On passe du faux mage aux fromages
- 31 mars 2016
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Nous nous levons un peu fatigués : c'est à 1h du matin que le mari de la gérante est rentré et a mis le volume de la télévision au maximum. Évidemment, elle est juste de l'autre côté de la cloison. Puis sa femme lui a cuisiné un repas dans la cuisine située derrière une autre cloison de notre chambre, et ça sentait tellement bon ! Enfin, les ouvriers sont partis, non sans bruit, à 6h.
Nous rendons les clés et la remercions pour sa gentillesse, puis allons manger notre yaourt habituel en attendant le bus. L'assistant du chauffeur est très jeune, et son uniforme dénote avec sa coupe de cheveux très originale. Il s'avère que c'est une bille de clown qui parle beaucoup et est un peu maladroit.
Nous passons devant d'immenses prairies où pâturent de gros troupeaux de vaches laitières, des prim'holstein. Osorno est la première région d'élevage du Chili et surtout la première productrice de queso, fromage national. Des entreprises d'aliments pour bovin, du matériel de culture, tout indique que nous y sommes.
C'est alors que soudain, nous prenons un passager surprise sur le bord de la route. Petit coup de pression pour le chauffeur, il s'agit d'un agent de fiscalisation qui monte pour contrôler le travail réalisé par le chauffeur et son assistant. Nous sommes tout devant, et donc aux premières lignes, et nous le voyons ainsi vérifier si tous les billets des passagers ont été récupérés correctement, si la liste des personnes à bord correspond bien avec les occupants... L'assistant a droit à un petit rappel à l'ordre, en effet il part de temps en temps récupérer des tickets oubliés, puis nous reposons l'agent sur le bord de l'autoroute, en attente d'un prochain bus. Le jeune assistant aura alors droit de nettoyer toutes les vitres du bus pour y enlever la buée, et oui il faut bien lui montrer ce que c'est, le travail. Ensuite, nous avons droit à un spectacle : toujours aussi comique, il se met à danser à côté du chauffeur sur la musique qui sort de son téléphone. Un vendeur ambulant est alors pris au passage, nous propose un sandwich au queso vraiment pas terrible puis redescend. Quelques kilomètres plus tard encore, nous arrivons à Osorno.
En face de la gare routière est indiqué un hospedaje, qui correspond à des chambres louées chez l'habitant. Nous allons toquer, le prix qu'il propose est vraiment trop élevé mais finalement une chambre moins chère nous est proposée, au sous-sol. Nous acceptons pour une nuit mais l'endroit dégage vraiment une atmosphère bizarre, c'est le premier lieu depuis notre départ en septembre qui nous donne cette impression désagréable. Nous chercherons autre chose pour demain.
Nous partons visiter la ville, et découvrons le marché central d'Osorno, grand bâtiment sur deux étages où les commerces sont organisés par box. Définitivement, c'est nettement moins dépaysant que l'Asie. Nous nous rendons à la place d'armes, à la recherche de l'office de tourisme. Un homme âgé nous prend alors sous son aile et nous accompagne jusqu'au bon bâtiment. Nous sommes surpris de voir une file immense de dizaines et dizaines de personnes attendant devant un gros bâtiment. Notre guide nous apprend que c'est l'hôtel de ville et qu'ils payent leur permis de circulation 2016.
Sur la place, un des arbres plantés, le canelo, est le symbole de la culture Mapuche, le peuple originel de la Cordillère des Andes avant l'arrivée des conquistadors. En face, la cathédrale San Matéo s'élève, très moderne et en béton, dont le fronton original s'élève bien au-dessus du reste de la ville.
Nous arrivons au bureau d'informations où l'employé, loin d'être agréable, récite rapidement sa leçon et nous donne une carte sans explication, ne répondant pas à notre unique question et regardant avec insistance les personnes derrière nous pour leur signifier que c'est leur tour. Quelle amabilité ! Nous avons compris, nous allons nous débrouiller par nous-mêmes.
Sur notre plan de la ville est indiqué un musée interactif non loin de là, nous nous y rendons. Il s'agit d'une immense salle dédiée à la faune et la flore de la région ainsi qu'à des notions de physique. C'est un regroupement de manipulations et d'expériences en tout genre, trop bien pour les grands enfants que nous sommes !
Dans la première partie, nous en apprenons plus sur l'histoire naturelle du Chili, alors que dans la deuxième, nous découvrons plutôt pas mal d'idées à réaliser avec des jeunes. Des poulies où nous nous soulevons à tour de rôle mettent en avant des notions de force, puis nous nous observons à travers une caméra infrarouge installée dans un placard fermé, un gyroscope permet aux enfants de tourner dans tous les sens, des maquettes en tous genre (corps humain, billes, planètes...) sont exposées, des exercices sur les cinq sens sont à réaliser... Nous réalisons aussi d'immenses bulles de savon et pouvons même nous coucher sur un lit de fakir, sur des centaines de pics. Trop la classe !
Notre pause jeux terminée, nous souhaitons voir le fort de la Reine Lucie, situé quelques rues plus loin. Alors que nous demandons notre chemin à un épicier, ce dernier nous déconseille fortement d'y aller, car c'est apparemment le repère des mauvaises fréquentations. Nous suivons sagement ses conseils, et retournons au centre .
Nous passons devant une laverie, mais les prix sont presque ceux de nos pressing en France ! Heureusement que nous avons trouvé des pains de lessive en magasin, ce sera donc lavage à la main ! Nous souhaitons maintenant trouver l'adresse d'une exploitation agricole à visiter, nous nous rendons donc successivement dans quelques fromageries mais... leurs fromages doivent être tombés du ciel ! Aucune n'est capable de nous donner une adresse. Finalement nous arrivons à la fromagerie « Kumen » qui signifie « être bon » en Mapuche. La gérante est très gentille, nous donne une adresse mais elle nous explique que l'exploitation qui est à 30 kilomètres d'ici n'est pas accessible en bus... Ce que ça peut être frustrant de ne pas avoir son propre véhicule ! Tant pis, nous oublions définitivement l'idée de l'exploitation.
La gérante nous propose toutefois une petite dégustation de queso et de gouddha (rien à voir avec celui que l'on trouve en France!), c'est à tomber par terre ! Nous en achetons pour le repas de ce soir, nous le ferons fondre sur des pâtes.
Nous rentrons et utilisons la mini-cuisine, les pâtes au queso sont excellentes ! Ensuite vient l'heure de la douche, mais un problème important se manifeste : il n'y a pas d'arrivée d'eau froide pour tempérer l'eau brûlante, et le pommeau est incrusté au plafond. C'est vraiment dangereux ! Manu trouve finalement une combine : la douche à la casserole remplie en arrêtant régulièrement le robinet toutes les 15 secondes pour n'avoir que de l'eau tiède. Aujourd'hui nous avons trouvé un autre hébergement au même prix mais bien plus accueillant, nous irons demain.
Une journée supplémentaire à passer sur Osorno avant de passer la frontière de l'Argentine, dommage que nous n'ayons pas eu plus d'informations pour visiter la région.




















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