A nous l'Amérique !
- 21 mars 2016
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Il est 7h40 (heure locale de Sydney), nous atterrissons après 9h30 de vol. A notre montre, il est 3h40, et nous n'avons pas vu la nuit passer. Pendant la descente de l'avion, nous pouvons admirer les paysages de l'Australie, ses grandes étendues, et enfin le centre de Sydney avec ses grandes tours.
Nous nous dirigeons vers la zone de transit, et passons de nouveau aux contrôles. Manu aura droit à un contrôle supplémentaire (est-ce par ce qu'il n'est pas rasé?), où le douanier analyse un papier frotté dans son sac à dos. Pas de traces de matières illicites, nous pouvons partir.
Nous faisons le tour des boutiques de duty-free, puis patientons à proximité de la porte 34. Nous craquons pour deux vrais sandwichs dans une petite boutique (avec du vrai pain, de la salade...) et sommes surpris que la vendeuse nous réponde en français. Elle a grandi à Nice, ceci explique cela.
Puis il est l'heure de prendre place dans la file d'embarquement, où un agent un peu spécial amuse la galerie par son franc parler et son manque de tact. Nous arrivons dans l'avion, et nous installons aux sièges centraux (on ne gagne pas à tous les coups). C'est un Boeing 787, plus gros que le précédent, dont les rangées sont composées de trois fois trois sièges.
Nous décollons, direction la Nouvelle-Zélande ! Nous nous occupons entre films et jeux, mais les 3h15 de trajet passent vite et nous arrivons déjà à Auckland. De grandes collines vertes entourent l'aéroport, ce cadre sympathique nous donnerait bien envie de partir à la découverte de ce pays. Nous devons quitter l'avion pendant deux heures, les équipes de nettoyages doivent le préparer pour le long voyage qui l'attend. En sortant, nous constatons que certaines places sont extrêmement sales. Bien que nous ne soyons plus surpris, cela nous dépasse...
De nouveau passage des contrôles, où Manu a encore droit au papier frotté dans son sac, puis nous gagnons l'espace de transit. Le temps passe rapidement, et nous remontons déjà à bord de notre Boeing tout beau tout propre, avec cette fois-ci sur nos sièges un pack contenant une couverture pour la nuit. Enfin, sur tous les sièges sauf celui de Manu. Lorsqu'il en demande un à l'hôtesse, cette dernière paraît surprise et part en chercher un autre. Mais c'est sans compter d'autres passagers qui l'arrêtent et divulguent les voisins fautifs qui avaient voulu récupérer un kit supplémentaire (sûrement pour chez eux). Dans quel monde vit-on ?
Nous décollons, il est 11h30, et ceci est notre dernier vol avant d'arriver à destination. Le vol se passe tranquillement, entre repos, films, jeux, musiques, ponctué par un dîner puis un petit déjeuner. Le décalage horaire, tellement important, nous fait perdre toute notion du temps. En effet, après 11h20 de vol depuis Auckland, nous arrivons à 13h55 à Santiago, soit officiellement deux heures plus tard... De quoi être déconnecté ! Au total, nous avons maintenant 10 heures de décalage horaire avec la Thaïlande.
Avant l'atterrissage, nous profitons des premières montagnes de la Cordillère des Andes, qui promet des paysages somptueux. Autour de l'aéroport situé à 475m d'altitude, on ne voit que des collines et montagnes désertiques avec une végétation aride peu dense. L'air est plus sec, c'est vraiment un gros contraste avec l'Asie !
Nous passons les douanes, et prononçons nos premiers mots d'espagnol. Même si nous avons regardé des filmes en espagnol dans l'avion, nous aurons besoin de quelques jours de transition pour oublier l'anglais et les mots appris dans les différentes langues asiatiques et pour réfléchir espagnol.
Nous récupérons nos sacs, fidèles au rendez-vous et mêmes dans les premiers ! Nous n'étions pas sûrs de les trouver après l'épisode de l'enregistrement des bagages. Nous changeons quelques dollars en pesos chiliens, car les frais imputés aux retraits dans les distributeurs des aéroports sont toujours extrêmement élevés.
L'aéroport est à 45 minutes de la ville, nous nous sommes donc renseignés sur Internet pour trouver le transport le moins cher pour rejoindre la capitale. Le bus local Turbus nous permet de nous y rendre pour seulement 4€ par personne, contre 21€ pour les mini-van, et on ne sait combien pour les taxis. Nous montons donc à bord, et sommes surpris par les carrefours des routes, si étroits que les branches frottent contre la carrosserie à chaque tournant. Nous arrivons au terminus des bus, à l'arrêt de métro « Universidad de Santiago ».
Le contraste avec l'Asie est saisissant : finie l'ambiance zen, ici tout le monde est beaucoup plus agité, les gens parlent bruyamment, un Chilien passe soudain devant nous en courant, coursé par cinq autres qui lui demandent de s'arrêter. Nous ferons attention à nos affaires... Mais le contraste le plus saisissant, c'est bien la population qui est beaucoup plus libérée : alors qu'en Asie on ne voyait pas un homme et une femme se tenir la main, ici des couples s'embrassent goulûment de partout, les hommes matent les fesses de toutes les filles qu'ils croisent, toutes les barrières sont levées. Nous sommes presque choqués, après avoir passé autant de temps en Asie.
Nous en profitons pour regarder les tarifs des bus pour les destinations alentours, afin de savoir ce qui nous attend. Nous avons réservé notre hébergement pour faciliter les premières nuits sur le continent, nous avons l'adresse avec nous ainsi qu'une photo du plan. Nous prenons le métro, sachant quelle direction prendre même s'il nous manque la station d'arrivée. Alors que la Chine est connue pour ses métros bondés où les gens sont poussés à l'intérieur, il y a bien plus de monde ici qu'on a pu en voir à Pékin.
Dans la rame, un Chilien vient nous proposer son aide et nous conseiller quand à l'arrêt où descendre, sans qu'on lui ait rien demandé. C'est vraiment gentil de sa part, cela nous évitera quelques kilomètres en plus avec nos sacs. Nous arrivons à la station Patronato, et un autre homme très serviable propose de nous montrer la bonne rue à prendre. Il aide en même temps une dame en portant sa poussette jusqu'en haut des escaliers puis nous accompagne dans la bonne direction. On peut dire que nos premiers contacts avec les Chiliens se passent plutôt bien !
Nous sommes cependant assez surpris par le fait que les Chiliens ne correspondent pas à un profil mais au contraire à différentes teintes de peau, des très mates à d'autres presque blancs. Ceci fait que nous passons totalement pour des Chiliens, enfin... jusqu'à ce que nous ouvrions la bouche pour parler ! Mais c'est vraiment agréable de passer inaperçu dans les rues !
Nous trouvons assez rapidement le Gnomo Hostal, facilement reconnaissable avec son mur entièrement peint en une immense fresque jaune couverte d'arbres, de personnages et de dessins en tous genres. Il faut dire que dans les rues du centre-ville un bâtiment sur deux est recouvert d'une fresque, sachant que les dessins n'ont de limites que l'imagination de leur artiste ! Cela donne une assez bonne image des rues de la capitale.
Nous avons trouvé deux lits dortoirs dans cet hostal qui correspond à une guest house en Asie, bien moins cher qu'un hôtel. Sachant qu'ici le budget n'est plus le même, il n'y a pas de petites économies ! En plus, les pièces communes sont de vrais lieux de rencontres et d'échanges, donc autant faire d'une pierre deux coups.
Nous posons nos sacs et partons nous balader, impatients de découvrir notre première ville sur ce nouveau continent. La ville ressemble sensiblement à nos villes françaises, le dépaysement est beaucoup moins grand. Nous recherchons un distributeur automatique, le premier ne fonctionnant pas nous incite à poursuivre notre visite du quartier et nous amène au Patio Bellavista, espace de restauration réputé de Santiago. Il est seulement 17h30, mais nous ne voulons pas rentrer tard car les dix heures de décalage et la nuit quasi blanche passée dans l'avion commencent à se faire sentir. Nous nous posons donc pour manger, dégustant une spécialité d'ici : des chorillanas, soit une assiette de frites de manioc, de bœuf émincé et d'oignons revenus. C'est assez bon.
Nous rentrons à l'hostal et nous nous couchons, il est 20h, nous sommes bien claqués. Il y a beaucoup de bruit, d'autres résidents font la fête, un couple bien chaud se trompe de chambre (mais s'en rend heureusement compte assez vite), nos colocataires sont peu discrets lorsqu'ils rentrent... Malgré tout, le marchand de sable nous emmène avec lui, marquant la fin du jour le plus long de notre vie.




















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