On traverse la Cordillère à 100 Km/h
- 21 avr. 2016
- 4 min de lecture

Chargés de nos sacs, nous nous rendons à l'épicerie du village « Le Mojon » (petite pensée pour notre ancien collègue de bureau). Nous y achetons de quoi petit-déjeuner et de quoi grignoter en route, et nous optons pour un régime de bananes. Les filles Monica et Alexia ont terminé leurs derniers pesos hier soir, nous pourrons leur en proposer pour le petit-déjeuner. Par contre, il faudra bien les terminer avant de passer la frontière car le Chili n'admet aucune entrée de nourriture brute.
Nous nous rendons quelques centaines de mètres plus loin à l'hôtel qui nous a vendu nos tickets, c'est ici que nous devons attendre le passage du bus. Il fait froid, nous n'avons pas encore de vêtements chauds (nous attendons la Bolivie où ce sera bon marché), nous petit-déjeunons sur place pour patienter. Il est 8h45, et le bus ne doit passer qu'entre 9h et 10h, si il passe.
Peu à peu d'autres voyageurs arrivent, certains sans tickets espérant qu'il restera des sièges de libre. C'est un coup de poker, ils ne sauront qu'à l'arrivée du bus. Alexia et Monica arrivent, et nous engageons rapidement la conversation, l'interrompant à l'arrivée de la vendeuse des tickets. Elle nous apprend que le bus a bien quitté Salta, mais que c'est toujours en conditionnel et que même si nous montons dedans rien ne nous assure de passer la frontière (problèmes de neige ou de brouillard la veille). Le cas échéant, le bus nous re-déposera où il nous a pris.
Il est 10h10, le bus arrive. Le chauffeur nous apprend que nous avons une ouverture à la frontière entre 12h et 14h, cela devrait passer. Nous nous installons, puis le chauffeur propose à certains voyageurs possédant un billet d'une autre compagnie (sans certitude sur le départ du bus) de monter également. Enfin, heureusement pour eux, ceux qui n'avaient pas de tickets peuvent également occuper les dernières places à bord. 10h30, nous partons.
Nous parcourons les mêmes magnifiques paysages que ceux vus lors de l'excursion aux Salinas Grandes, passons de nouveau le col à 4170m d'altitude, retraversons le désert de sel sur-exploité voué à disparaître un jour, puis nous arrivons sur la Cordillère Orientale. Nous qui nous demandions comment serait la route qui la traverse, nous ne nous attendions pas à cela : une grande ligne droite à 4000m d'altitude où le bus roule à 100 km/h, dont la route est bordée par des montagnes et des volcans aux sommets enneigés.
La diversité des paysages est étonnante, le temps au beau fixe, mais aucun film n'est diffusé et le trajet commence à être un peu long. Nous mangeons peu à peu nos bananes (les filles en avaient finalement aussi de leur côté), puis à 13h50, soit 10 minutes avant la fin de la fenêtre d'ouverture de deux heures du poste de frontière, nous arrivons. Il s'agit de quelques bâtiments entourés par des étendues désertiques à perte de vue. Pour la première fois, nous constatons que les douanes des deux pays travaillent dans le même bâtiment, côte à côte, ce qui n'est vraiment pas courant.
Le temps que nous ayons le feu vert pour descendre du bus, très long, nous permet de finir notre dernière banane. Ouf ! Nous faisons ensuite la queue aux différents guichets, et sommes surpris par l'organisation chaotique des lieux. C'est vraiment très mal pensé, les files d'attente se croisent en tous sens, il faut en changer sans savoir où est la suivante, aller chercher son gros sac dans les soutes pour le guichet trois mais pas avant...
Pour finir, nos sacs sont passés aux détecteurs, certains passagers doivent les ouvrir devant les douaniers, puis nous remontons dans le bus. Nous redescendons peu à peu en altitude, et après encore quelques heures de route San Pedro de Atacama apparaît, gros village dominé par deux volcans, Licancabur (5916m) et Sairecabur (5971m). Tout autour, c'est une région désertique.
Nous arrivons au terminal des bus, situé à 2438m, et partons avec Monica et Alexia à la recherche de l'office du tourisme. Elles pour y rejoindre leur couch-surfeur qui y travaille, nous pour y trouver un plan de San Pedro. Sur la route, nous prenons au passage des cartes de visites d'hébergements.
A l'office du tourisme, une employée nous apprend qu'ici « il n'y a rien à voir, adressez-vous aux agences pour visiter les différents sites ». Intéressant, comme travail... Cela ne fait qu'encourager l'idée qu'on se fait des employés des offices du tourisme du Chili. Peu utiles et peu compétents. Ce n'est pas grave, nous allons nous débrouiller par nous même.
Nous faisons quelques hostals et arrivons finalement à « La casa del sol naciente », qui s'avère être un des moins cher de San Pedro. L'endroit est sympa, les espaces communs agréables, l'ambiance est cool, les lits en dortoirs sont à des pris accessibles. C'est parfait !
Nous partons visiter le village et sommes surpris du nombre infini d'agences, collées les unes contre les autres, qui proposent toutes les mêmes excursions. Ce petit village, de part sa situation géographique et les sites naturels fabuleux qui l'entourent, est devenu un des lieu les plus touristiques du pays. Nous faisons le tour de la feria artisanale, un peu décevante car ce sont les mêmes produits d'un stand à l'autre, ce qui fait douter du qualificatif « artisanal ».
Nous cherchons un matero (sorte de tasse à maté) en bois, comme nous en avons vu dans toute l'Argentine, mais nous apprenons que San Pedro de Atacama a développé la céramique depuis des siècles, ce n'est donc pas ici qu'on en trouvera.
Nous entrons dans une agence pour chercher des informations et des prix, mais comme on nous l'avait dit tout est extrêmement cher, et cela sans les entrées des sites comprises. Avec Monica et Alexia nous avons pensé loué une voiture, elles doivent se renseigner et nous tenir au courant des tarifs.
Nous mangeons et retournons à l'hostal. En attendant un message des filles, nous avons prévu demain d'aller à pieds à la vallée de la Marte, dont les paysages sont apparemment semblables à ceux vus sur Mars. San Pedro de Atacama est un peu trop touristique à notre goût, mais les paysages qui l'entourent méritent d'être admirés. Nous avons donc hâte de les découvrir.




















Commentaires