Après une traversée quasi désertique, un retour au vert !
- 12 avr. 2016
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Nous ouvrons tout doucement les yeux, la nuit n'a pas été très bonne car ce ne sont pas les sièges les plus confortables qu'on ait eu. Nous essayons de repérer les noms des villages que nous traversons pour nous situer, cela nous permet de réaliser qu'on est encore bien loin de Salta.
Nous nous occupons tant bien que mal, les écrans de télévision ne fonctionnant pas. Les paysages sont maintenant beaucoup plus verts, et une heure avant d'arriver nous traversons une grande forêt à perte de vue. Puis apparaît enfin une pancarte « Bienvenidos a Salta ». Nous ne voyons d'abord que quelques maisons, puis au détour d'une colline apparaît la ville de Salta qui est la plus grande de la région mais reste dans un environnement vert et préservé.
Nous arrivons au terminus, et nous renseignons sur ce qu'il y a à voir en ville et dans les environs. Gonzalo nous avait conseillé quelques lieux incontournables, il s'avère que ce sont les mêmes qui sont mis en avant. Des réponses une fois de plus très efficaces, l'hôtesse nous note même sur notre plan les numéros de guichets des compagnies de bus pour chaque destination. Nous n'arrêtons pas de le dire, mais les employés des offices de tourisme en Argentine sont vraiment incroyables.
Nous sommes intéressés par le train des nuages, qui emmène ses passagers de Salta (1190m) à San Antonio des los Cobres, à la frontière du Chili, en passant par un point culminant à 4000m, pour redescendre ensuite et revenir à destination dans le même journée. Malheureusement, le train n'est actuellement pas en service. Malgré les tarifs exagérés pratiqués, aucun entretien n'a été réalisé sur les rails ou le train depuis des années, et un accident l'an dernier a mis en avant ces problèmes qui ne peuvent plus être ignorés. Nul ne sait si le train repartira un jour, mais depuis il existe des agences qui proposent de suivre le même itinéraire en minibus. Nous y réfléchirons.
Nous nous rendons à l'hostal que nous avons réservé, son adresse étant pointée sur notre plan, et pour cela nous longeons l'avenue San Martin qui est bordée par un parc. Cette approche de la ville sous les arbres est vraiment sympa, cela donne une ambiance différente. On aime beaucoup !
Nous passons devant un monument où la France a été créée en fer forgé, à côté de la province de Salta. Dessous est écrit en espagnol « Liberté, égalité, fraternité ». Quel lien existe-t-il donc entre cette province et notre pays ?
Nous arrivons à l'hostal, posons nos sacs et repérons un prospectus sur le comptoir qui propose différentes excursions dans la province. L'une d'elles nous intéresse : la route de Cafayate (recommandée par Gonzalo à Cordoba) associée à la visite d'une grande cave ainsi qu'une dégustation de vins locaux, le tout sur une journée. La formule nous parle particulièrement, depuis le temps que nous cherchons une cave à visiter, ou une route du vin. Nous réservons pour demain, départ 7h.
Nous nous rendons ensuite au téléphérique de la ville et l'empruntons pour nous rendre au sommet de la colline San Bernardo. Des miradors, des cascades, un mini-amphithéâtre, un marché d'artisans, tout a été bien pensé, c'est très agréable. Nous resituons les différents monuments de la ville : cathédrale, églises, couvents, écoles, place principale... La rue San Martin, avec le parc qui la borde, est facilement reconnaissable.
Nous préférons faire la descente à pieds, par de longs escaliers creusés dans la colline qui rejoignent la ville. Tout le long est visible un chemin de croix, certainement suivi pendant la semaine sainte car au sommet de la colline un autel surplombe Salta. Nous croisons beaucoup de sportifs qui montent les marches en courant, mais aussi des écoliers en blouse qui montent tant bien que mal, une planche de dessin dépassant du sac. Serait-ce une séance profil de paysage au sommet ?
Nous arrivons au pied de la colline où trône la statue du cavalier Guermes,dont nous pouvons trouver le nom de partout (rues, salles, chapelles...). Militaire du début du XIX ème siècle, il a défendu l'Argentine des avancées espagnoles. Dans ce quartier les maisons sont plus imposantes, plus classes. Nous poursuivons notre route, et croisons une nouvelle fois une personne dont une malformation des pieds la contraint à marcher avec beaucoup de difficultés. Il doit y avoir de nombreux centres de soins dans le pays.
Nous nous renseignons sur les bus qui mènent à San Antonio de los Cobres en suivant les rails du train des nuages, mais il n'y a que les agences qui proposent l'aller-retour dans la journée. Nous nous rendons donc dans la rue Buenos Aires, rue des agences, et franchissons la porte de deux d'entre elles.
Nous apprenons que les excursions uniquement pour San Antonio de los Cobres n'existent pas, l'itinéraire se poursuit le reste de la journée au désert de sel de Salinas Grandes puis au village de Purmamarca. Cela nous va très bien, nous réservons pour dans deux jours.
Nous visitons ensuite le Musée archéologique de haute montagne où sont exposés des vestiges de la culture Inca retrouvés à 6 100 m d'altitude sur le volcan Llullaillaco, le troisième plus haut volcan actif du monde (6 739 m).
Des corps d'enfants ont également été retrouvés en 1999, momifiés par les températures extrêmes de cette altitude, en parfait état de conservation. Nous apprenons qu'il s'agissait de rituels de sacrifices humains pour que les enfants les plus parfaits physiquement servent d'intermédiaires et parlent auprès des dieux. Ils étaient donc, à la suite d'une cérémonie, endormis avec de l'alcool puis enterrés vivants, entourés d'objets quotidiens pour leur vie après la mort. Les momies d'enfants de 6 à 15 ans sont exposées dans le musée.
Nous souhaitons ensuite nous rendre au marché artisanal, même s'il se situe à l'autre bout de la ville. Nous marchons une heure, traversant des quartiers d'artisans plus modestes, puis arrivons à un grand bâtiment avec une cour centrale. Il s'agit du même système que les magasins de producteurs chez nous, les différents artisans se relaient pour assurer la permanence et assurent ainsi la vente des produits des uns et des autres. Les créations sont plus originales, et ne ressemblent pas à celles que l'on voit sur tous les stands du pays, le trajet valait donc la peine.
Nous prenons le chemin du retour, et traversons de nouveau la rue des garages avec les officiels (Renault) et les non officiels (Renocar). Nous cherchons un petit restaurant de rue pour manger dans une assiette, peu importe ce qui est proposé. Nous n'en pouvons plus des sandwichs ! Nous trouvons une petite boutique, qui propose des milanaises, ouf. Enfin... jusqu'à ce qu'on voit qu'il nous servent les deux plus gros sandwichs jamais mangés, avec viande, œuf, fromage et légumes l'intérieur ! Tant pis...
Nous rentrons, une grosse journée d'excursion nous attend demain. Nous espérons que le soleil sera au rendez-vous !




















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