Nidelbarmi en effervescence pour Corpus Cristi
- 23 mai 2016
- 6 min de lecture

Nouvelle semaine (du 23 au 26) à Nidelbarmi où le temps défile à vive allure. Voici un petit résumé de la semaine.
Les matinées :
Lundi matin, nous avons été surpris par une manifestation des habitants du quartier qui bloquent la place Ballivian au-dessus de laquelle nous dormons avec des pneus brûlés au milieu de la chaussée. Nous apprenons que les colectivos veulent augmenter leur tarif, ce qui déplaît fortement à la population qui les utilise quotidiennement. C'est drôle parce que chez nous c'est l'inverse, ce sont les agents TCL qui font la grève pour augmenter les tarifs ! Point positif, aujourd'hui nous pouvons marcher paisiblement sans craindre de se faire écraser !!!
Le problème cependant, c'est que des éducateurs ne peuvent rejoindre leur centre aujourd'hui. Nous sommes donc déposés à San Juan pour donner un coup de main dans un groupe de niveaux 2 et 3. L'éducatrice profite de notre présence pour lancer l'activité mandalas en laine, cadeau prévu pour la fête des mères. Les jeunes sont très demandeurs et volontaires, certains vraiment doués, ils réalisent un très beau travail ! Par contre, pour une telle activité, il était important d'être 3. Un peu d'aide aux devoirs, puis de nettoyage, et c'est déjà terminé.
Le mardi matin, nous travaillons au bureau et continuons de prendre en photo tous les jeux de Nidelbarmi pour les mettre en ligne sur leur site. Nous partageons avec l'équipe un gâteau que nous avons acheté à la boulangerie, moment toujours agréable et apprécié des Boliviens qui mangent énormément. Nous apercevons sur la place German Busch, à côté du centre, des files de colectivos qui patientent : il s'agit d'une révision obligatoire lancée par le gouvernement pour prévenir les accidents dus à des véhicules mal entretenus.
Le mercredi matin, nous montons en pick up, allons déposer du matériel à Mercurio pour la fête de Corpus Christi qui aura lieu dans deux jours puis filons au seul supermarché de El Alto, Hypermaxi, avec Marisol et Justino. Il y a 30 minutes de route pour traverser une partie de la ville, et nous arrivons enfin. Cet hypermarché ressemble finalement davantage à nos supérettes, le tour en est vite fait, et nous sommes très surpris du prix de l'électroménager qui est sensiblement le même que chez nous. Nous trouvons quelques tranches de saucisson sous vide. Avec un morceau de pain, du pur bonheur !!!
Sur la route du retour, nous posons quelques questions sur le permis de conduire en Bolivie, les conducteurs roulant tellement mal (passage au feu rouge, queues de poissons constantes...) que nous nous demandons s'il n'est pas donné dans une pochette surprise. En réalité, il coûte 60€, et nécessite deux heures de conduite par jour pendant deux semaines puis une semaine de théorie (un peu de code et surtout de la mécanique). Pas d'examen final, il suffit d'avoir suivi la formation ! Auparavant, les jeunes boliviens pouvaient conduire à 15 ans mais le trop gros nombre d'accidents a fait reculé l'âge à 18 ans. Ouf ! Enfin, il existe différentes catégories de conducteurs (A, B, C) affichées sur le permis qui dépendent de l'expérience du chauffeur et s'obtiennent avec de nouvelles formations.
Enfin, sur la route du retour nous observons également un quartier de petits cabanons de commerçants qui proposent tous un barbecue sur le trottoir devant eux, puis un autre quartier moins sympathique de squelettes de fœtus de lamas ou de bébés lamas séchés qui servent d'offrandes pour la Patcha Mama, la mère de la terre. Un massacre des femelles lamas lorsqu'elles sont gestantes est nécessaire pour assurer cette production. Nous sommes très surpris, mais ne pouvons pas juger car leur culture est diamétralement différente de la nôtre : selon eux tout est connecté à la mère de la terre. Pour illustrer leurs propos, ils nous ont dit que c'était exactement comme dans Avatar. Pour ceux qui n'ont pas vu cette merveille du cinéma, il est encore temps de combler ce retard.
Les après-midi :
Lundi, suite à la grève qui bloque les colectivos, nous sommes envoyés au centre Mercurio pour apporter notre aide, Charlène dans le groupe de nivel 1, Manu dans le groupe de nivel 3 que nous connaissons très bien. Les activités sont principalement consacrées à la réalisation de mandalas en laine dans le groupe de Charlène, pour le cadeau de fête des mères, alors que le groupe de Manu peint des costumes pour Corpus Christi.
Lorsque vient le moment de l'aide aux devoirs, Manu est surpris de trouver dans le cahier d'une élève de 12 ans un exercice sur la factorisation des polynômes d'ordre 3 et 4. Ceci n'apparaît même pas au lycée dans le programme français ! Pauvres élèves...
Le mardi est consacré au travail de bureau : Manu continue de façonner le site internet de la fondation tandis que Charlène donne un coup de main à Lucie pour la préparation des 200 invitations de la fête de Corpus Christi pour les familles des enfants des centres. Il y a en effet autant de fleurs en feutrine à découper, à peindre, à agraffer...
Le mercredi, dernier jour avant la fête de Corpus Christi, nous sommes tous au centre Mercurio pour préparer la fête : montage des nouveaux chapiteaux (achetés avec l'argent de la revente du sucre offert par le ministre), ancrage avec de lourdes pierres même si cela leur paraît bizarre (nous les avons rattrapés une fois au vol à cause du vent, nous préférons que cela ne se reproduise pas avec des dizaines d'enfants autour), mise en place des décorations préparées par les enfants...
Un temps fort : Corpus Christi
Il est 7h ce jeudi 26 mai lorsque nous arrivons au bureau, avec dans les mains un poulet entier (le plus gros de tous, garanti par notre vendeur de poulet-frites), et une boisson pour le repas de midi. Nous commençons par terminer d'accrocher les décorations puis nous installons la sono offerte par le ministre, les enfants n'arriveront qu'à 9h. Puis nous allons donner un coup de main à Marisol et à Lucie qui doivent préparer des tartines de pain de mie et de pâté (450 boites de pâté aussi offertes par le ministre) pour environ 200 personnes, enfants et parents. Ce sera le petit-déjeuner offert accompagné d'un thé. Au passage, la recette de thé de Marisol (mélange d'épices et d'ingrédients divers) est à tomber par terre !!!
Le padre arrive, revêt son aube et commence la cérémonie par un discours. Nous sommes très surpris de voir que beaucoup d'enfants ne savent pas qui il est ! Puis se succèdent les spectacles préparés par chaque centre : mimes, chants, marionnettes... C'est Lucia qui anime les transitions avec beaucoup d'énergie !
La matinée terminée, tout le monde se réunit par centre pour son actapi. Un actapi est un repas partagé très courant ici où tout le monde apporte quelque chose : un grand tissu est déplié par terre, la nourriture est disposée en vrac dessus et tout le monde mange autour par terre avec les mains (une patate par ci, un morceau de viande par là...).
L'après-midi, c'est une succession de danses en tous genres qui commence. Les danses font parties de la culture bolivienne et sont le passe-temps et la passion d'une grande partie des boliviens ! Costumes loués avec couleurs et paillettes ou costumes réalisés au centre en matériel recyclé (sacs de farine découpés, cousus et peints), un énorme travail a été accompli ! Même les animateurs dansent ! Nous découvrons entre autres la danse du caporal et la danse du waka-waka, cette dernière nécessitant un costume solide de taureau que revêt l'unique homme de la troupe.
Enfin, à 16h, les danses sont terminées et les éducateurs rentrent avec les enfants dans leur centre respectif, certains à pied et d'autres en bus. Nous démontons et rangeons tout, puis buvons un verre ensemble. Nous rentrons à dix à l'arrière du pick up et disons au revoir, demain nous partons pourl e Sud de la Bolivie (même si nous reviendrons dans une dizaine de jours).
Occupations diverses :
En dehors du temps passé dans les centres au bureau, nous avons travaillé sur le projet Ulule de Nidelbarmi en salle informatique et nous avons préparé nos prochains jours de voyage via Facebook avec Elodie et Ornella, deux amies qui vont nous rejoindre pour faire un bout de route ensemble.
Nous avons également revu Maryoly, la petite bolivienne de 6 ans qui va à l'école de l'alliance française. Nous avons rejoué au jeu que nous lui avons donné et avons tenté un petit bac simplifié. Elle nous a également lu, très fière, son cahier de français.
Petite anecdote de notre hébergement à El Alto : il y a tellement d'électricité statique ici que la nuit, lorsqu'on frotte un oreiller, on illumine quasi la chambre ! Impressionnant !




















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