Un peu d'histoire au milieu des cactus
- 15 avr. 2016
- 4 min de lecture

Ce matin nous quittons la province de Salta pour celle de Jujuy. Après un petit-déjeuner à la confiture de lait, nous quittons les lieux et souhaitons bonne route aux voyageurs rencontrés. Sur la route de la gare routière, nous achetons un pique-nique pour midi à un vendeur ambulant ainsi qu'un journal, « El tribuno ». En plus de pratiquer l'espagnol, cela permet de se tenir au courant de l'actualité. Justement ! Les gros titres indiquent qu'au Nord de la province, à la frontière de la Bolivie, une épidémie de dengue fait de plus en plus de victimes. Charlène a déjà donné pour la dengue, une fois ça suffit !
Nous prenons la route à 10h30, faisons de nombreux arrêts dans de petits villages, et c'est à 14h que nous arrivons enfin à Tilcara, petit village pittoresque situé en pleine zone aride. Poussière, cactus, le fleuve « rio grande » n'est qu'un mince filet d'eau. Le village est très sympa, les maisons sont semblables à celles observées à San Antonio de los Cobres.
Nous trouvons un hostal juste à côté du terminal des bus, dont les espaces communs sont nombreux et très chaleureux. Une bonne ambiance se dégage de l'endroit. Nos affaires posées, nous nous rendons à l'office du tourisme, qui nous remet un plan du village en 2D (surprenant quand on voit la taille du bourg) qui indique les marchés, musées, et ruines découvertes après des fouilles archéologiques.
Nous sommes venus pour visiter les ruines, mais il fait encore chaud, nous préférons commencer par le musée archéologique. L'entrée du musée donne également accès aux ruines. Nous découvrons ainsi les différentes cultures du Nord-Ouest de l'Argentine, les particularités de la région plus locale du « quebrada de humahuaca », l'histoire des premiers hommes jusqu'à la conquête des espagnols. De nombreux objets retrouvés lors de fouilles sont exposés.
La visite terminée, nous nous installons quelques minutes au parc de la place centrale, jaugeant la température, puis prenons finalement la direction des ruines, à seulement 1 kilomètre de là. Nous passons par un côté moins entretenu du village, plus sommaire. Un pont de fer à traverser, une rue à emprunter et nous arrivons à l'entrée des ruines « Pucara de Tilcara ». Les pucaras étaient un des peuples pré-hispaniques de la région.
Le site est composé d'une petite colline sur laquelle ont été retrouvés des vestiges de différentes époques, certains datant même des Incas. Nous traversons donc des maisons en pierre, aux murs restaurés, d'anciens peuples ayant vécu dans la région, des corrals,des bâtiments religieux... Au sommet, une pyramide a été construite en hommage aux premiers archéologues. Gros bémol, ils l'ont fait sur l'emplacement d'une ancienne place où étaient des maisons d'artisans et ont dû les détruire pour cela. Tout simplement honteux !
Sur toute la colline, entre les maisons, poussent des cactus. Des cactus en cierges, mesurant plusieurs mètres de haut, mais aussi des cactus en raquettes, en petits bouquets près du sol. Des cactus morts trônent eux-aussi, perdant leur sorte de peau comme un serpent qui muerait. Leurs troncs apparaissent, de bois clair, parcheminés de centaines de petits trous. Nous pouvons observer ces mêmes troncs utilisés dans les charpentes des maisons.
Manu fait découvrir à Charlène les figues de barbarie, petits fruits rouges du cactus. La bonne idée ! La voilà en train de s'arrêter tous les vingt mètres pour en décortiquer une. Mais le massacre prend vite fin lorsque, les doigts pleins d'épines minuscules, ne permettent plus de tenir quoi que ce soit ! Et... petit conseil... ne pas essayer d'enlever les épines avec ses dents, car des épines sur la langue, ça fait encore plus mal !
Nous redescendons la colline et visitons le jardin botanique situé à l'entrée du site. Il y a des cactus en tous genres, et même des agaves. A 18h, le site fermant, nous rentrons tranquillement à l'hostal. Nous apprenons en discutant avec des argentins qu'il existe depuis ici un bus direct pour Iruya, petit village perdu dans les montagnes au Nord de la province de Salta où nous souhaitons nous rendre. C'est super, cela nous évitera un arrêt supplémentaire à une ville étape. Nous achetons donc deux billets pour l'unique départ quotidien, à 8h.
Quelques courses à la supérette, puis nous rentrons cuisiner pour notre dîner. Deux Argentins jouent de la guitare, nous avons au-dessus de nous têtes des étoiles avec les constellations de l'hémisphère sud. Nous allons ensuite retirer de l'argent, ou plutôt essayons. En effet nous sommes samedi et, comme partout en Argentine, les distributeurs sont vides en fin de semaine. Nous apprenons qu'il y en a un à Iruya, nous verrons là-bas, et à défaut nous nous serrerons la ceinture ou nous rentrerons plus tôt !
Une bonne douche et au dodo. Enfin presque ! Car une musique boum-boum provient soudain du bâtiment situé à 20 mètres de notre fenêtre, ce qui en fait trembler les murs. Nous apprendrons demain que cela ne se passe qu'un samedi par mois, et bien c'est apparemment pour nous ! Demain, notre bus décolle à 8h, le réveil va être difficile !




















Commentaires