22 heures de bus, un trajet qui passe vite
- 6 avr. 2016
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Nous descendons prendre notre petit-déjeuner avec la française qui habite à Montréal, puis remontons libérer la chambre pour 11h. Lorsque nous partons, nous avons droit à une bise et une accolade de l'Argentine avec qui nous avions sympathisé puis de la jeune femme gérante. Et oui, c'est très courant ici !
Nous marchons en direction de la gare routière et sommes rejoints par la famille d'hollandais qui vont eux aussi prendre un bus. Chacun porte son sac à dos, le plus jeune garçon ayant un beau sac de 40L couvert d'écussons cousus représentant les drapeaux des pays traversés. Eux partent aujourd'hui pour le Chili.
Nous donnons nos sacs à l'homme qui les charge dans la soute et lui donnons un pour-boire, comme cela se fait toujours ici, puis embarquons. Nous avons une heure de bus avant d'arriver à Bariloche où nous prendrons une correspondance. Il y a de très beaux paysages, dommages que le temps gris et pluvieux ne permette pas de les faire ressortir.
Nous traversons le parc national Nahuel Huapi, ses forêts et cours d'eau asséchés. Sur notre droite, c'est toujours le même immense lac que nous longeons, entouré de montagnes d'arbres. Puis peu à peu les forêts laissent place à de grandes étendues quasi désertiques, où seuls quelques rochers et quelques buissons ont trouvé refuge. Il y a peu d'habitations, enfin... jusqu'à ce qu'on arrive à Bariloche, de l'autre côté du lac !
Il est 12h45, nous arrivons au terminal de bus. Notre prochain « collectivo » est à 14h30, nous restons donc sur place pour manger un sandwich. Ça y est, notre bus est là. Nous prenons place à l'étage et sommes prêts à affronter les 22h de trajet qui nous attendent pour parcourir près de 1500 km et rejoindre le centre du pays. Les sièges sont confortables, bien que nous n'ayons pas pris les sièges de nuit (plus chers).
Arrive alors Jonathan, jeune assistant du chauffeur, sorte de steward pour bus (avec presque le même costume). Il nous explique le déroulement du trajet, les collations (verre de bienvenue, repas de midi, repas du soir et petit-déjeuner) et les règles à respecter. Par exemple, les toilettes ne fonctionnant pas bien ils ne doivent servir qu'aux petites commissions. En espagnol, c'était assez drôle : « Para el liquid, no para el solid. Para el pipi, no para el popo ».
Malgré le film diffusé sur l'écran, nous sommes captivés par les paysages qui défilent devant nos yeux. Des heures et des heures de route, mais pas plus de cinquante maisons aperçues, certaines au pied d'une montagne. Nous suivons le fleuve au bord duquel ont poussé de beaux et grands peupliers verts alors que tout le reste du décors est désertique.
Dans les montagnes arides vivent en quasi-liberté moutons, vaches et chevaux, dans des étendues à perte de vue. Des pics rocheux donnent des airs de far-west, quelques cactus apparaissent pour compléter le décors. C'est beau à couper le souffle...
Nous sympathisons avec Jonathan, qui connaît quelques mots en français, enfin plutôt deux : « soupe à l'oignon », et « omelette au fromage ». Et oui, en situation de crise, ça peut servir ! Il adore cuisiner et nous montre des photos des plats qu'il a réalisés. C'est un vrai bout-en-train, et il amuse la galerie une bonne partie de la nuit.
Il souhaite soudain nous parler d'une chanteuse française mais ne se souvient plus de son nom. Charlène s'écrie alors « oh non, pas Alizée ! ». Et bien... si, il voulait parler d'Alizée. Qu'est-ce que les Chiliens et les Argentins ont comme référence musicale française !
Le dîner est servi, et c'est aussi classe que dans les avions sauf qu'en plus cela vient juste d'être cuisiné (nous l'avons récupéré au dernier arrêt il y a dix minutes) et est encore bien chaud ! Jonathan nous distribue des plateaux comme dans un self-service sauf qu'ils ont la forme des jambes pour bien tenir et ne pas glisser. Trop la classe.
Alors que nous observons les grandes surfaces arides apparaît soudain un panneau « attention aux dinosaures ». Puis une statue de dinosaure grandeur nature, un peu plus loin, apparaît. Nous devons être proches d'un site archéologique.
Est ensuite diffusé un film, Les Minions. Nous le recommandons à tout le monde ! En espagnol, ça ajoute en plus un côté sympa. Nous profitons d'un magnifique coucher de soleil sur les plaines désertiques bordées de collines.
Plus tard dans la nuit nous traversons la pampa sèche, pendant que le film Ant-man est diffusé. D'après Jonathan il y a deux séquences bonus après le générique, mais notre assistant préféré s'est endormi et c'est un autre homme (le deuxième chauffeur?) qui vient éteindre la diffusion. Dommage !
Nous fermons les rideaux pour une question de sécurité, même si nous n'avons pas vraiment compris pourquoi. Puis nous couchons les sièges au maximum et nous mettons en mode sommeil. Une petite nuit nous attend...




















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