On dort à ... Los Angeles !
- 27 mars 2016
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Ce matin nous petit-déjeunons au café et aux gâteaux sablés thaïlandais (stock réalisé par Charlène avant notre départ qui devrait tenir jusqu'à la fin du Chili). Le check out est à 11h, mais nous n'avons quasiment pas défait nos sacs, aussi nous sommes rapidement prêts. Sur la route de la gare routière, nous renseignons un couple de chiliens qui cherche le centre-ville. Et oui, on est comme ça !
Il est 11h45, nous nous installons dans le bus Condor et prenons la route, passant entre les collines plus ou moins arides. Un film est diffusé : Fast and Furious 6, dès le début du trajet. Trop bien, on va enfin en voir un du début à la fin, et en plus on est bien placés !
En cours de route, nous atteignons la ville Los Angeles, où nous faisons une pause à la gare routière pour y poser des passagers et en prendre d'autres. C'est alors que le chauffeur monte à bord et fait une annonce : « tout le monde doit descendre, il y a un problème de freins, le bus doit être vérifié dans le hangar à côté, nous reprenons la route dans vingt minutes ».
Nous descendons, et patientons sur le quai extérieur. En effet, un hangar cinquante mètres plus loin sert plus ou moins de garage pour réviser les bus, c'est très pratique. Mais le temps passe, et trente minutes plus tard c'est le chauffeur à pieds que nous voyons revenir. Ça sent le roussi... « Il est trop dangereux de rouler avec ce bus, ce n'est pas possible de repartir, allez au guichet de l'agence pour voir quelles sont les solutions possibles ». Ce n'est encore pas aujourd'hui que nous aurons vu un film en entier... Mais au moins, on voit qu'ici la sécurité est primordiale !
Nous récupérons nos sacs des soutes, et suivons le groupe jusqu'à l'agence, mais la jeune employée qui occupe le guichet n'a aucune réponse à apporter. Les gens s'impatientent, ont besoin d'une réponse, elle nous demande alors de patienter vingt minutes le temps de passer quelques coups de fil et de trouver un bus de remplacement. En attendant, nous allons nous poser sur un banc non loin de là, et suivons la suite des événements à distance.
Trente minutes passent, mais la jeune employée n'a toujours pas de réponse. Nous sommes dimanche de Pâques, gros week-end de circulation et tous les bus des autres compagnies pour cette destination sont plein. Le seul bus qui pourrait venir ici pour nous emmener doit déjà arriver à Santiago pour déposer ses passagers puis parcourir les 500 km qui le séparent de nous. Autant dire que cette solution est loin d'apaiser les tensions qui se créent.
Un policier arrive alors, c'est un passager qui est allé le chercher. Et oui, ici ça fonctionne comme ça. Il discute un moment avec la jeune femme, puis lui dit revenir dans vingt minutes. A ce moment là, il faudra qu'elle donne une réponse concrète. Le temps s'écoule, il revient, aucune nouvelle réponse n'est arrivée mais la présence du carabinero a légèrement atténué les tensions.
Quelques dizaines de minutes plus tard, le verdict tombe enfin : « il y aura peut-être un bus qui arrivera ce soir pour arriver à 23h à Temuco, mais ce n'est pas encore sûr à 100% ». Nous comprenons qu'il doit s'agir de celui de Santiago, le temps qu'il arrive jusqu'ici. Le groupe reste uni et fait pression, et nous prend un peu sous leur aile, mais nous devons les laisser continuer leur combat seuls : pour nous, il n'est pas envisageable d'arriver à 23h à Temuco alors que nous n'avons pas d'hébergement réservé, et en plus en sachant que le bus n'est pas confirmé. Ils comprennent notre problème, et nous échangeons alors nos tickets pour demain à 9h30 avec la compagnie Biobio.
Nous partons en direction du centre-ville, qui est apparemment à 5 ou 6 km d'ici. Nous demandons à des passants s'il y a un hostal dans le coin, mais aucun ne peut nous répondre. Nous reprenons alors la technique de base indiquée par une voyageuse rencontrée en Thaïlande : nous adresser aux commerçants. En effet, ça marche, car dès la première épicerie où nous nous arrêtons la commerçante nous indique une adresse à deux rues d'ici. Il s'agit d'une autre épicière qui loue quelques chambres au-dessus de son commerce.
Nous arrivons, sur place, et montons à l'étage choisir notre chambre. En effet, nous sommes apparemment les seuls à dormir ici cette nuit ! Manu donne son passeport pour s'enregistrer et donne son nom et son prénom à la gérante, mais apparemment il y a un problème. Après quelques minutes de confusion, tout s'éclaircit : les chiliens ont toujours plusieurs prénoms et plusieurs noms (celui du papa et celui de la maman), alors elle ne comprenait pas qu'on ne puisse en avoir qu'un.
Seul petit bémol, nous n'avons pas le wifi, et nous devons envoyer un message par internet pour annuler un rendez-vous skype demain matin (et oui, du coup on sera en bus). Nous allons donc en direction du centre et trouvons un petit café internet. Avec le clavier espagnol, pas possible d'avoir les accents mais au moins le message est envoyé.
Nous faisons ensuite le tour du centre commercial, des boutiques (même si c'est toujours un peu frustrant de ne rien pouvoir acheter), et arrivons à la place des armes, où nous sommes surpris de constater que nous sommes... en zone wifi ! Nous sortons l'ordinateur, et en effet ça fonctionne. Il s'agit d'une mesure du gouvernement pour équiper les places d'armes des villes de wifi gratuit. Une sacrée bonne initiative !
Nous repartons en balade, beaucoup de boutiques sont fermées. En fait, tout ce qui est alimentaire est porte close, alors que les magasins de vêtements sont ouverts. C'est assez paradoxal ! Pour manger, nous ne trouvons que le Mac Donald d'ouvert. Ici, contrairement à en Asie, c'est moins cher qu'une assiette simple dans un petit restaurant.
Nous rentrons, en observant sur la route les taxis noirs et leur plaque fixée sur le toit où est visible le nom de leur destination principale. Il s'agit de collectivos, qui se situent entre les bus de ligne et les taxis, ils suivent plus ou moins un itinéraire et prennent tous ceux qui sont sur la route. Montréal, San Francisco, Philadelphie... les noms des quartiers de Los Angeles ne sont que des copies de grosses villes américaines. Il y a eu un gros manque d'imagination ici !
Nous dégustons notre première bière chilienne, la Cristal, un peu forte par rapport à celles asiatiques auxquelles on s'était habitués. Puis nous profitons de notre première baignoire depuis le début du voyage, ahhh c'est trop bien !
De la fenêtre de notre chambre, nous observons un homme qui jongle au milieu de la route devant les voitures à chaque feu rouge. Puis il s'arrête juste avant que le feu ne devienne vert et passe entre les deux files pour gagner quelques pièces. Ici, c'est une pratique très courante. Enfin, nous constatons que finalement nous ne sommes pas seuls : dans le bâtiment d'à côté, après la passerelle métallique, un jeune homme occupe lui aussi une chambre.
Nous nous couchons une nouvelle fois dans des petits lits trop confortables : c'est trop la classe de dormir à Los Angeles !




















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