Koh Phra Thong, une île paradisiaque
- 11 mars 2016
- 7 min de lecture

« Prendre des vacances pendant ses vacances ». Cela paraît fou, improbable, et pourtant nous l'avons fait ! Quelques jours de soleil, sur une plage, de baignade dans l'océan indien. C'est sur Koh Phra Thong que nous avons décidé de nous rendre (merci Claire et Antoine pour le tuyau!), un vrai paradis préservé et presque désert. Voici un petit résumé de notre séjour sur cette île du 11 au 16 mars, dont les photos sont visibles sur nos albums facebook.
Tout d'abord, pour s'y rendre, nous avons pris le bateau depuis le port du Kuraburi, un trajet qui dure une heure. Mais pas le temps de s'ennuyer, car défilent devant nos yeux bateaux de pêcheurs, îlots de sable, arbres immergés, îles de différentes tailles dont la silhouette se dessine avec le soleil. Mais surtout, ce qui nous a le plus fasciné, c'est la mangrove à côté de laquelle nous sommes passés, un spectacle pour les yeux...
Ensuite, Mr Chuoi nous récupère et nous fait monter à l'arrière de son pick up, direction l'autre côté de l'île. Il n'y a que deux chemins bétonnés (juste la place des roues pour un véhicule) qui traversent cette île imposante et qui relient les trois villages entre eux. Pendant ce trajet, les paysages s'enchaînent sans se ressembler, et nous passons en effet du port aux vergers, puis aux forêts (soit de pins, soit d'arbres aux troncs blancs magnifiques qui poussent dans le sable), au mini-désert, aux dunes du Pilat recouvertes par un sable très blanc,... Et soudain, au milieu de nulle part, nous sommes en pleine savane, sur une plaine où ne pousse que des herbes jaunes hautes et sèches, au milieu desquelles sont disséminés quelques arbres parasols, et où on s'attend à voir surgir un lion. La diversité de ces paysages en une si petite surface est impressionnante.
Enfin, nous arrivons chez Mr Chuoi, qui gère les bungalow et un restaurant. C'est un pirate dans l'âme souvent torse nu et en lonjwi avec un bandeau dans les cheveux, fan de boxe thaï, la moitié du temps allongé dans son hamac. Sous ses airs de pirate se cache un homme très sympathique et honnête qui a donné une ambiance très conviviale à son affaire.
Son restaurant est à son image, avec des squelettes en carton accrochés, des drapeaux, des bateaux pirates miniatures, des coquillages, un vieux filets de pêche suspendu... Quand au bungalow, qui ne coûte que 500 baht la nuit (soit 14€ la nuit pour deux), il s'agit d'une petite maison sur pilotis construite en bambous qui comprend une chambre et une salle de bain. Dans la chambre, un matelas posé par terre est recouvert d'une moustiquaire, le plancher est constitué de lattes en bambou bien espacées pour évacuer facilement le sable (attention aux objets qu'on laisse tomber à travers!). Les geckos ont envahis les lieux et sont des compagnons de vie plutôt agréables. La salle de bain, quand à elle, est le lieu de rendez-vous des grenouilles qui viennent prendre leur douche avec nous. A seulement 200 mètres du bungalow se trouve l'accès à la plage déserte où deux petites îles nous font face, à 300 mètres de là.
Difficile de croiser du monde sur cette île ou il n'y a quasiment personne ! En effet, on peut aisément compter sur les doigts d'une main le nombre de personnes rencontrées dans la journée, et cela même en se baladant. Si cette île est si peu touristique, c'est que le gouvernement a eu la volonté de classer la zone en parc national. De peur de voir leur zone de pêche réduite, les pêcheurs se sont battus pour contrer cette volonté. Cela a pris du temps, et l'évolution touristique qui aurait dû prendre a été stoppée. C'est pour cela que l'on trouve par exemple cette île dans le magazine Géo, qui aime mettre en avant des trésors de la nature encore préservés.
Un bateau de pêche échoué, une rame cassée, des noix de coco dans le sable, on se prend vite pour Robinson Crusoé perdu sur son île. Manu a d'ailleurs déposé un brevet pour sa méthode d'ouverture des noix de coco avec ce qu'on trouve dans la nature : étape 1, inciser les fibres avec des coquilles vides trouvées par terre, étape 2 utiliser une souche d'arbre pour extirper la noix de coco de sa coque protectrice, étape 3 percer deux trous dans la noix avec une branche dure pour en aspirer le lait, et enfin étape 4 taper la noix sur un rocher pour la casser en deux, ce qui fera le bonheur des crustacés qui en sont friands ! Le tout sans se faire de bobo, c'est éblouissant.
Lorsque nous avons besoin de nous restaurer, Mr Chuoi sait dévoiler ses talents culinaires, tout comme la maison d’écotourisme qui nous a fait saliver avec ses bananes au lait de coco ou encore ses bananes frits à tremper dans du miel ou du chocolat. Les plats sont typiques et très bons, même si nous aurions aimé déguster du crabe (il y en a de partout ici), et parfois nous sommes leurs seuls clients. Beaucoup d'hébergements (bungalows, tentes, villas) sont proposés par ces restaurants mais la plupart restent inoccupés. Il faut dire que nous ne sommes pas non plus au plus fort de la saison.
Pendant les quelques jours passés ici, en plus des moments farniente, lecture, musique, baignade dans de l'eau bleu turquoise transparente à presque 30° et autres qui sont presque indissociables du mot vacances, nous sommes partis à la découverte de l'île, de sa faune et de sa flore qui sont des plus fascinants.
Tout d'abord, si nous nous limitons à la plage, nous pouvons observer des kilomètres de sables longeant une lisière de pins ou de cocotiers, ou parfois la mangrove sur certains rivages impénétrable même en enjambant les racines de palétuviers émergées. La marée est impressionnante ici puisque tous les matins et tous les soirs l'eau est au plus bas, à hauteur de genoux, alors que nous n'avons pas pieds dans l'après-midi, et attention au courant ! Sur la plage, lorsque l'eau est basse, des milliers de petits crabes transparents creusent des galeries dans le sol et extraient des boules de sable qu'ils déposent les unes à côté des autres en dehors du trou. Cela créé des centaines de formes géométriques plus belles les unes que les autres.
Un peu plus loin, de plus gros crabes noirs courent sur les rochers, à côté de trous d'eau où sont visibles oursins, poissons jaunes et noirs, anémones ou encore coraux bien vivants. Sur le sable, des dizaines de bernard-l'hermite se promènent, ayant récupéré des coquilles de toutes formes et de toutes tailles. Puis sont également visibles des coquillages de toutes sortes, et même une coquille de nautile, des concombres de mer, quelques algues et plantes étranges, de nombreux débris de coraux morts, des plantes grasses qui recouvrent le sol...
Lorsque l'eau se retire avec la marée basse, ce sont les ruissellements qui créent cette fois-ci sur le sable des motifs faisant penser à d'immenses arbres gravés dans le sol très limoneux. Des oiseaux magnifiques volent d'arbres en arbres, certains noirs ayant une queue qui se divise en deux parties, et le plus beau d'entre eux étant une sorte de toucan, le calao.
Des singes se sont aussi appropriés les lieux, cassant des coquillages avec des cailloux, tranquillement assis en groupes sur des rochers. D'autres animaux, y ont laissé leurs traces, qui font penser à de gros cochons sauvages, mais nous ne les aurons pas vu de nos propres yeux. Enfin, pour le plus grand bonheur de Charlène, ce sont de magnifiques et énormes lézards qui creusent des galeries dans le sable que l'on peut croiser à toute heure de la journée. Peu sauvages, l'un deux se sera même laissé caresser !
Quant à la végétation le long de la plage, il s'agit bien sûr d'une grande forêt de pins, de rangées de cocotiers, mais aussi de deux collines arborées sur lesquelles on peut grimper, à l'aide d'une corde. D'en haut, on y observe sur l'une une maison dans les arbres, sur l'autre un point de vue sur les eaux transparentes avec un panneau d'observation des tortues à remplir si l'on en voit une.
Le sable de la plage, selon les endroits, peut être gris, marron ou encore blanc éclatant.
Juste en face de la plage enfin, ce sont deux petits îlots magnifiques, chacun doté d'un petit morceau de plage de quelques mètres absolument désert. Nous sommes allés à la découverte de ces îles en kayak, découvrant à l'arrière de ces dernières des grottes abritant des centaines de chauve-souris. Malheureusement, le fort courant nous aura empêché d'y entrer pour les compter.
Selon les heures de la journée, la plage de l'île la plus au Nord n'est pas accessible, les nombreux rochers étant émergés par la marée basse. Actuellement la saison de plongée est terminée, au grand désarroi de Charlène.Nous avons donc pris avec nous masques et tubas pour une initiation au snorkeling. Et à partir de là, c'est un moment tout simplement magique que nous vivons dans ce monde du silence : des poissons bleu, d'autres zébrés noir et blanc, ou encore avec une tache jaune sur la queue et un motif orangé sur le corps, des poissons très longs et fins, d'autres tous petits qui se reposent sur leurs nageoires de devant... Il y en a tellement qu'on ne saurait tous les citer. Soudain, nous nageons au milieu d'un banc de poissons de 5 cm comptant plusieurs milliers d'individus, devant nous, à droite, à gauche, dessous, nullement perturbés par notre présence mais réagissant d'un mouvement commun à chaque déplacement comme s'ils n'étaient qu'un. Enfin ce sont aussi anémones et coraux de toutes les couleurs et de toutes formes, des murènes dont on ne voit que la tête, des crabes et des crustacés, ces derniers appréciant particulièrement de se faire bronzer sur nos serviettes. L'eau transparente nous permet de voir loin, et nous nous laissons flotter au gré du courant. Après une course-poursuite avec des poissons fins triangulaires plats de trente centimètres de côté, rayés jaune, noir et blanc, ou des poissons au corps allongé, c'est une méduse gigantesque bleue qui attire notre attention. Nous en prenons plein les yeux, nous n'aurions pu rêver d'un meilleur site pour une première virée en snorkeling.
Les jours passent et se ressemblent, mais toutes les bonnes choses ont une fin et après cinq jours passés sur cette île paradisiaque nous prenons le chemin du retour à la réalité direction Bangkok, où un vol pour Santiago du Chili nous attend...




















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