Au pays de Bambi
- 2 avr. 2016
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Nous nous levons en même temps que nos compagnons de dortoir, les deux jeunes américains, et prenons notre petit-déjeuner ensemble. C'est l'occasion de nous remettre à l'anglais après ces deux semaines passées sur le continent sud-américain.
Nous sortons ensuite en direction de la ville, habillés comme toujours en short mais ce matin il fait plus frais que d'habitude : les vitres des voitures sont pleines de givre ! Le soleil est caché par les collines, nous avançons d'un bon rythme pour ne pas sentir le froid. Nous passons au supermarché acheter de quoi faire un pique-nique pour midi. Il y a apparemment des possibilités d'acheter sur place mais le prix ne sera pas le même !
Nous empruntons ensuite les trois kilomètres de route qui rejoignent l'entrée du parc national « Los Arrayanes », situé sur une île au milieu du lac Nahuel Huapi qui est accessible par une péninsule. Les routes principales sont goudronnées mais ce n'est pas le cas des voies secondaires, qui sont encore en graviers. Les maisons sont en pierre et en bois, il y a vraiment de magnifiques bâtisses au milieu de grands parcs verts, le tout est très calme.
Nous passons devant un hôpital très récent construit à la sortie de la ville, puis devant de nombreux ouvrages (places, statues) financées par le Rotary Club. Au bord d'un étang paissent tranquillement des chevaux, attendant probablement des clients pour une balade. Sur la route nous visitons une petite chapelle, elle aussi de pierres et de bois, dans laquelle est exposé un tableau vieux de 200 ans provenant de l'école des Arts de Cuzco, au Pérou. L'intérieur de l'édifice est à la fois simple et remarquable.
Nous arrivons enfin au bord du lac (qui fait 37 km de longueur et 10 km de largeur), mais nous ne voyons qu'une petite partie de sa surface tellement il est biscornu et recouvert par quelques grandes îles. Nous allons sur la petite plage du port ou quelques touristes attendent le départ du bateau pour rejoindre le bosquet des arrayanes, à l'autre bout de l'île. Nous, nous avons décidé d'y aller et d'en revenir à pieds.
Nous parcourons quelques centaines de mètres et trouvons l'entrée qui permet l'accès à l'île. C'est là que nous pouvons admirer notre premier arrayanes, sous lequel un panneau explicatif indique ses caractéristiques : arbre de couleur cannelle, brun orangé, à l'écorce lisse parfois blanche qui se détache par endroits.
Nous entrons au bureau de l'accueil, et là c'est la surprise. La jeune employée nous explique qu'il est 11h07 et qu'à partir de 11h les départs ne sont plus autorisés pour ceux qui souhaitent faire l'aller-retour à pieds. Il y a 12 km aller, 1 km de circuit dans le bosquet et 12 km retour, sans parler des détours pour rejoindre la lagune centrale ou encore les miradors, le tout à effectuer avant que la nuit ne tombe. Nous n'avions pas vu qu'il y avait tant de marche mais nous tenons tout de même à le faire aujourd'hui, nous savons que nous en avons le temps.
Après réflexion, elle nous laisse rentrer en insistant sur le fait que nous devons marcher vite jusqu'au bout et ne nous arrêter aux miradors qu'au retour. Si vraiment nous arrivons trop tard à l'aller, des bateaux permettent d'effectuer le retour mais nous aimerions mieux éviter étant donné le prix...
Le premier kilomètre est une grande montée pour accéder aux hauteurs de la colline, d'où nous avons une vue magnifique sur les eaux couleur bleu voire vert le long de l'île. Un panneau indique alors la direction des miradors, dans le sens opposé au chemin qui traverse l'île. Il fait un temps magnifique, Manu décide alors d'y aller et d'y revenir en courant pendant que Charlène conserve une allure normale sur le sentier principal. Comme cela, on ne déroge qu'à moitié à la règle...
Il se trouve qu'il y a deux miradors accessibles : le premier donne une vue sur le port de la ville et ses quelques bateaux amarrés dans une eau vert turquoise, mais quelques arbres masquent un peu la vue, quant au deuxième il offre un paysage à tomber à la renverse ! Au premier plan une eau qui va du bleu sombre au vert et sans une vague, des îles au second plan, encore plus loin des montagnes au sommets enneigés. Waouh !
Manu repart alors en courant, et rejoint Charlène qui est déjà au kilomètre 3,5. Et oui, tous les 500m un petit panneau en bois indique la distance parcourue. Pratique ! Nous poursuivons la balade, tout est si calme et silencieux, la faune et la flore nous surprennent par tant de diversité. Le long du chemin des arbres ont été grossièrement taillés en forme de bancs naturels, tout a été bien pensé.
Puis peu à peu apparaissent les premiers arrayanes, très beaux, qui poussent dans tous les sens et de façon très originale, un peu comme des champignons. Nous arrivons enfin au bout des 12 kilomètres, nous avons finalement mis 2h15 au lieu des 3 heures indiquées.
Nous partons à la découverte du bosquet d'arrayanes, unique au monde. Il a notamment été une source d'inspiration pour le créateur du dessin animé Bambi, avec ses arbres dont les branches ressemblent à de longs doigts griffus qui essayent de vous attraper. Les vieux arbres sont devenus blancs alors que les plus jeunes sont couleur cannelle. Une passerelle en bois qui se fond dans le décor traverse le bois en un circuit très bien aménagé de 800m, probablement dans le but de contenir les visiteurs à un endroit précis et ainsi de protéger le site.
Nous prenons notre pique-nique, très vite rejoints par une dizaine de guêpes affamées, puis nous repartons aussitôt en sens inverse afin de rendre plus le temps pour le chemin du retour. Nous passons à l'intérieur des barrières d'un ancien corral, où des vaches sont tranquillement couchées à l'ombre des arbres, puis nous bifurquons pour rejoindre la lagune, accompagné bien sur d'un chien qui tient à nous escorter sur une bonne partie du chemin.
Les arbres très verts côtoient les arbres secs sans feuilles, le contraste est assez joli. Nous avançons prudemment vers l'eau, car des dizaines de guêpes volent à ras le sol, puis nous asseyons sur un tronc, seuls au milieu d'une île au Nord d'Argentine. Moment magique...
Nous reprenons le chemin tranquillement, faisons un détour pour observer le mirador que Charlène n'avait pas vu à l'aller, puis regagnons la sortie. Il est 17h45, n'y a plus personnes au bureau, et chacun entre et sort comme il veut. C'était vraiment important de nous faire une telle morale !
Nous effectuons les 3 kilomètres du retour, et faisons une halte au supermarché pour acheter de quoi cuisiner ce soir. Lorsque nous rentrons dans notre chambre, les Américains ont quitter les lieux et personne ne les a remplacé. Nous sommes hors saison (comme toujours!), et l'auberge est loin d'afficher complet en semaine. Cela tombe bien, nous avons une grosse lessive à faire, car nous avons accumulé beaucoup de linge depuis Bangkok sans autre possibilité de le laver avant.
Nous nous endormons rapidement, nos jambes satisfaites de ce repos bien mérité après les 33 kilomètres parcourus aujourd'hui.




















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