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Le train-train quotidien des Chiliens

  • 30 mars 2016
  • 4 min de lecture

Une journée tranquille est au programme. Nous occupons la matinée à écrire, installés dans la pièce commune sur le canapé, devant la télévision. A midi, nous nous rendons au petit restaurant d'en face qui propose des menus du jour, et testons la cazuela de vacuno, un plat typiquement chilien. Il s'agit d'une sorte de pot-au-feu avec de la courge et du maïs en plus.

Lorsque la serveuse apporte le dessert, nous espérons qu'il sera meilleur que la dernière fois (c'était alors un flan de semoule avec une sauce au vin). Et bien cette fois-ci ce sont... des œufs à la neige, mais sauf que la crème anglaise a été remplacée par une sauce béchamel sucrée ! Très particulier, digne d'un master chef pour la créativité !

Nous nous rendons ensuite au musée ferroviaire que nous avons repéré sur le plan de la ville affiché à l'hostal. Il s'agit d'une exposition extérieure située dans l'ancienne gare de la ville, non loin de la nouvelle. Des locomotives et wagons sont disposés sur les rails au milieu de la pelouse, certains très anciens et abîmés, d'autres rénovés. Il y en a de toutes les époques et de tous les types, du wagon dortoir au wagon « caravane » utilisé par les cheminots pour les missions longues éloignées, et même le wagon présidentiel qui a transporté plusieurs générations de chefs d'état.

Juste à côté, c'est l'ancienne carbonera, endroit où était stocké le charbon pour alimenter les locomotives. Nous passons devant les wagons successifs, observons par la fenêtre l'intérieur de l'époque tout en bois et en tapisseries. Waouh ! Un buscarril comme on a pris à Talca !

Un peu plus loin, à côté de la salle de réparation des machines, c'est l'arène : un plateau tournant au centre, et tout autour des anciennes locomotives, prêtes au départ, espérant un jour pouvoir de nouveau arpenter les rails du Chili. A côté un aiguillage nous permet de nous improviser cheminots et, l'espace de quelques minutes, aventuriers du rail.

Nous retournons à l'hostal, il commence à pleuvoir. Nous passons devant un magasin et nous y arrêtons pour faire quelques courses. Excusez-nous d'interrompre le récit de cette journée, mais une parenthèse paraît indispensable pour décrire quelques caractéristiques des supermarchés chiliens. Nous aimons les parcourir car ils expliquent souvent une partie des habitudes que nous observons chez les locaux.

[ Tout d'abord, l'utilisation des caddies : les caddies existent ici, mais ne sont pas stockés à l'extérieur et n'ont aucun lieu bien défini d'ailleurs. Il n'y a pas de jeton ou de pièce à mettre pour les avoir, les clients les prennent où ils les trouvent et les laissent souvent devant la caisse, ou au milieu du magasin. En effet les chiliens n'ont pas l'habitude d'acheter beaucoup à l'avance et viennent presque quotidiennement faire quelques courses. Tous les soirs, c'est le gros rush, et devant chaque caisse c'est une file de caddies peu remplis qui patientent. Comme ils achètent peu, ils repartent avec les sacs en main et laissent donc le caddie au beau milieu. Un homme est alors chargé de les rassembler dans le magasin. Enfin, les caddies sont aussi utilisés dans la rue par les marchands de cafés, les vendeurs de brochettes qui les transforment en barbecue mobile, les personnes qui déménagent des objets encombrants ou lourds... et nous en avons même vu un dans la pelouse d'un hostal !

A l'intérieur du magasin, c'est semblable à ce qu'on connaît mis à part qu'il y a moins de diversité, chaque produit a donc plus de place dans son rayon. Cela permet d'affronter le rush du soir et de réapprovisionner le matin. Il existe un rayon entier réservé aux saucisses, beaucoup utilisées pour les hot-dogs notamment. Ainsi, elles ne sont vendues que par dix, par vingt ou encore par plus gros paquets ! Le pain est aussi très consommé, et est pesé comme pour les fruits ou légumes. Il n'est pas rare de voir le soir une file de plus de dix personnes attendant pour pouvoir peser leur sac de pain.

Au niveau des boissons, les chiliens sont très friands des jus en poudre comme le « Tang », vendu il y a trente ans chez nous. Ces sachets occupent souvent un demi-rayon à eux seuls. A côté, une des choses qui nous a le plus surpris, et même presque choqués, ce sont les sodas : de partout, même au milieu des vêtements, ils ont été disposés pour être sûr que les clients ne repartent pas sans. Et dans le rayon qui leur est réservé, les plus petites bouteilles font 2L, la plupart en faisant plutôt 3L. Les packs sont même vendus, 3x3L par exemple, avec de grandes affiches publicitaires. On ne peut malheureusement pas s'étonner de voir tant d'obésité dans la rue quand on voit les habitudes de consommation alimentaire...

Enfin, aux caisses, les sacs plastiques sont de plus en plus interdits et les sacs réutilisables prennent de l'ampleur. Ce ne sont pas les clients qui mettent en sac mais d'autres employés de l'enseigne, dédiés à cette tâche, à qui on donne un pourboire avant de partir. Nous avons quand même été bloqués une fois à une caisse car la cliente devant nous ne voulait pas mettre en sac elle-même ses produits alors il n'y avait aucun employé disponible sur le moment ! ]

Nous ressortons avec nos quelques courses et nous pressons de rentrer. Malheureusement nous sommes encore bien loin et nous arrivons à l'hostal Aldenante 187 trempés jusqu'aux os ! Nous nous séchons, nous mettons au chaud. Ce soir nous souhaitions aller au cinéma mais le temps nous invite à rester à l'abri. Notre unique pantalon est trempé, et le short ne serait vraiment pas de mise !

Un groupe d'ouvriers arrive, nous observons discrètement leurs habitudes. Ce soir ce sera pain, saucisses et gâteau à la crème. Quelle surprise ! Un peu de lecture et au dodo, demain nous partons à Osorno, notre dernière étape pour le Sud du Chili !

 
 
 

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