On a marché sur l'eau
- 24 avr. 2016
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Il est 6h48, nos nouveaux compagnons de chambre arrivés hier rentrent de leur nuit animée pour dormir. Nous petit-déjeunons tranquillement, puis partons chercher nos tickets de bus pour demain à la gare routière située à l'autre bout du village. Nous souhaitons nous rendre à Iquique, ville chilienne située sur la côte pacifique, afin de découvrir le Nord du Chili avant de nous rendre en Bolivie.
Nous repassons, comme lors de notre arrivée, devant une école dont les murs ont été magnifiquement peints avec des motifs préhistoriques ou pré-colombiens, tels l'intérieur d'une grotte. Nous avons le choix entre partir à 8h du matin d'ici ou arriver à destination à 4h du matin à Iquique. Ayant eu un aperçu du climat glacial dès que le soleil se couche, le choix est vite fait ! Nous partirons à 8h.
Nous nous baladons un peu dans le centre, puis rentrons écrire des cartes postales. Nous faisons alors croire à un des employés de l'hostal, très sympathique, qui n'a cessé de nous rappeler que nous avions une excursion aujourd'hui, que nous ne voyons pas du tout de quoi il parle. Dire qu'il a marché serait un euphémisme, il a plutôt couru !
Nous apprenons que le nom de l'agence où nous devons nous rendre, est "le Canaan", mais les explications sur son emplacement restent très floues. Il est 12h30, nous partons rejoindre la place centrale, lieu de rendez-vous pour retrouver Monica et Alexia. Nous les retrouvons rapidement, leur excursion s'étant terminée plus tôt que prévu, et trouvons un endroit où manger ensemble. Nous en apprenons plus sur leurs expériences de couch-surfing, les avantages et les inconvénients de cette pratique. Nous avion tenté à Cordoba de trouver un hôte, mais ils étaient déjà occupés et les demandes n'avaient pas abouties.
A 14h25, nous nous quittons pour retourner à l'hostal chercher nos affaires et rejoindre l'agence. Une autre française et une anglaise s'y rendent aussi, ainsi que Carolina, nous suivons donc ensemble un des employés de l'hostal et arrivons à l'agence Le Canaan, rue Caracole, dont les prix sont vraiment intéressants.
Le mini-bus arrive, le ciel est bien couvert. Deux personnes, jugeant ce temps peu propice à l'excursion, ont préféré ne pas venir, même si tout est déjà payé. Nous n'avons pas les mêmes valeurs... Nous partons donc, en direction d'on ne sait trop où, les maillots de bain dans le sac au cas où. Cinquante minutes de trajet sont nécessaires pour arriver à l'entrée du site, du côté ouest du désert d'Atacama. Une petite maison sert de billetterie et propose douches et wc, et tout autour ce n'est qu'immensité désertique. Nous faisons 300 mètres et arrivons devant notre première lagune, trou d'eau dans le sol d'une quinzaine de mètres de diamètre, entourée d'un sol blanc de sel. Plus loin, l'étendue de la plaine ressemble à une sorte de mer figée, dont les vagues sont d'énormes plaques de terre et de sel séchées disposées dans tous les sens.
Notre guide nous apprend que la lagune a une profondeur de 25m. Mais aucune inquiétude à avoir, même pour ceux qui ne sauraient pas nager, il y a tellement de sel dans cette eau (28%) qu'il est impossible de couler ! C'est exactement le même phénomène qu'à la mer morte, mais sur une surface plus petite.
Il fait froid, le vent s'est levé, le ciel est gris, mais nous ne sommes pas venus pour rien. Manu est le premier à se mettre à l'eau ! La sensation est étrange, comme si on avait un brassard à chaque extrémité du corps. Il est plus difficile qu'il n'y paraît de se mettre à la verticale, et tout est question d'équilibre pour ne pas retomber à la verticale et flotter des pieds à la tête.
L'eau est fraîche, mais le centre de la lagune semble un peu moins froid. Charlène se lance à son tour, un peu moins enthousiaste à l'idée de s'immerger dans une eau à une telle température, puis la magie du sel fait son effet : c'est vraiment sensationnel !
Au bout d'une dizaine de minutes, nous sortons, et séchons rapidement sous l'effet du vent. Et là, nous observons avec surprise que nous sommes blancs de sel ! Toute notre peau est recouverte de grains fins. Nous remettons un tee-shirt, le temps de nous rendre à la douche de l'entrée, mais ce n'est pas une bonne idée : les frottements sur le sel donnent l'impression d'un massage au sable !
La douche est également froide, mais c'est trop agréable de se débarrasser du sel. Nous retournons à la lagune, à côté de laquelle démarre un sentier menant à sept lagunes. Nous marchons sur les énormes plaques de terre chargées en sel, épaisses d'une dizaine de centimètres, et découvrons des lagunes plus belles les unes que les autres, certaines d'une eau couleur turquoise, d'autres avec le sel qui depuis le centre se fige ne vont pas tarder à totalement disparaître.
Le décors est superbe, nous ne nous attendions pas à ce que ce soit aussi beau. Nous profitons des lieux, il n'y a comme prévu que notre groupe constitué d'une dizaine de personnes. La plupart sont Chiliens, et tous très agréables. Nous discutons avec une jeune chilienne qui a pris des cours de français à l'alliance française, avec une dame un peu plus âgée qui vit en France depuis 40 ans, ainsi que bien d'autres...
Nous retournons au minibus, il est 18h. Nous nous pressons car nous devons apparemment nous rendre à la « porte du soleil », même si nous ne savons pas où c'est ni ce qu'il y a. Le ciel est voilé par une quantité de nuages, il n'y aura donc pas de coucher de soleil ce soir. Nous sommes en retard de dix minutes, notre chauffeur nous demande donc d'attacher nos ceintures car ça va secouer ! Heureusement, la piste de terre est en ligne droite, même si elle est ponctuée de nombreuses bosses.
Nous arrivons à un point de vue sur la Cordillère de sel, où s'étend un paysage lunaire semblable à celui vu à la Valle de Marte. Notre guide sort glacière et table en plastique et nous invite à le suivre dans un sentier sinueux. Charlène lui propose son aide, et c'est Manu qui se retrouve avec la glacière !
Nous arrivons au point de vue, absolument magnifique, et sortons l'apéritif, une surprise très agréable qui nous fait oublier le froid. Après un verre de Pisco Sour, on aurait presque l'impression d'être retournés en Thaïlande ! Nous en apprenons un peu plus sur les différents volcans qui nous entourent, puis peu à peu le soleil descend si bas qu'il renvoie sa lumière sur les nuages qui remplissent le ciel. Waouh !
Une petite salsa pour Carolina et notre guide, puis nous rentrons. Nous constatons que le mini-bus comprend à l'arrière une sorte de grande tige, longue de plusieurs mètres, qui s'étend vers le ciel lorsqu'elle n'est pas pliée. Notre chauffeur nous apprend que c'est un mini-bus agréé pour rouler dans les mines, et que ce système est obligatoire pour limiter les accidents avec la visibilité réduite.
De retour à San Pedro, nous nous dirigeons vers le musée des météorites, accompagnés de Carolina. C'est notre dernier soir ici, et nous ne voudrions pas passer à côté. Il s'agit d'un petit musée à a forme originale et nous avons la chance de disposer d'un guide audio en français. Trop bien ! Le musée raconte l'origine et l'histoire des météorites en général, et plus exactement de celles trouvées dans le désert d'Atacama. Tout est extrêmement intéressant, et nous pouvons même toucher des fragments de météorites de 30 kg ! On en achète un petit morceau en souvenir, c'est trop la classe.
Nous partons manger avec Carolina, qui se révèle être aussi gourmande que festive, puis rentrons à l'hostal. Nous devons préparer nos sacs pour partir discrètement demain, le dortoir de dix lits étant bien rempli cette nuit. Cette découverte du désert d'Atacama ces quelques jours valait vraiment la peine de venir ici.




















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