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Une journée faite d'imprévus mais très conviviale

  • 6 mars 2016
  • 7 min de lecture

Il y a des journées pour lesquelles on ne sait pas comment elles vont se remplir, mais qui au bout du compte deviennent inoubliables tellement le hasard des rencontres peut offrir de véritables trésors. Cette journée en fait partie...

Nous faisons de nouveau ce matin le plein d'énergie avec un petit-déjeuner bien copieux : œufs, bananes, toast, beurre et confiture, café ou thé. Nous louons ensuite pour la journée deux vélos de la guest house, et prenons la route. Nous souhaitons trouver un endroit où donner les 150 stylos apportés par Patricia. Les écoles birmanes étant fermées pour cause de vacances d'été, nous avons pensé aux monastères qui forment de nombreux jeunes chaque année et acceptent toutes sortes d'offrandes. Or sur la route qui longe le lac à l'Est est indiqué le monastère de Mya Thein Tan. Nous nous y dirigeons donc, espérant par la même occasion y rester quelques heures pour méditer.

Sur la route, nous pouvons observer des plantations de cannes à sucre, en pleine récolte, ainsi que de fruits du dragon, plantes grimpantes poussant sur des piliers en bétons installés à intervalles réguliers. Les paysages sont très beaux, même si nous ne distinguons pas le lac car la zone marécageuse qui nous en sépare est immense,mais pas de trace du monastère malgré les kilomètres qui passent.

Un jeune birman arrive alors à vélo à nos côtés, et entame une discussion avec ses quelques bases d'anglais. Nous nous arrêtons sur le côté pour faciliter l'échange. Le monastère que nous recherchons est justement celui de son village, il nous explique qu'il est fermier et souhaite nous montrer son exploitation. Nous prenons alors un chemin de terre pour le suivre et arrivons devant chez lui. Autour, seulement quelques maisons et quelques champs.

Nous posons nos vélos, et les verrouillons grâce au système d'anti-vol intégré parfaitement bien pensé (n'avons-nous pas ça en France?). Nous passons entre les champs labourés, notre jeune guide nous montrant lesquels appartiennent à sa famille et les quels sont ceux de son oncle. Nous apprenons aussi qu'ici, ce ne sont pas les buffles qui ont travaillé la terre mais une machine.

Nous arrivons ensuite au bord d'un petit canal étroit, d'un mètre de large, qui sillonne au milieu des marécages. Au loin, nous apercevons un bourg, il s'agit de la plus grosse partie de son village, là où se situe le monastère, et elle est accessible uniquement par bateau. Il propose de nous y emmener, nous réfléchissons puis acceptons.

Nous embarquons, la pirogue tangue un peu, et progressons tant bien que mal dans l'espace sinueux laissé par la végétation. Nous passons au milieu des roseaux, des jardins flottants, observons les aigrettes passer au-dessus de nous. Le passage devient alors de plus en plus large, et nous arrivons finalement au village sur pilotis, composé de maisons disparates, les unes en bois, les autres en bambous, certains sur un étage et d'autres encore voulant se rapprocher du ciel.

Un couple est en train de laver un bébé dans sa pirogue, un peu plus loin cela se fait dans une bassine sur le plancher de la maison. Les enfants font coucou sur leur passage, et notre guide nous fait alors descendre au bord d'un monticule de terre qui mène selon lui au monastère du village.

Or il s'avère que juste à côté de ce dernier s'est installée l'école du village, et qu'aujourd'hui maîtresses et enfants sont de sortie. En effet demain aura lieu une grande fête de remise de prix aux enfants les plus méritants, avec lots à la clé, et cette journée annoncera pour ce village le début des vacances scolaires.

Nous demandons pour visiter l'école, notre guide nous emmène avec plaisir dans ce lieu où il a grandi et nous présente aux quelques institutrices présentes. L'école est composée d'une unique salle de classe, qui a été complètement vidée pour la fête de demain, et dont cinq tableaux blancs s'alignent côte à côte sur toute la longueur du mur. Dans le fond de la salle ont été rangées les cloisons amovibles d'environ un mètre cinquante de haut qui servent à compartimenter l'unique salle de classe en cinq espaces avec chacun son tableau. Des posters pédagogiques sont affichés sur les planches des murs.

Les institutrices sont occupées sur l'estrade à préparer les lots, nous en profitons donc pour leur offrir les stylos dont, nous le savons déjà, ils feront usage. Cette école au milieu des marais n'est accessible que par pirogue, ils ne doivent pas avoir de visite tous les jours.

Un groupe d'une dizaine d'enfants en uniformes (lonjwi vert sombre et chemise blanche), assis au bord de l'estrade, nous observe. Nous nous approchons, échangeons nos prénoms, puis leur demandons de nous apprendre à compter jusqu'à dix en birman. Ils en sont très fiers ! Nous sortons ensuite notre livret de présentation, et tous viennent s'asseoir autour de nous, complètement captivés et silencieux, aussitôt rejoints par les maîtresses elles aussi curieuses.

Nous les laissons ensuite à leurs préparatifs et suivons notre guide au monastère. L'unique moine qui occupe les lieux vient du Sud du pays. Comme tous les moines bouddhistes du pays, il est nourri par les villageois qui cuisinent chaque repas pour lui. Nous assistons ainsi à son repas, les enfants du village lui apportant assiette sur assiette, constituant un véritable festin. Face à sa table, la télévision est en marche. Il y a quand même plus malheureux !

Dans le temple assez sommairement édifié tout en bois sont présents des bouddha et un tapis au centre qui permet de prier. A côté d'un bouddha on été posés des trophées, nous apprenons qu'il s'agit d'une grande compétition sur le lac Inle où les différents villages s'affrontent dans une course de vitesse en ramant au pied, de façon traditionnelle. Chaque bateau comprend cent hommes, et tous doivent coincer la rame avec leur jambe et ainsi avancer à l'unisson. Ce village a été vainqueur ces deux dernières années, d'où les trophées. Notre guide nous apprend fièrement qu'il fait partie de l'équipage. Par la fenêtre, nous pouvons d'ailleurs observer le fameux bateau du village.

Il est midi, notre hôte nous indique une maison du village où on y mange très bien. Nous avons le temps et sommes bien ici, aussi nous acceptons avec plaisir. Nous reprenons la pirogue, croisons quelques embarcations où des enfants en bas âge mènent leur vie, puis débarquons dans une maison. Il ne s'agit pas du tout d'un restaurant mais bien d'une habitation où une jeune mère propose de cuisiner pour gagner un peu d'argent. Les habitants ne disposent pas de beaucoup de moyens ici, c'est donc une bonne initiative.

Nous montons à l'étage de cette maison en bois et nous installons par terre sur une paillasse, autour d'une table basse. La pièce, très spacieuse, est presque vide si ce n'est quelques autels bouddhistes au mur et une machine à coudre traditionnelle dans un coin.

Nous commandons quelques plats, et discutons avec notre guide. Il a été salarié pendant un an dans un grand hôtel sur le lac Inle (proposant des nuits entre 200 et 600$) mais son faible niveau d'anglais et le stress de se faire taper sur les doigts par son patron l'ont vite fait déchanter. Il préfère maintenant travailler avec son père aux champs, c'est beaucoup plus tranquille. Nous échangeons sur nos modes de vie respectifs, l'échange est riche. Nous apprenons enfin que si le homestay (nuit chez l'habitant) ne se développe pas ici, c'est que le gouvernement s'y oppose. Il serait difficile de bien localiser les touristes ici, et peut-être aussi de collecter la taxe liée à ce service.

Nous mangeons, puis reprenons le chemin du retour, qui ressemble à s'y méprendre aux Everglades de Californie que l'on voit à la télévision dans une émission sur la saison de chasse aux alligators. Nous reprenons nos vélos, direction la guest house, le soleil tape fort en cette heure.

Connie nous a envoyé un mail dans lequel elle nous propose de l'accompagner voir le coucher du soleil au Red Mountain Estate Winery. Nous ne savons pas trop ce que c'est ni où c'est, mais cela nous tente bien. A 16h30, nous enfourchons de nouveau nos vélos et récupérons Connie à sa guest house. Nous trouvons facilement le lieu, bien indiqué, situé à 20 minutes de la ville.

Il s'agit d'une propriété, tout en haut d'une colline, qui possède un vignoble et propose des dégustations de vin. L'endroit est très connu pour ses couchers de soleil. Nous posons nos vélos au pied de la colline, puis observons en montant le chemin les rangées de ceps sur fil. Une pancarte en bois a été plantée pour indiquer le cépage planté devant nous : « Sauvignon blanc ».

Il y a de nombreuses tables en bois à l'extérieur, dont beaucoup sont déjà occupées, nous nous installons. Nous dégustons chacun un verre de vin blanc du lac Inle, qui s'il n'est pas exceptionnel s'avère tout à fait correct, puis nous nous partageons quelques verres d'autres productions locales : un verre de Sauvignon blanc, vraiment très bon, un verre de muscat sec, qui n'égale pas le nôtre, un verre de « récolte tardive », très agréable en bouche, et enfin un verre de vin rouge Shiraz-tempranillo, très rapeux, bien loin d'égaler un Chiroubles ou un Fleurie « Clos de la Tour ».

Nous discutons tranquillement avec Connie, profitant du coucher de soleil sur les vignes, puis partons sans tarder car 20 minutes de vélo nous attendent et nous n'avons qu'une lampe pour trois avec nous. Nous arrivons en ville, il fait déjà bien nuit. Nous mangeons tous trois dans un petit boui-boui puis rentrons.

La journée s'est révélée pleine de surprises et de découvertes, il faut parfois savoir ne rien prévoir et se laisser guider. De bons moments à garder en mémoire, comme l'image du coucher de soleil sur les vignobles du lac Inle avec un bon verre de vin à la main. Insolite et inoubliable...

 
 
 

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