On a du mal à quitter Los Angeles
- 28 mars 2016
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Notre bus part à 9h30, nous nous levons tranquillement. Il est 8h, tout le monde dort encore, tout est calme, nous préparons nos sacs et descendons les escaliers pour sortir par le petit couloir du rez-de-chaussée. Il s'agit d'une porte qui ne s'ouvre que de l'intérieur, comme on en trouve partout ici.
Petit problème, ce matin elle est fermée à clefs, ce à quoi nous n'avions pas pensé puisqu'on ne peut pas l'ouvrir de l'extérieur. Nous toquons à la porte de la maison plusieurs fois, mais il n'y a apparemment personne. Nous cherchons une autre issue, faisons le tour du propriétaire, mais rien à faire, nous sommes bloqués. Un petit moment de flottement s'installe alors. Deux stratégies s'offrent alors à nous : Manu décide de retourner dans la chambre à la fenêtre dans l'espoir de croiser un passant à qui il demanderait de sonner pour réveiller la gérante, tandis que Charlène entre par le haut dans la maison pour appeler de l'intérieur. A cette heure, pas de passant pour Manu, mais à force d'appeler Charlène réveille le garçon qui dormait dans l'autre chambre, et qui a la clef qui ouvre la porte.
Ça y est, nous sommes dehors ! Heureusement que nous prévoyons toujours du temps « au cas où... ». Nous marchons en direction du terminal, à côté duquel nous allons dans un supermarché pour acheter notre petit déjeuner quotidien chilien : un yaourt Soprole auquel on mélange une poignée de céréales intégrées dans l'emballage.
Il est 9h30, nous sommes dans le bus, en route pour Temuco. Nous traversons beaucoup de champs, et croisons quelques troupeaux de vaches, des prim’Holsteins. Un peu plus loin, c'est un énorme centre génétique bovin. Nous nous rapprochons peu à peu de la région de l'élevage...
Le trajet passe vite (sans film cette fois-ci), et deux heures plus tard, nous sommes arrivés au centre de la ville. Nous demandons des informations pour rejoindre Osorno, notre dernière destination pour le Sud du Chili, mais il faut apparemment nous rendre à une autre station de la même compagnie, plus loin en ville. Il ne propose pas le Sud ici. Nous demandons aux passants pour nous y rendre, ça a l'air loin. Comme nous sommes dans le centre, nous décidons finalement de d'abord chercher un hostal.
Nous tentons notre chance au premier établissement que nous voyons, et sommes accueillis par une gérante d'une grande gentillesse. Le prix étant un peu élevé, nous le négocions car nous y restons trois nuits. Nous devons attendre, la chambre n'est pas encore prête, et nous en profitons pour demander quelques informations. A deux rues d'ici, une autre compagnie Jac propose elle aussi des bus pour Osorno. On ira là-bas, ça nous évitera de courir.
Nous sommes arrivés plus tôt que nous le pensions, nous pouvons donc nous connecter sur Skype avec la famille de Manu qui est réunie pour Pâques. Puis nous nous rendons à la compagnie Jac et achetons nos billets pour Osorno pour dans trois jours.
Nous en avons assez des sandwichs, aussi nous nous laissons tenter par une assiette dans un petit restaurant local qui propose des sortes de menus du jour. L'Argentine est un gros consommateur de viande, et nous en profitons pour en consommer de vrais morceaux. Ah, ça fait du bien !
Charlène repasse par l'hostal pour demander à la gérante la direction d'un cinéma, et ressort malgré que quelques indications ne soient pas bien comprises. Il est question entre autres d'une rue Manuel …, nous avons presque toutes les informations, nous nous lançons. Au premier croisement, nous arrivons sur la rue Manuel Bulnes. Pas de doute d'après Charlène, on est sur la bonne route ! Mais la réjouissance est de courte durée, car au croisement suivant c'est une autre rue Manuel … . Ah ! En fait, nous nous rendons compte que beaucoup de rues commencent par Manuel, un prénom très courant ici. Gros moment de solitude pour Charlène...
Nous demandons aux passants notre chemin, puis dégustons notre premier Mote con huesillos, la boisson nationale du Chili. Il s'agit de grains de blés cuits trempés dans du jus de pêche, et accompagné d'une pêche au sirop à l'intérieur. C'est... typique ! Alors que nous nous demandons à quel moment quelqu'un a pu inventer cette boisson, dans quelles conditions cette découverte s'est produite, deux policiers arrivent et demande au vendeur ambulant de partir. Et oui, nous ne sommes plus en Asie, ici les vendeurs ambulants doivent rester hors du quartier commercial.
Nous trouvons le cinéma, au quatrième étage d'un centre commercial, mais remarquons que les prix des entrées dépendent des jours. Nous irons finalement mercredi, jour le moins cher de la semaine. Le dernier film Divergente est à l'affiche. Nous retournons dans la rue, achetons une bobine de fil au passage car nous avons utilisé celui que nous avions apporté, et sommes surpris de croiser en plein centre-ville une charrette tirée par des bœufs contenant un énorme tas de grandes lianes dures, gélatineuses et pliées sur elles-mêmes. Cela fait penser à de la couenne de porc, mais nous apprenons finalement qu'il s'agit d'algues issues de la côte. Nous n'aurions jamais misé là-dessus ! Un peu plus loin, un homme vend de drôles de fruits : il s'agit de pignons des fruits de l'araucaria (arbre très original qui a donné son nom à cette région), qu'il faut faire bouillir avant de les cuisiner.
Nous trouvons enfin quelques cartes postales, mais ici ce marché est tellement peu développé que les couleurs sont fades et qu'elles doivent être en vente depuis déjà vingt ans. Nous en prenons quand même pour les écoles qui nous suivent, mais nous essaierons de trouver mieux. Nous dégustons quelques fraises locales sur un banc de la Plaza de armas, puis nous rendons à l'office du tourisme pour voir ce que nous pouvons voir et faire dans les environs. Nous sommes dans une région de lacs et de grands parcs nationaux, aussi nous récupérons des cartes et plans de la région et rentrons. Nous devons réfléchir à ce que nous allons faire demain, et cherchons quelques informations sur Internet.
Nous nous rendons à la compagnie de bus pour voir ce qui est accessible, et finalement il n'y a que le parc national de Villarrica où nous pouvons nous rendre en bus. Le choix est donc vite fait. Villarrica est le nom d'un des volcans les plus actifs du Chili, dont la dernière éruption date de mars 2015. Cette dernière avait nécessité l'évacuation de plusieurs milliers de personnes. La petite ville de Pucon, qui est la plus proche, est également située au bord d'un lac. Autant dire que l'endroit doit être magnifique.
Nous achetons donc nos billets pour Pucon, qui est à deux heures de route d'ici. Pour le billet du retour, nous verrons demain soir. Nous allons au supermarché acheter de quoi manger ce soir, ce sera au menu une salade de tomates, poivron et jambon. Nous n'avons pas d'espace pour cuisiner, nous sommes encore assez limités. Nous rentrons, la gérante nous accueille une fois de plus avec un immense sourire. Nous ne sommes pas surpris de voir une affiche à l'entrée qui explique que « Un touriste qui part content et avec le sourire est un touriste qui revient en famille ou avec des amis ». Elle a tout compris !
Cela nous fait d'ailleurs penser au grand nombre de pancartes que l'on a pu voir le long des routes, qui mettent en avant des règles d'hygiène et de bonne conduite à suivre. Les Chiliens doivent se préoccuper de leur santé, le Chili existe grâce aux Chiliens,... Pour le Chili, il est évident que son image dépend de ses habitants.
Nous regardons les sentiers de randonnée du parc Villarrica, qui sont nombreux, et souhaitons nous rendre au « Miradores los crateres ». Il n'y aura plus qu'à trouver sur place un véhicule pour nous y rendre depuis Pucon.
Nous trions des photos puis nous couchons. Les lits ici sont comme ceux qu'on avait chez nos grand-parents, avec de grosses couvertures lourdes qui nous empêchent de bouger une fois qu'on est dessous. On est bien calés, au chaud, trop bien...




















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