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Au revoir, Myanmar adoré

  • 9 mars 2016
  • 6 min de lecture

Il est 4h du matin, il fait encore bien noir dehors, mais l'assistant du chauffeur nous réveille pour nous dire qu'on est arrivés. Nous devions arriver à 5h, mais nous ne sommes pas surpris car les agences de bus de nuit rajoutent toujours une heure. Qui aurait envie de prendre un bus qui arrive à 4h, ou encore pire, à 2h du matin comme cela est arrivé à d'autres voyageurs ?

Il est tôt, comme dirait Manu ça pique un peu les yeux, mais nous avons été déposés au centre ville et nous reconnaissons rapidement les lieux. Un pont à traverser, et nous arrivons au pied de notre ancien hôtel. Nous savons que la station de bus est à quelques kilomètres de la ville, et comme nous avons le temps et qu'il fait encore frais, nous en prenons la direction à pieds.

Nous commençons à marcher, mais sommes accostés par un homme, juste devant le point relais de la gare routière où nous avions acheté nos billets la dernière fois. Et oui, la ville est déjà bien animée, même si tôt. Il nous explique que le bus que nous souhaitons prendre passe en ville avant de se rendre à la gare. C'est parfait, nous attendrons donc ici.

Il nous donne alors les prix des bus locaux à destination de la frontière et des taxis partagés, très utilisés ici (sorte d'espace à huit places). Le taxi partagé est légèrement plus cher, mais il nous garanti d'arriver à Myawaddy avant la fermeture du poste de frontière, ce qui n'est pas négligeable. Nous achetons nos billets et n'avons donc plus qu'à attendre le départ à 6h30.

Pour passer le temps, nous nous rendons au café de l'autre côté de la route et prenons un petit-déjeuner pour seulement quelques kyats. Il est 6h, la voiture est déjà là. L'homme de ce matin a convaincu un couple de jeunes israéliens de prendre la voiture avec nous au lieu du bus. Cela nous arrange, nous partons plus tôt.

Une fois installés, nous partons en direction de la gare routière, où nous changeons de chauffeur. Ce dernier a l'air sympathique, mais il ne parle pas anglais, c'est dommage. Les Israéliens occupent le siège passager à l'avant et la banquette du milieu, nous nous sommes installés à l'arrière.

Sur la route, un peu partout lorsque nous traversons villes et villages, nous assistons devant les collèges ou lycées à de grands rassemblements d'étudiants en uniformes (lonjwi vert sombre et chemise blanche). Ce la nous rappelle ce qu'une birmane nous avait dit hier, il s'agit des grands examens de fin d'année. Devant le portail des établissements, des feuilles affichées indiquent probablement la répartitions des élèves dans les salles. Particularité observée, ce sont tous les parents qui campent devant les écoles, assis dans les talus autour de l'établissement. Ce n'est pas chez nous que nous pouvons voir ça !

Nous passons un péage, et ne pouvons nous empêcher de sourire comme toujours dans cette situation. En effet si les birmans roulent à droite, ils achètent cependant leur véhicules en Thaïlande, où ils roulent à gauche, avec des volants à droite. Les péages récemment construits se sont adaptés et les cabines sont donc malgré tout installées à droite, côté chauffeur. C'est assez déroutant !

Après une courte pause café, nous profitons des paysages toujours aussi agréables à regarder. Nous traversons Thaton, une ville que nous découvrons brièvement, puis rejoignons Hpa An, la première ville birmane à nous avoir accueillie, où nous déposons nos deux Israéliens.

Nous prenons un birman sur la route, et déposons ce dernier trente minutes plus tard, après nous être arrêtés sur la route pour qu'il achète un bidon d'essence. A son départ, notre chauffeur replie alors la banquette du milieu, nous permettant de déplier nos jambes au maximum. Nous avons encore deux heures de trajet, c'est la grande classe !

Nous poursuivons la route, avec parfois quelques petites frayeurs même si dans l'ensemble notre conducteur roule prudemment. Nous observons quelques accidents sur ces routes étroites, il y a beaucoup de monde qui y circule, et de façon très hétérogène : camions, voitures, tuk-tuk, scooters, charettes... Nous comprenons alors pourquoi les bus roulent autant de nuit avec des horaires aussi décalés, arrivant parfois à destination à 3h du matin. Ils évitent la circulation (surtout les scooters ou tuk-tuk qui roulent n'importe comment), ne perdent pas de temps à doubler les charrettes et les buffles...

Il est midi, nous faisons une pause repas dans un boui-boui au bord de la route. Cela est l'occasion de déguster un dernier curry birman, spécialité du pays ! Nous repartons, et arrivons à la portion de route de montagne, sinueuse mais récemment goudronnée et très propre. Nous doublons de nombreux camions en panne dans les côtes, leur chauffeur allongé sous leur véhicule pour le réparer, mais surtout des dizaines et dizaines de Toyota, quasiment toutes les mêmes, énormément chargées (autant à l'intérieur que sur la galerie) et décorées de stickers identiques. Cela ressemble fortement à un rallye pour acheminer du matériel, de toutes sortes, et rappelle donc à Charlène des souvenirs du 4L Trophy.

Nous nous arrêtons de nouveau, mais cette fois-ci à un Car Wash birman. Tout est fait à la main : une femme met du savon, un homme frotte et un autre encore mouille et rince avec son jet. Nous restons à l'intérieur, c'est assez drôle à regarder. Nous reprenons de nouveau la route, le chauffeur s'arrêtant parfois à un magasin pour mener sa vie.

Il est 14h15, nous atteignons enfin la frontière de Myawaddy. Nous cherchons une supérette pour faire quelques courses alimentaires (nous ne sommes qu'à la moitié du trajet total !) puis trouvons pour échanger nos quelques kyats restants contre des bahts.

Nous entrons au poste de frontière, remplissons une carte de sortie de territoire, puis recevons un tampon de plus sur la collection qui commence à se former dans notre passeport. Mais il est rond cette fois-ci, nous avons enfin toutes les figures géométriques de base ! Et oui, il ne faut pas grand chose pour nous rendre heureux.

Nous quittons le Myanmar, enchantés par ce pays et qualifié de "grand coup de coeur de notre voyage" avec beaucoup de souvenirs en tête tels les rameurs au pied du Lac Inlé, la gentillesse des birmans....

Nous traversons le pont, arrivons au poste de frontière thaïlandais, et remplissons de nouveau une carte d'entrée. Pas de Visa, le séjour de 28 jours est gratuit ici. Nous profitons de la deuxième entrée possible pour un intervalle aussi réduit. Nous cherchons un tuk-tuk pour nous emmener à la gare, nous en trouvons rapidement un, rempli de locaux, qui s'apprête à partir. Mais en Asie, n'oublions pas que quand il n'y a plus de place il y en a encore... C'est ainsi qu'un homme laisse sa place assise à Charlène (il faut dire que nous sommes bien chargés) afin de se tenir en équilibre debout à l'arrière. Pour Manu, ce ne sera pas la même : il devra se tenir sur le marche pied arrière, en se tenant à l'échelle qui mène à la galerie, avec son gros sac sur le dos ! Il est super fier !

Il est 15h, nous voilà en gare routière de Mae Sot. Le bus de nuit pour Bangkok partant à 18h30 est plein, nous prendrons donc celui de 21h30. Et là commence les six heures d'attente, avec presque 24h de trajet derrière nous et encore bien autant devant. Pas de douche à disposition, c'est dommage elle aurait été la bienvenue.

Manu a trouvé une tâche qui devrait lui prendre pas mal de temps : coudre une pièce de tissu, récupérée sur son ancien petit sac à dos dont la fermeture avait lâché, sur le dos de sa banane contre-peau où il range ses documents importants, laquelle est bien usée. Bientôt, nous serons en Amérique du Sud et elle sera bien plus indispensable qu'ici, la sécurité n'étant pas la même sur l'autre continent.

Pour Charlène, l'attente passe plus lentement : un peu de lecture, mais il fait dans la gare une chaleur étouffante, un peu de marche et enfin la rencontre agréable de deux retraités français, lui anciennement vétérinaire rural en Mayenne puis canin dans la région parisienne, et elle son assistante, qui ont commencé à voyager il y a huit ans, et qui partent chaque année dans un nouveau pays d'Asie. Ils nous parlent beaucoup de l'Inde et du Népal, ils sont très simples et forts sympathiques. Eux partent pour Bangkok via le bus de 18h30.

Le temps continue de défiler, toujours aussi paresseusement, puis à 20h30 la guichetière vient soudain nous voir : notre bus est prêt ! Bizarre... Enfin nous comprenons vite que nous avons oublié de tenir compte du décalage horaire entre le Myanmar et la Birmanie, il est donc 21h. Nous nous installons, le prix du bus étant peu élevé nous ne sommes pas surpris du manque de confort pour y passer la nuit. Nous ne sommes plus à ça prêt...

Il est 21h15, tout le monde étant là nous partons. Et là, c'est Noël avant l'heure : Charlène est trop contente car Jurrassik World est diffusé à la télévision. Les paroles sont en thaïlandais, mais elle connaît toutes les répliques alors même pas grave !

 
 
 

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