On va voyager à la Philéas Fogg
- 8 mars 2016
- 3 min de lecture

Nous préparons nos sacs, nous imaginant déjà les pieds dans le sable de l'océan indien, sur l'île de Koh Phra Thong. Au Myanmar, les plages sont vite devenues pour certaines inaccessibles (80$ la nuit minimum à certains endroits), aussi nous préférons parcourir pas mal de kilomètres d'affilée pour aller en Thaïlande.
Nous prenons notre petit-déjeuner, payons nos trois nuits en dollars (il nous en reste toujours un peu sur nous) pour éviter un petit retrait qui engendrerait beaucoup de frais. Ils n'acceptent dans le pays que les billets parfaitement neufs, ni pliés ni cornés, ce qui est le cas de ceux que nous avons sur nous. Ouf ! Nous rigolons avec la réceptionniste, complètement délurée, puis libérons la chambre et posons nos sacs à l'entrée.
Nous retournons manger au restaurant d'hier soir, en évitant de commander un plat qui ne soit pas traduit en birman. En effet, le cuisinier est seul aujourd'hui, et nous le sentons un peu stressé, même s'il ne veut pas le montrer. Il est très attentionné, demande régulièrement si nous aimons, il faudrait qu'il prenne confiance en lui. Il a de nouveau dû oublier une recette car nous le voyons passer à côté de notre table tranquillement puis, pensant être hors de portée de notre regard, il se met soudain à courir en direction de sa maison. La scène est assez drôle. Nous sommes de nouveau les seuls clients, il serait vite débordé si le monde affluait.
La femme d'un des gérants vient nous parler, et nous explique que son fils a un examen demain. Elle lui apporte justement un uniforme (lonjwi vert sombre et chemise blanche) qu'il essaie sur la terrasse. Notre repas terminé, nous repartons.
Nous passons alors devant un salon de coiffure, et comme nous avons un peu de temps à passer, Charlène souhaite se faire couper les cheveux qui ont bien poussé. Avec cette chaleur, ce n'est pas l'idéal. Il n'y a qu'une cliente dans le salon, Charlène s'installe donc sur une fauteuil allongé, au bout de la salle, où une employée lui fait un shampoing. Ce dernier est toujours accompagné ici d'un massage assez fort de la tête, de la nuque, des épaules et des bras. C'est plutôt agréable.
Ensuite, la gérante la prend en main et l'installe dans un fauteuil face au miroir, le salon étant assez semblable à ceux qu'on a chez nous. Elle lui demande la longueur désirée et pour mieux se faire comprendre elle lui présente un livre de coiffure. Charlène lui montre la longueur sur l'une des têtes, et c'est parti. Ici c'est un peu différent ils sèchent les cheveux avant de les couper.
En réalité, Charlène comprendra un peu tard que la coiffeuse a cru qu'elle voulait la même coiffure que dans le magazine, et ce sera donc... un carré plongeant ! Ce n'est pas vraiment l'effet attendu, mais ce sera toujours mieux que des cheveux longs avec cette chaleur et Manu trouve que le résultat est assez plaisant.
Pendant tout ce temps, Manu s'est installé dans un des fauteuils de l'espace d'attente et regarde avec les enfants de la gérante des épisodes du dessin animé « Nasha et l'ours ». C'est assez drôle !
Nous retournons à la guest house, et patientons au frais dans les sièges en osier de la réception. Autour de nous, une montagne de gros sacs a envahi l'espace : les sacs de ceux qui prennent le bus ce soir, mais aussi de ceux qui arriveront après leur trek depuis Kalaw. Nous consultons quelques livres parmi ceux mis à disposition, dont le guide du routard « Gépalemo », un imagier plutôt bien fait permettant de montrer sous forme de dessin tout ce qu'on peut avoir à demander en voyage.
Nous discutons avec d'autres voyageurs de passage, dont un trio dont l'entente n'a pas l'air d'être au beau fixe. A 17h10, notre tuk-tuk arrive pour nous emmener à la gare routière. Nous prenons du monde au passage, tellement que la mobylette qui doit tracter tout ce poids a du mal à avancer. Heureusement qu'ici tout est plat !
La gare routière est très loin de la ville, nous y arrivons finalement à 17h50 et montons directement dans le bus qui est déjà stationné. Nous croisons une hôtesse très adroite en tailleur rouge et talons aiguilles dans le sable du Myanmar. Plutôt osé !
Il est 18h, nous partons. Sur le bord des routes, de petits incendies illuminent la nuit, de part et d'autre de la forêt, pratique courante ici pour brûler les herbes.
Nous commençons alors notre course contre la montre pour rejoindre au plus vite les plages de l'océan indien et ainsi en profiter au maximum, tels des Philéas Fogg dans Le Tour du monde en 80 jours de Jules Verne.




















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