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Aller sans retour en terres du lac Inle

  • 2 mars 2016
  • 7 min de lecture

* Texte inspiré des aventures du Seigneur des Anneaux de Tolkien

TOME I : La communauté de Kalaw

Nous nous levons, nos sacs sont déjà bouclés. Nous apprécions notre premier petit-déjeuner inclus, qui s'avère être une crêpe à la banane et à la confiture de fraise accompagnée d'un café. Miam ! Nous prenons ensuite la route du Sam's Family Restaurant, point de départ du trek de trois jours qui nous attend. Il y a beaucoup d'agitation, plusieurs groupes se préparent, une partie réalisant le trek sur deux jours. Nous sympathisons d'ailleurs avec un français qui en fait partie.

Notre groupe, quant à lui, comprend finalement sept participants, ce qui nous assure à la fois le prix minimal et à la fois davantage de belles rencontres. Nous faisons rapidement la connaissance de Connie, une américaine avec qui nous partagerons les trois prochaines journées. Les personnes arrivent petit à petit, et les sacs étiquetés pour être acheminés aux différents hôtel d'arrivée, à Nyaung Shwe, sont rangés avec soin.

Nous faisons la connaissance de l'Oncle Sam, le gérant, au visage marqué et au sourire bienveillant. Il est le premier de la région à avoir proposé les premiers treks, alors que maintenant nous pouvons trouver des dizaines d'agences qui se partagent le business dans cette petite ville de Kalaw. Alors qu'il a commencé à être guide à 21 ans, il en a maintenant plus de 60 et s'occupe de la logistique avec une quarantaine de guides sous son aile.

Nous faisons ensuite la connaisance de Nam Twue, notre jeune guide de 21 ans, ainsi que celle de Mobi, notre cuisinier pour le périple. Nous nous réunissons et nous présentons aux autres. Ça y est, nous formons la Communauté de Kalaw. A neuf nous vaincrons les périples et les dangers pour arpenter les terres du lac Inle et découvrir par la suite une paix et une beauté des lieux qui nous ont été si souvent contés. La communauté est hétéroclite, une bien drôle d'association où Français, Américains, Japonais et Suédois se côtoient.

Ainsi nous retrouvons dans cette communauté Yasming, japonaise très discrète, peu bavarde, petite et fine mais avec un appétit comme nous le verrons plus tard à épuiser les plus grandes tables des plus grands rois. Elle sera le Gimli de notre communauté.

Connie, l'américaine du Montana, voyageuse invétérée qui aime faire partager ses découvertes et ses expériences déjà vécues au Myanmar à deux reprises, et ainsi expliquer la culture du Myanmar : c'est la Gandalf de notre expédition.

David, l'américain de San Fransisco, se révèle être un jeune camarade assez plaisant, de bonne compagnie. Ce sera notre Boromir.

Ensuite, c'est un duo de suédois, Frederic et Martin, actuellement en études à singapour, l'un deux un peu plus fou que l'autre, mais tous deux curieux de beaucoup de choses. Merry et Pipin peuvent se rassurer, ils sont très bien représentés.

Puis vient Nam Twue, notre guide féminine locale, peu expansive en mots ou en explications, mais qui repère au loin les pièges et les bonnes places pour s’arrêter. L’œil vif comme l'ont les elfes, elle est immanquablement notre Legolas.

Mobi, qui se déplace en scooter au milieu des campagnes pour préparer nos repas mais également nous soigner en cas de besoin, le fait si furtivement qu'il ne peut que nous faire penser à un rôdeur, Aragorn.

Mais l'aventure ne serait pas complète si on ne parlait pas des deux français sans lesquels ce blog n'existerait pas. Ainsi nous retrouvons notre Frodon de Saint Pierre la Palud, toujours prête à avancer, même lorsque le mal qui rongera ses pieds par des ampoules la fera souffrir. Elle souhaite découvrir la terre d'Inle, ses gens, et rien ne l’arrêtera.

Rien n'est impossible accompagnée de Manu, son Sam, prêt à l'aider, qui s'il ne peut pas porter ses ampoules, peut la porter elle au besoin.

Cette compagnie prend alors lentement la route, marchant sur les pas laissés il y a bien longtemps par notre Bilbon Sacquet local, l'oncle Sam, resté à Kalaw car le temps est passé par là. Cette expédition en trois jours et deux nuits pourrait s'appeler : « Aller sans retour en terre du lac Inle ».

Ainsi nous, jeunes aventuriers, avançons peu à peu en direction du Sud, franchissant quelques collines boisées de pins dont les aiguilles sèches recouvrent le sol. Les zébus continuent de brouter sur notre passage sans se soucier des aventures que nous découvrirons.

Nous croisons un groupe de jeunes enfants, chevauchant aisément leurs buffles qui pourraient rendre jaloux les meilleurs cavaliers du Rohan. Ils les emmènent jusqu'aux pâturages, puis sautent soudain de leur monture dans une cascade époustouflante et finir le nez dans la poussière. Et oui, une partie de football les attend dans une rizière sèche en contrebas.

Nous traversons un sentier au milieu des rizières sèches, observons le système d'irrigation fonctionnel au moment des cultures. Notre guide nous emmène, avec quelques explications mais pas trop car comme on le sait le savoir obtenu auprès des elfes est grand mais ne se transmet pas à la légère, au bord du lac de la Eva Green Forest, où nous prenons une pause bien méritée.

Puis commence un chemin long et en pente qui s'enfonce dans la forêt birmane, sentier étroit qui suit le relief naturel des collines en direction des hauteurs, à la recherche d'un point de vue qui nous permette d'apercevoir le Mordor du lac Inle. Mais nous en sommes encore bien loin, et le point de vue de Nay Par Ly, auquel nous accédons après quelques heures de marche, nous permet seulement d'observer des collines de terre d'un brun rouge saisissant. Nous entrons sur les terres de feu...

Au sommet d'une colline au loin, un temple occupé par des moines domine l'ensemble, tel une cité forteresse du Gondor, sous laquelle sont cultivés en nombre orangers et plantations de thé vert. Sous chacun de nos pas un nuage de poussière s'élève, tellement la chaleur étouffante et le soleil ardent transforme la terre en sable. Nous croisons quelques clans sur le chemin, la route n'est pas la plus plaisante mais semble être la plus sûre.

Grands randonneurs dans l'âme, nous nous arrêtons pour le repas dans une taverne Népalaise qui domine toute la région, ainsi nous ne pouvons être pris à revers. Des chapatis (galettes typiques) ainsi qu'une mixture fort goûteuse constituent notre déjeuner. Une bonne ambiance règne pendant cet instant de partage, la communauté de Kalaw s'est soudée.

A côté de nous un couple de jeunes français, que nous retrouverons tout le long de notre quête, se refuse à répondre à nos bonjours ou à nos sourires. Nous faisons alors tout le contraire pour ne pas tomber sous l'influence de mauvais esprits.

Nous reprenons la marche, et observons les paysages divers et variés qu'il nous est donné de voir en traversant tout autant de régions. Nous effectuons une pause thé pour ne pas se déshydrater sous l'effet de la chaleur, en faisant attention que notre feu n'attire pas trop l'attention, puis nous traversons un village dans lequel sèche du curcuma, ingrédient local servant certainement dans la préparation de quelques potions.

Des enfants jouent dans la cour de l'école déserte, et oui nous sommes en pleines vacances d'été dans cette contrée. Ils nous surplombent, se tenant au-dessus d'un talus de trois mètres de haut, ce qui ne les empêche pas de sauter de plusieurs fois leur hauteur pour venir nous rejoindre.

Nous marchons toujours, motivés par notre quête, passant à côté d'un énorme caméléon bleu, puis de moines bouddhistes en scooters, de plantations d'orangers... Nous arrivons alors à une voix ferrée que nous décidons de longer sur plusieurs kilomètres, sans qu'aucun train ne soit en approche. Apparemment cette ligne relie Kalaw à Mandalay, mais permettez-nous d'en douter...

Nous croisons des villageois, femmes et enfants, qui suivent également cette foie ferrée mais en sens inverse, se rendant très certainement aux champs ou en revenant. Ils nous font incontestablement penser aux scènes d'exode rural étudiées dans nos ouvrages d'histoire, car il faut imaginer des groupes très disparate aux vêtements colorés et artisanaux marcher sur les rails, quelques sacs dans les mains, les enfants dans le dos.

L'ordre d'une nouvelle pause thé est donné lors de notre arrivée à la petite gare locale, puis nous reprenons la route, qui est loin d'être terminée. A partir de cet instant, nous enchaînons les petits sentiers au milieu des champs et des rizières, rencontrons peu de monde si ce n'est personne d'autre que des travailleurs. Nous nous enfonçons, chaque pas un peu plus, dans la culture birmane.

La lumière du jour semble également apprécier ce changement de cap et met ainsi à disposition ses meilleurs rayons pour nous faire partager ses secrets et ses richesses. Nous traversons des rizières en terrasse, aménagées à chaque jointure entre deux collines, ainsi que des champs de fleurs, d'ail, des cultures de gingembre, de piment...

Au loin s'étend une vallée verte recouverte d'ail, au dessus de laquelle trône un village en conquérant, auquel on accède par un long pont de bois. Un peu partout, des buffles paissent tranquillement. Nous sommes sur les terres de la tribu de Da Na, plus précisément au village de Taung Hla. C'est ici que nous allons bivouaquer pour la nuit, afin de reprendre quelques forces pour la suite de notre aventure qui nous attend.

Nous passons entre les maisons les plus basses du village, que nous remontons peu à peu. Un homme tresse des paniers, un enfant de trois ans s'affaire, très occupé par ses morceaux de bois et sa machette, des femmes se lavent en puisant de l'eau dans leur jarre extérieure,...

Nous faisons alors la connaissance des hôtes qui ont accepté de nous loger cette nuit, nous assurant ainsi toute la sécurité nécessaire sans qu'un tour de garde soit nécessaire. A l'étage, une unique grande pièce nous attend, dans laquelle ont été alignées contre le mur, juste devant un autel bouddhiste, sept paillasses et autant de couvertures. A l'entrée, une table basse ronde nous offre tout le confort nécessaire pour partager le copieux dîner qui nous attend.

Nous partons observer quelques scènes de vie au sein de ce tout petit village de colline, puis nous posons dans un carbet afin d'observer la baignade des buffles qui se délectent dans cette eau fraîche après une journée de dur labeur au soleil. Cette pause détente, qui clôture 9 heures de marche (pauses comprises) pour 22 km parcourus à travers le relief birman, est fort appréciable.

Nous rentrons, et dégustons le repas cuisiné avec amour par Mobi, chargé de nous redonner force et courage pour le lendemain. Nous mangeons avec appétit, toujours dans une ambiance de joyeuse camaraderie.

La douche à la cambodgienne est appréciée, malgré la nuit et le froid : un grand réservoir rempli d'eau dehors qui permet de remplir la casserole et ainsi s'asperger. La poussière et la transpiration de la journée nous ont rendus crasseux, aussi cette eau froide et pure est une bénédiction.

La nuit s'annonce froide, et les espaces entre les lattes de bois de notre masure nous font grelotter par avance. Nous sommes soulagés de la fin de la journée, chacun trouve aisément sa place. Ainsi couchés et fatigués des kilomètres parcourus, nous rions à imaginer quel ingrédient nous serions si l'ensemble des couchettes était en réalité un gros hamburger. Et oui, nous pouvons appeler cela un craquage...

Au lit, une grosse journée nous attend. Une musique se fait entendre dans une maison du village, nous apprendrons qu'il s'agissait d'un cours de danse, probablement abondamment arrosé de cervoise tiède...

 
 
 

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