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Marche au pied d'un des volcans les plus actifs du Chili

  • 29 mars 2016
  • 6 min de lecture

Il est 7h, nous sommes prêts. Cependant une petite inquiétude fait son apparition, suite à nos péripéties de Los Angeles : la porte sera-t-elle fermée à clef ? Nous n'avons pas parlé de notre départ de bonne heure à la gérante... Ouf ! La porte est ouverte !

Il fait très frais voir froid, mais nous sommes motivés et plein d'énergie donc même pas peur ! Nous allons en direction de la gare routière, créant un souffle de buée à chaque respiration. Nous prenons un yaourt à l'épicerie pour notre petit-déjeuner ainsi que des sandwich jambon-queso pour le pique-nique. Pucon est une ville très jolie et touristique, les prix ne seront donc pas les mêmes sur place.

Une marchande sur le quai propose des cafés, étant donné les températures nous en prenons un avec plaisir, et pour l'accompagner nous achetons à une autre marchande des sopaipillas (galettes de farine de blé frites dans l'huile) que nous assaisonnons avec de la moutarde. Et oui, comme de vrais chiliens ! Enfin, pas tout à fait car la plupart petit-déjeunent au completo, un hot-dog couvert de tomates et d'une purée d'avocat.

Il est 8h10, le bus quitte le quai. La ville commence à s'animer, les voitures sont de plus en plus nombreuses sur les routes. Aux feux rouges, nous croisons encore quelques artistes qui jonglent pour gagner quelques pièces. Nous faisons de nombreux arrêts pour récupérer ou déposer des gens qui partent au travail, puis nous arrivons enfin à Pucon, après deux heures de route.

D'un côté, un lac immense et calme où se reflète la silhouette des montagnes, de l'autre le volcan Villarrica au sommet enneigé, entouré de forêts de pins et d'araucarias. C'est tout simplement splendide ! Dans cette petite ville de montagne, les petites bicoques en bois côtoient les gros chalets suisses, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets.

Nous faisons le tour de quelques compagnies de bus local, mais personne ne connaît le sentier « miradores los crateres » que l'on veut faire, alors que cette carte nous a été donnée par l'office de tourisme de Temuco ! Nous nous rendons alors à l'office du tourisme de Pucon, mais la très non-agréable employée nous explique qu'il est impossible d'aller dans le parc de Villarrica si ce n'est pour y faire la randonnée sur quatre jours. Elle nous indique un autre parc, bien plus loin, que l'on peut rejoindre en bus. Mais nous ne sommes pas du genre à nous laisser décourager et nous allons donc cette fois à une agence touristique pour leur montrer notre carte. L'employé, très sympathique, ne connaît pas ce sentier (il faut se faire une raison, on va l'oublier), mais par contre il nous dit qu'un autre est accessible, juste à côté. Il nous écrit même le nom de l'arrêt à donner au chauffeur pour nous y rendre.

Nous trouvons la compagnie de bus qui dessert cette destination et montrons le papier au chauffeur... qui ne connaît pas cet arrêt ! Il nous dit par contre qu'il peut nous déposer non loin de là, à l'entrée d'un chemin qui mène aux cascades du rio turbo. Nous n'avons plus de destination précise et le temps passe, il est déjà 11h, nous acceptons donc.

C'est ainsi que nous sommes déposés à 3 km de la sortie de la ville, au pied d'un panneau « Cascadas del Rio Turbo 8 km ». La piste est large et sablonneuse, mélange de poussières et de cendres volcaniques. La dernière éruption du volcan date de mars 2015, il y a tout juste 1 an ! Des panneaux informatifs indiquent les niveaux d'alerte à connaître (vert, orange, rouge) correspondant aux différents risques liés à l'activité du volcan et pouvant entraîner une évacuation de la zone.

Devant nous, des montagnes forment une barrière rocheuse qui masque le pic du volcan. Nous espérons que le sentier va la contourner pour nous permettre de l'admirer de près. Des ascensions se font pour monter au sommet du Villarrica mais il faut partir à 7h de Pucon et le premier bus de Temuco n'arrive pas avant 9h30...

Peu après notre départ, une voiture passe et son jeune chauffeur propose de nous emmener. C'est très gentil de sa part, mais nous préférons profiter du calme du lieu en marchant. Nous profitons des paysages, plus beaux les uns que les autres. Sur le chemin, entre les arbustes de fuchsias, nous pouvons admirer la copihue, plante grimpante aux grosses clochettes rouges, fleur nationale du Chili.

Il y a beaucoup de mûres sur le sentier, nous sommes pile à la bonne saison, c'est un régal des papilles ! Nous longeons le lit d'une rivière presque tarie, continuons notre chemin, parfois creusé dans la terre et dans la roche puis, au détour d'un virage, il apparaît dans toute sa splendeur : le volcan Villarrica, dont les couleurs ressortent avec ce magnifique ciel bleu. Tout est calme, nous apprécions le moment.

A partir du cinquième kilomètre un panneau en bois indique chaque kilomètre la distance restante. Peu avant d'arriver, une nouvelle voiture s'arrête à notre hauteur et nous propose de nous emmener. Encore une fois nous sommes touchés par cette attention mais nous préférons terminer à pieds. Sur la droite, des personnes font de l'escalade sur une paroi rocheuse, nous irons les voir sur le chemin du retour.

Nous arrivons finalement à l'entrée des cascades et du canyon, même si les dernières distances à parcourir semblaient ne plus se finir. Il n'y a personne sur place, la voiture est déjà repartie, le lieu est à nous... Nous avançons progressivement sur cette terre volcanique désertique où seulement quelques mousses et lichens érodent peu à peu la roche, aménageant le terrain pour quelques arbustes. Un petit ruisseau s'écoule au milieu, au-dessus duquel a été construit un petit pont de bois. De grandes flaques occupent les trous creusés dans la roche, reflétant mille couleurs venues du ciel et de la montagne. Le tout est absolument magnifique, nous pourrions y rester des heures.

Nous poursuivons, longeons un mini canyon et arrivons enfin à la cascade, petite mais très belle, en dessous de laquelle plusieurs petites retenues d'eau trouble se sont formées. Des dizaines de lézards bleu turquoise et vert fluo se prélassent au soleil, peu sauvages. Au loin, le volcan domine, majestueux dans son manteau blanc.

Nous prenons de la hauteur pour surplomber le tout et trouvons un endroit pour pique-niquer, bientôt rejoint par les guêpes. C'est impressionnant le nombre qui vivent dans ce parc, protégées de tout produit chimique ou nuisible. Avis aux apiphobes, ce lieu n'est peut-être pas fait pour vous !

Nous prenons tranquillement le chemin du retour, et rejoignons le mur d'escalade situé quelques centaines de mètres plus loin. Il y a une vingtaine de personnes en action, certains étant en train de monter une paroi complètement lisse. Mais comment font-ils ?! Une bonne ambiance règne dans le groupe. Nous empruntons ensuite un petit sentier où nous devons grimper de rocher en rocher pour rejoindre la piste principale.

Sur le chemin du retour, une voiture s'arrête et propose de nous emmener. Cette fois-ci, nous acceptons, nous pourrons ainsi profiter de la ville. Nous sommes déposés au panneau « Cascadas del Rio Turbo 8 km », situé à 3 km de Pucon. Nous rentrons à pieds, et passons devant le « Parque de Pucon », où nous décidons d'entrer. Il s'agit en réalité d'un cimetière paysagé, composé de grandes pelouses bien entretenues, d'arbres et d'arbustes. Des petites plaques avec nom et dates sont disposées un peu partout, très espacées, c'est très joli et peu austère. Des oiseaux de toutes sortes se sont appropriés les lieux. Ce n'est pas le premier cimetière de ce genre que l'on voit, mais il en existe aussi des plus classiques semblables aux nôtres.

Nous reprenons la route, les trois kilomètres presque doublés car correspondant à l'extrémité de la ville et non à son centre. Nous passons devant un collège très classe, sorte de gros chalet suisse, où les élèves ne repartent pas en bus mais en voiture. Ils portent un uniforme, comme partout au Chili si ce n'est que dans certaines écoles c'est une blouse marron parfois même accompagnée d'une cravate.

Nous arrivons à la gare routière, et prenons le bus de 18h. Après deux heures de route, nous voilà de retour à Temuco. Nous trouvons une sandwicherie, une des rares encore ouverte, pour manger. C'est surprenant que tout soit fermé si tôt alors qu'ils sont encore très actifs dans les rues le soir. Notre estime sur les completos (hot-dog chilien) remonte, il est bien meilleur que celui mangé à Santiago.

Nous sommes de retour à l'hostal, la gérante toujours aussi sympathique nous demande ce que nous avons fait aujourd'hui. La douche est glacée, mais nous apprenons la combine qui nous permet d'avoir de l'eau chaude. La gérante regarde la télévision avec sa fille et une amie, toutes trois sont à fond devant le match Chili-Vénézuela. Il s'agit d'un match de qualification pour la coupe du monde 2018, et le Chili est en bonne voie !

Nous faisons discrètement une petite lessive, puis allons nous coucher. Encore une très belle journée de passée, comme on les adore !

 
 
 

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