dans laquelle se trouvent les agences de bus. Nous souhaitons aller à Sucre, mais après renseignements nous apprenons que c'est impossible. Les transports poids lourds ont commencé une grève hier et mis en place des blocus un peu partout. Notre choix se porte donc sur Potosi.
Nous saluons nos guides, et sautons dans un bus qui part dans dix minutes. Nous apprenons pendant le trajet que Potosi est également bloquée, il faudra donc prendre un taxi à 5 km de la ville après avoir traversé le barrage routier. Le long de la route, nous pouvons apercevoir quelques villages très pauvres et des collines très arides.
17h30, nous arrivons au blocus. Nous prenons nos sacs, marchons quelques centaines de mètres et trouvons un taxi pour rejoindre la ville. Il nous emmène au terminal de bus, comme nous lui avons demandé, devant lequel nous trouvons un hébergement à un prix abordable.
Nous déposons nos affaires et partons nous renseigner sur les bus pour Sucre pour demain. Nous comprenons que cela va ressembler à une grosse galère, et que si nous pouvons nous y rendre nous ne sommes pas certains de pouvoir en revenir. Nous décidons finalement de nous rendre à La Paz, destination où nous comptions aller plus tard de toutes façons.
Malheureusement pour nous, les bus pour la Paz se prennent au nouveau terminal, situé à l'extérieur de la ville. Impossible pour nous d'avoir des indications supplémentaires. Nous décidons de nous rendre à la place principale de la ville, tout en haut de la colline, pour aller voir les agences de tourisme et occuper ainsi la journée de demain.
Nous décidons d'aller visiter les mines d'argent de Potosi du « cerro rico », encore en activité, demain matin. Si nous le souhaitons, pendant ce temps l'agence se charge de nous trouver des billets de bus pour la Paz pour demain soir. Nous sommes quatre, l'agence nous fait un prix tout en nous expliquant que cela ne comprend pas les cadeaux pour les mineurs : boissons, feuilles de coca....
Nous rentrons tranquillement au logement, tout en prenant notre repas sur la route. Demain, nous allons découvrir les conditions de travail des mineurs de Potosi.




















Commentaires