Santiago, une ville semblable à chez nous
- 22 mars 2016
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Il est 8h, nous émergeons tranquillement, nous avons fait le tour du cadran. Mais c'était nécessaire. Nous descendons prendre notre petit déjeuner inclus dans le prix de la nuit, il s'agit d'un café et d'un petit pain rond et plat, très dense et un peu bourratif, pain traditionnel que l'on retrouvera partout au Chili. Certains le mangent seul, nous préférons l'agrémenter de confiture. Une banane, et nous sommes parés pour la journée qui nous attend.
Aujourd'hui, nous partons à la découverte de Santiago, capitale chilienne de 6 millions d'habitants. Mais avant cela, nous devons acheter nos billets de bus pour Talca, prochaine destination en direction du Sud du pays. Nous parcourons donc les quelques rues qui nous séparent de la station de métro la plus proche et parcourons le trajet de la veille en sens inverse, afin de revenir au terminal des bus. Les bus sont très développés dans le pays, mais ne sont pas gérés par le gouvernement. A nous donc de choisir entre toutes les compagnies privées qui se partagent le secteur. Sur un blog, nous avions vu que Turbus était sérieux et peu cher, nous nous tournons donc vers eux pour commencer.
Nos billets en poche, nous repérons le quais de départ, situé dans un terminal 100m plus loin, puis nous reprenons le métro. Le gérant de l'auberge de jeunesse nous a donné un plan du centre ville ainsi qu'un parcours à suivre pour voir les monuments et lieux incontournables de la capitale. Pour ceux qui sont au point de départ à 10h ou à 15h, il est possible de profiter d'une visite guidée gratuite (sur le principe des pourboires). Les guides sont faciles à trouver, ils sont habillés en rayé rouge et blanc comme dans Où est Charlie ?. La visite nous aurait bien tentée, mais 3h de commentaires en espagnol, nous ne sommes pas sûr d'encaisser alors que nous venons juste d'arriver. Nous comptons cependant suivre l'itinéraire à notre propre rythme.
Nous arrivons donc à la station Plaza des Armas, sachant qu'au Chili chaque ville possède sa propre place des armes, une place arborée et bien aménagée, qui marque le centre historique de la ville. Nous passons entre les vieux bâtiments, empruntons les rues piétonnes dont la principale voit passer un million de personnes chaque jour. Il fait chaud sans être lourd, cela change de Bangkok et on apprécie. Nous visitons une première cathédrale, très simple sans sculpture au plafond, dont la lumière du jour pénètre par de simples vitraux modestes. De nombreuses sculptures de saints sont présentes, il s'agit principalement de saints ayant aidé les pauvres. Des prières leurs sont consacrées, et nombreux sont ceux s'arrêtant devant.
Un peu plus loin, c'est dans une deuxième cathédrale que nous entrons. Beaucoup plus décorée, avec des sculptures et des peintures au plafond et sur ses murs, elle est cependant beaucoup plus sombre, la lumière naturelle ne parvenant pas à franchir son enceinte.
Puis nous passons devant le palais de justice, le musée d'arts précolombien, l'hôtel de ville, la maison du gouvernement, le théâtre municipal... Ce chemin nous amène ensuite dans le quartier commercial de la ville, avec de nombreux centres sur plusieurs étages ainsi que beaucoup de boutiques dans les rues. Santiago ressemble finalement beaucoup plus aux villes que nous connaissons, le dépaysement est bien moins grand qu'en Asie. Nous entrons dans une librairie, à la recherche d'un roman en espagnol pour nous exercer et d'un carnet d'écriture (tome 8). Nous sommes surpris de voir énormément d'articles sur Le Petit Prince d'Antoine de Saint Exupéry. C'est peut-être lié au fait que l'auteur a travaillé pour une compagnie aérienne au Chili.
Nous poursuivons notre route qui nous mène au pied de la colline Sainte Lucie (Cerro Santa Lucia), en haut de laquelle ont été aménagés un parc ainsi qu'un mirador qui proposent un panorama à 360° sur toute la ville. Des grands immeubles dans le quartier des affaires, puis une ville qui s'étend à perte de vue pour se fondre dans le flou du nuage de pollution qui la surplombe. Au loin, la Cordillère des Andes s'étend, elle aussi en partie masquée par ce nuage omniprésent. En face de nous, c'est la colline Christobal au pied de laquelle est l'auberge de jeunesse dans laquelle nous dormons.
Nous profitons tranquillement de ces lieux qui surplombe toute la ville puis rentrons tranquillement, traversant un grand parc de nouveau bien aménagé. Alors que le climat ne permet pas à la végétation de se développer, la ville arrose toute la journée pelouses et arbustes pour assurer des aménagements agréables à voir dans toute la ville. De magnifiques arbres immenses assurant de l'ombre sont eux aussi entretenus avec soin, dont le nom latin a été noté sur une pancarte en bois devant eux, et des dizaines de bancs sont disposés un peu partout. De beaux espaces où les Chiliens viennent profiter des rayons du soleil.
Sur le chemin du retour, nous profitons également des murs de la ville, la plupart peints à la bombe par des artistes locaux. Tout est permis, et sur un même mur plusieurs univers complètement différents peuvent se côtoyer. Nous prenons d'ailleurs en plein flagrant délit un jeune artiste ayant peint à la bombe des abeilles géantes et terminant le détail de leur pelage au pinceau. Le travail est admirable.
Il est 19h, nous prenons sur la route des Completos, des sortes de hot-dogs populaires que l'on trouve à tous les coins de rue, sachant que ce sont les moins chers de tous les sandwichs proposés. Nous avons d'ailleurs été surpris de voir que les Chiliens consommaient autant de sandwichs, frites, nourriture frite dans l'huile et sodas. Dans les magasins, ces derniers sont vendus par bouteilles de 3L et parfois par packs encore plus importants. Conséquence peu surprenante par contre, c'est le fort pourcentage d'obésité dans la population. Alors qu'en Asie on était au-dessus de la norme, ici c'est le contraire.
Nous rentrons, contents de notre journée mais bien fatigués, et nous posons dans le canapé, occupés à la lecture d'un livre en français illustré sur Les différents types de street food à travers le monde. Et bien on peut constater que depuis le début de notre voyage on en a testé déjà pas mal ! Si seulement les normes d'hygiène et les formalités administratives étaient moins abusives en France, on pourrait peut-être se lancer !
Il est 23h30, nous allons nous coucher. Demain, nous partons pour Talca, dans le Sud, et avons hâte de découvrir d'autres horizons du Chili.




















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