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Une excursion haute en altitude et riche en sel

  • 13 avr. 2016
  • 5 min de lecture

Nous nous levons impatients de découvrir ce que cette journée nous réserve. Excursion à 4000 mètres en suivant les rails du train des nuages, désert de sel, village pittoresque des montagnes, de quoi en prendre une fois de plus plein les yeux !

Nous prenons des forces avec un petit-déjeuner à base de confiture de lait, puis patientons dans le hall. Quelqu'un doit venir nous chercher entre 7h et 7h30. Nous découvrons des sachets de maté tout prêt, du même format que le thé, mais nous demandons si c'est une bonne chose. Le groupe d'Argentines rencontrées hier nous ont expliqué qu'en Argentine le maté est une entité, un symbole national, qui véhicule beaucoup de valeurs telles l'échange, le partage, l'amitié. Un maté que l'on peut faire à volonté avec de l'eau chaude représente donc autre chose qu'un simple sachet individuel.

Il est 7h20, Maria vient nous chercher. Elle est notre guide de la journée, et l'assistante de notre chauffeur Antonio. Cette fois nous ne sommes pas les derniers récupérés et pouvons nous installer près d'une vitre ! Nous faisons le tour des hôtels, pour récupérer tout le monde (il y a 19 places dans le bus). Et nous faisons alors la connaissance de Fernando, un espagnol des îles Canaries qui tient un restaurant. Vraiment très sympathique, une bonne rencontre de plus.

Nous faisons un arrêt à une supérette pour acheter des feuilles de coca pour la route en altitude, puis nous quittons la ville. Nous apercevons alors la première locomotive de la ligne du train dans les nuages, exposée dans un petit village le long des rails. Maria nous apprend que le nom de « train des nuages » ne vient pas du fait qu'il monte à 4000m mais plutôt du fait que c'est un train à vapeur, et cette vapeur revenant sur les wagons donnait l'impression d'être dans les nuages. Elle alterne anglais et espagnol pour toutes ses explications, avec les mêmes phrases, c'est donc plus simple pour nous de tout comprendre.

Nous nous engageons sur la route 51, piste sablonneuse extrêmement poussiéreuse qui longe la voie ferrée, et passons sous un des viaducs qui dessert le train. La ligne ne fonctionne plus actuellement à cause d'un manque d'entretien ces dernières années, mais certains ont l'espoir de la voir repartir un jour. Nous croisons beaucoup de camions chargés de lithium, un minéral très présent dans ces montagnes, dont certains noms marqués sur le pare-choc avant nous font rire : « le terrible », « le dangereux ». En effet, lorsqu'ils arrivent, nous nous sortons !

Nous continuons de monter, appréciant les montagnes aux différentes couleurs (dû à l'oxydation des minéraux). Nous ne voyons pas le vide tellement les montagnes s'enchaînent. Peu à peu nous arrivons dans la Cordillère orientale, et nous approchons ainsi de la frontière avec le Chili. A partir d'une certaine altitude, les cactus disparaissent, et seuls de petits buissons survivent au climat. Ces derniers permettent notamment de nourrir les animaux locaux : vicunas, lamas, guanacos, nandus.

Nous faisons un arrêt à Santa Rosil de Tastil, un minuscule village à 3000m d'altitude. Nous y découvrons des maisons plus pauvres, parfois composées d'une seule pièce, avec des murs en briques et des toits en tôles ondulées. Nous poursuivons notre ascension, et avons droit à des précisions sur l'intérêt des feuilles de coca et leur utilisation : pour éviter le mal d'altitude, il suffit d'en plier quelques feuilles ensemble et de les garder entre sa joue et sa mâchoire, sans les mâcher. Et bien... ce n'est pas mauvais !

C'est alors que nous atteignons un point culminant à 4080m, notre premier 4000 mètres à nous ! Même si nous savons que ce ne sera pas le dernier. Nous entamons ensuite une descente en direction de San Antonio de los Cobres, dont nous apercevons le village très simple au-dessus duquel a été écrit « Bienvenidos a San Antonio des los Cobres », sur une colline avec des pierres blanches. Tout autour n'est que désert, nos sommes à 3700m.

Petit bémol de la journée, nous sommes amenés dans un restaurant dit bon marché par notre guide alors que nous n'avons jamais mis ce prix dans un repas ! Surtout qu'il n'y a rien d'extraordinaire. Mais il n'y a pas d'autres choix, et ceux qui protestent un peu se font vite enrayer. Pour ne pas y penser, nous restons sur le fait que nous mangeons du lama. Et ça c'est top !

A 14h nous prenons la route 40, qui traverse l'Argentine du Nord au Sud en longeant au plus prêt la Cordillère, cela au milieu d'un paysage complètement désertique à perte de vue. Comme beaucoup de routes du pays, il s'agit plus d'une piste sableuse et caillouteuse que des routes qu'on connaît chez nous, ce qui lui donne encore plus de charme même si cela ne dure pas pour tout le monde : Maria nous avait prévenu, c'est le passage le moins agréable de la journée. Nous fermons les fenêtres pour contenir la poussière, les sièges tremblent dans tous les sens, comme les vitres et c'est même toute la structure du véhicule qui est mise à l'épreuve. Avec ce genre de routes, l'espérance de vie des véhicules doit diminuer de moitié !

Les paysages sont très beaux, au loin nous commençons à apercevoir une grande tâche blanche, probablement le désert de sel. Nous quittons la route 40 pour la route 38, toute aussi confortable, et observons toutes sortes d'animaux vivant en liberté dans ce désert caillouteux : lamas, vicunas, ânes, nandus...

Nous arrivons enfin à la route 52, goudronnée, principal axe rejoignant la frontière du Chili. Quelques kilomètres supplémentaires, et nous y sommes : les Salinas Grandes, immenses étendues blanches que la lumière du soleil et le ciel d'un bleu embellissent encore plus. Ce genre de paysage est vraiment rare, nous sommes sous le charme.

Nous découvrons alors peu à peu l'envers du décors : des tractopelles œuvrant dans une zone surexploitée qui aura probablement disparue dans dix ans. Quel dommage... Nous pouvons d'ailleurs remarquer les grandes étendues marron qui devaient être elles aussi recouvertes de sel à l'origine.

Des tables et chaises ont été construites en sel, sont-elles réservées en saison haute à un restaurant dont la note est salée ? Plus loin, l'étendue blanche de sel s'offre à nous, magnifique avec les formes créées par la dessiccation. Les touristes s'en vont peu à peu, nous ne sommes plus que tous les deux, le ciel bleu est magnifique.

Nous repartons, et faisons un nouvel arrêt à un col, à 4 170m d'altitude cette fois-ci. Nouveau record ! Nous repartons, observons les canyons omniprésents dans ces paysages, descendons toujours plus et nous arrêtons cette fois-ci à Purmamarca, petit village pittoresque de la région. Une petite place principale autour de laquelle les marchands d'objets artisanaux se sont installés, des montagnes de différentes couleurs qui surplombent l'ensemble, c'est un endroit charmant.

Il est 17h30, nous devons reprendre la route, 2h30 de trajet nous sépare de Salta. La nuit tombe peu à peu, nous arrivons enfin à destination. Mais ce n'est pas fini, car nous devons redéposer les uns et les autres à leur hôtel, et comme toutes les rues de Salta sont en sens unique, cela signifie de nombreux tours de quartier !

Nous mangeons à la même petite adresse qu'hier et rejoignons la chambre, notre linge est presque sec. Tant mieux, car demain nous devons changer de chambre. Nous avons eu une fois de plus beaucoup de chance d'avoir un tel soleil pour toute l'excursion, certains diraient que c'est le karma.

 
 
 

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