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Rencontre avec le ministre de la Présidence

  • 11 mai 2016
  • 5 min de lecture

Il est 9h, nous attendons comme tous les matins devant les bureaux de Nidelbarmi. Nous reprenons notre travail de traductions, les jeux s'enchaînent et nous prenons toujours autant de plaisir à effectuer notre mission.

A 10h30, David et Lucie nous apprennent que tous les mercredis l'équipe partage un repas typique acheté sur le marché : des pâtes, des patates, des « chunos » (pommes de terre noires déshydratées), de la viande et un beignet frit. Nous sommes surpris, et peinons à terminer notre assiette. Nous découvrirons finalement que les Boliviens mangent énormément et toute la journée, d'où un nombre impressionnant de noms différents de repas selon l'heure et le contexte. Rituel incontournable, avant de quitter la table tout le monde remercie les autres pour ce repas et salue chacun par son nom. David nous indique que la cuisine est à notre disposition si nous souhaitons cuisiner, Alleluia ! Nous allons pouvoir manger des légumes.

Nous poursuivons ensuite notre travail, jusqu'à ce que se soit midi. Contrairement aux autres, nous n'avons pas faim après la collation prise il y a moins de deux heures. Nous faisons donc un tour de marché, et en profitons pour acheter des courgettes et des oignons pour demain. Nous achetons également quelques pelotes de laines supplémentaires, car samedi Charlène animera un atelier mandala en laine avec tous les éducateurs (une trentaine de personnes). L'idée a plu à Lucia qui compte prévoir cette activité pour le cadeau de la fête des mères.

Les marchands que nous croisons sont très sympathiques, ils nous posent des tas de questions. Nous passons un moment très agréable à échanger avec eux. Nous retournons à l'hostal, mais le gérant doit partir. Nous ressortons alors aussitôt, pour être sûr de ne pas rester enfermés s'il ne revient pas à l'heure (ou s'il revient à l'heure bolivienne, ce qui n'est pas mieux), surtout qu'aujourd'hui le centre Nidelbarmi reçoit la visite du ministre de la présidence !

Un petit tour en salle informatique, et nous sommes prêts à 14h devant les bureaux de la fondation. Nous croisons le père Jean Claesen, fondateur de Nidelbarmi, content de nous revoir. Nous montons tous dans le pick up, direction le centre de soutien scolaire Mercurio, où est prévue la visite de Juan Jamon Quintana, le ministre de la présidence, troisième personnage le plus important du pays derrière le président et le vice-président.

Nous lançons des activités avec les enfants pour débuter l'après-midi, puis sortons tous ensemble voir ce qui se passe à l'extérieur dans la cour. Il ne manque que l'électricité : les câbles électriques du bâtiment ont brûlés et fondus en direct à notre arrivée lorsque la sono a été branchée.

Si le ministre vient aujourd'hui, ce n'est pas vraiment pour Nidelbarmi, puisque l'Etat n'a pas connaissance de l'existence et du travail de l'association. Sa présence se justifie par l'inauguration d'une boulangerie qui emploie exclusivement des personnes handicapées, et il se trouve qu'elle se trouve de l'autre côté de la cour. L'ensemble des bâtiments, ceux de la boulangerie et ceux de Nidel, sont mis à disposition par l’Église. En ce moment, les manifestations des personnes handicapées à La Paz continuent, relatant chaque jour dans les informations de nouveaux faits. Le ministre, par cette inauguration, montre au pays qu'il souhaite soutenir des projets, et non accepter l'indemnisation mensuelle de 500 bolivianos demandée par les manifestants.

Les enfants du collège situé juste à côté arrivent, pour donner l'impression qu'il y a du monde pour recevoir le ministre. Les enseignants ne gèrent rien du tout, c'est l'anarchie dans les rangs et les quelques élèves vêtus du gilet « Brigade scolaire » font ce qu'ils peuvent avec leurs maigres moyens.

Les officiels arrivent enfin, à l'heure bolivienne (avec plus d'une heure de retard), et nous faisons alors ressortir les enfants que nous avions fait rentrer. Nous sortons quelques bancs pour les installer devant l'estrade, à côté des barnums aménagés pour la population du quartier. David sort la banderole de la fondation, à la fois pour faire de la publicité à l'association et pour occuper les enfants.

Nous sommes un peu surpris, mais la cérémonie commence par une bénédiction des prêtres et un échange de la paix du Christ entre tous. Le terrain et les bâtiments appartenant à l'Eglise, cela s'explique. Les discours se succèdent, et la responsable de la Boulangerie en profite pour mettre en avant le travail de Nidelbarmi. Le ministre, qui vient de découvrir l'existence de cette association, s'engage alors devant tous à leur fournir le matériel nécessaire à leur fonctionnement.

Lucia et David, ne voulant pas laisser s'échapper une proposition aussi exceptionnelle, se mettent aussitôt au travail et écrivent une liste de matériel à lui remettre avant qu'il reparte. La cérémonie se termine, et ni une ni deux le padre Jean Claesen se précipite pour intercepter le ministre. En plus de vingt ans, c'est la première fois qu'un officiel se rend dans ce district, alors il est hors de question de lâcher le morceau !

Alors que le ministre lui promet de passer après la visite des locaux de la boulangerie, le padre lui répond qu'il connaît les boliviens, et le suit avec sa canne comme son ombre. Nous prenons le temps de relancer quelques jeux, puis le ministre fait son apparition avec son équipe. Nous sommes soudain bien à l'étroit dans la salle de soutien ! Alors que Charlène continue d'aider une jeune fille dans la réalisation de ses devoirs scolaires, Manu s'improvise quand à lui photographe auprès de tous ceux qui lui donnent leur appareil pour être pris à côté de Juan Jamon Quintana. Le padre explique le fonctionnement de l'association, son histoire et ses problématiques. Malgré son âge avancé (bientôt 88 ans), il est exceptionnel dans sa fonction !

Après avoir serré la main du ministre, Manu sort de la salle avec David et tous les deux sont fort surpris lorsque la fanfare redémarre juste dans leurs oreilles ! L'évènement est terminé, tout le monde rentre, et nous retrouvons notre place habituelle à l'arrière du pick up. Deux minutes plus tard, nouvel arrêt : le roue changée il y a quelques jours est de nouveau crevée, nouveau changement !

Nous arrivons à la place Ballivian où nous mangeons un sandwich, puis nous allons discuter avec notre épicier habituel. De retour à l'hostal, nous sommes surpris de constater que le gérant et sa nouvelle compagne (différente de la dernière observée et il nous parlera de ses deux copines mais cela ne nous regarde pas), sont en état d'ébriété fort avancé. En effet, ils ont bien arrosé la perte des clés du logement (oubliées dans la journée dans la serrure) et donc de la porte d'entrée, perte ou peut-être vol selon eux. Ils sont peu tranquilles, et craignent un retour dans la nuit de voleurs, dans ce coin si peu sécurisé où tout est sous clé et où les épiciers passent les articles par une petite fenêtre.

Ils nous proposent une bière, et ne nous lâchent plus. Nous arrivons finalement au bout d'un moment à nous sortir de cette embuscade et nous enfermons dans notre chambre. A 3h du matin, l'idée leur prend de mettre la musique à fond. La nuit promet d'être longue... ou courte !

 
 
 

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