De livre en livre, une journée créative
- 10 avr. 2016
- 5 min de lecture

La pluie est une fois de plus là à notre réveil, mais de toutes façons nous avons prévu de quoi nous occuper à l'intérieur la journée. Nous complétons le petit-déjeuner pas top avec un yaourt aux céréales acheté la veille, puis nous nous installons dans la pièce commune et écrivons, bien sûr tout en discutant à droite et à gauche.
A 10h30, Aïn vient nous annoncer que tout est prêt, nous pouvons commencer l'atelier fabrication de carnet d'écriture. Yohann, qui passe par là, est intéressé. Il est animateur, et il pourra proposer cette activité dans le cadre de son travail. Gonzalo nous rejoint aussi, même si ce n'est pas le premier carnet qu'il réalise, et cuisine en parallèle une tarte aux légumes qu'il proposera en vente aux clients de l'hostal car le dimanche, ce n'est pas évident de trouver où manger dans le quartier.
Nous donnons à Aïn de quoi payer le matériel et commençons chacun, étape par étape, notre premier carnet d'écriture :
faire 8 tas de 5 feuilles blanches, les plier en deux comme un livret et mettre les tas les uns sur les autres de façon à former l'intérieur du livre (possibilité de mettre des mandalas ou autre à la place de certaines feuilles blanches)
serrer le paquet avec des pinces
faire des marques du côté du pliage, à 4 cm et 7 cm du bord, et cela des deux côtés
couper légèrement au niveau des marques, sur 1 à 2 mm, pour créer un petit trou et permettre au fil de passer
faire passer un fil de laine d'environ 1 mètre dans une aiguille, faire un nœud au bout du fil, et renouveler l'opération avec une seconde aiguille
coudre avec la laine, selon une technique bien spéciale, pour créer un ensemble de page bien unies
ajouter de la colle vinylique sur toute la longueur où le papier a été cousue, en deux bonnes couches
découper un tissu plus large que la taille du carnet et disposer dessus un carton de 15,5 cm par 22,5 cm pour la couverture, un carton pour la tranche de 2 cm par 15,5 cm (environ), et un carton de 15,5 cm par 22 ,5 cm pour le dos du livre, espacés de deux millimètres
avec de la colle, rabattre les morceaux de tissus dépassant sur le carton pour créer la couverture extérieur du livre
sur la tranche des feuilles (côté plié) il est possible de coller des bandes de tissu qui serviront de marque-page
coller une page cartonnée à l'intérieur du livre, à cheval sur la couverture et sur la première page de l'intérieur, afin de masquer le carton, et reproduire la même chose pour la dernière page
refermer le livre, mettre du poids dessus et laisser sécher une demi-journée avec un morceau de plastique à l'intérieur pour que la colle ne déborde pas sur l'autre page.
Ensuite, il n'y a plus qu'à customiser son livre et surtout les deux pages cartonnées qui forment l'intérieur des couvertures !
Finalement, nous n'avons besoin que de papier, de carton, de laine, de ciseaux, de colle et de tissu. Et une grosse partie est du matériel de récupération. L'activité nous occupe plus de trois heures, nous prenons notre temps et nous appliquons au maximum !
Nous faisons ensuite honneur à la tarte de Gonzalo et terminons les restes de notre festin d'hier. Nous changeons une énième fois de chambre, et mettons nos livres à sécher. Nous les customiserons demain !
Malgré la pluie nous allons faire un tour en ville, et souhaitons aller voir au cinéma si un film pourrait nous intéresser. Aïn nous propose un ticket "1 place achetée 1 place offerte" pour le cinéma Hoyts, au centre commercial Patio Olmes. Nous nous y rendons, et si le film Divergente n'est plus à l'affiche il y a néanmoins Le livre de la Jungle. Et en plus, à 20h30 il y a une séance en 3D, en anglais et sous-titré espagnol. Buenissimo !
Nous devons patienter longtemps pour acheter nos tickets, car les bornes par cartes ne sont pas utilisées en Argentine : tout est payé en liquide. Et une file d'attente monstrueuse traverse une partie du centre commerciale. Même dans les supermarchés, cela est tellement compliqué (grand formulaire à remplir) que lorsque quelqu'un paye par carte les autres changent de caisse ! Le problème, c'est que devant les distributeurs automatiques des files d'attente se créent systématiquement, et encore plus embêtant, le week-end il ne faut pas compter pouvoir retirer. Les caisses sont vides !
Nous passons dans une librairie, et achetons Le Principito (Le petit prince) de Saint Exupéry en espagnol. Il est très fameux ici comme au Chili car son auteur a travaillé ici pendant plusieurs années.
Devant une boutique, un vendeur propose soudain un petit carton blanc à Manu qui le prend par automatisme et poursuit sa route. Alors que ce dernier l'arrête et lui propose un parfum (nous sommes devant une boutique de parfums), Manu tend son bras, et l'homme sourit en lui aspergeant son poignet. Et oui, il s'agissait d'un support pour parfum qu'il avait entre les mains et avec lequel il allait partir (pour en faire quoi, d'ailleurs ?). Pour le coup, Charlène en est morte de rire !
Nous tentons de retirer, mais nous sommes dimanche et les distributeurs sont vides. Nous partons alors visiter le centre-ville, qui comprend entre autres la place San Martin, une cathédrale, des monuments jésuites. Le ciel est gris, il pleut, un cornet de glace est de mise !
Il y a peu de monde dans les rues, les magasins sont fermés. C'est assez drôle, car dans toutes les grilles des boutiques sont découpées des mini-portes (de la taille d'un hobbit), et pas une devanture n'échappe à la règle !
Nous rentrons à l'hostal, le temps de cuisiner ce qui nous reste dans le frigo, puis nous nous rendons au cinéma pour 20h15. Alors que nous attendons dans la file l'ouverture de notre salle, nous sommes surpris de voir tous ceux qui ont acheté un plein seau de pop-corn ! Et nous n'exagérons pas. Parfois, c'est même pour un enfant seulement ! Nous aurions l'air bien ridicules en France, avec la taille des pots qui sont vendus.
Nous entrons, et nous rendons aux places L1 et L2. Et oui, ici les places de cinéma sont numérotées. Nous comprenons quasiment tout grâce au mélange bande-son en anglais et sous-titres en espagnol. Le film est très sympa, fidèle à l'histoire originale. Lorsqu'il se termine, les gens partent rapidement et nous sommes les deux seuls à rester pour le générique, au cas où il y aurait une scène surprise finale comme cela se fait parfois. Les employés ne doivent pas avoir l'habitude de voir des personnes rester car au milieu du générique la lumière s'allume, puis se réteint aussitôt lorsqu'ils nous voient.
Nous avons un peu du mal à trouver la sortie du centre commercial, car l'étage inférieur est fermé, les escaliers également et c'est devenu un vrai labyrinthe. Nous rentrons tranquillement, un air de Disney dans la tête...




















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