Un marché authentique
- 24 févr. 2016
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Nous bouclons nos sacs, et quittons la guest house. Il est 9h15, nous nous rendons au guichet des bus (petit stand extérieur où nous avons acheté les billets la veille). Une jeune fille et un jeune homme sont à l'accueil, ils nous mettent à disposition deux petits tabourets en plastique et nous nous installons sur le trottoir.
La rue est très active, des vendeuses ambulantes passent sans cesse devant nous, une panière plate en équilibre sur la tête, proposant fruits, tofu,... Nous nous laissons séduire par une vendeuse de pastèque : ce fera un petit-déjeuner parfait ! Surtout qu'on ne sait pas ce qui nous attend en route, mis à part que nous avons cinq heures de bus en théorie.
Un jeune couple italien prend également le même bus, mis à part qu'ils arrivent seulement pour acheter les tickets. Heureusement pour eux il y a encore des places. Ils sont désagréables au possible, ils ne donnent vraiment pas une bonne image du tourisme...
Nous observons à quelques mètres les « bus locaux », très utilisés ici : des camions pick up où les gens s'entassent à l'arrière. Souvent, ils sont tellement pleins que les derniers passagers se tiennent en équilibre sur la marche arrière ! Juste à côté, un employé en haut de son camion décharge des dizaines et des dizaines de cartons pour ravitailler une épicerie. Toutes sortes de produits et de marques défilent devant nos yeux.
Il est 10h20, notre bus arrive (finie la ponctualité thaïlandaise). Nous approchons pour mettre nos sacs dans le bus mais le chauffeur et son assistant nous intercepte avant. Nous verrons plus tard que partout ici, que ce soit lors des transports ou à notre arrivée dans les guets house, les employés birmans tiennent à porter nos sacs. Il n'y a pas plus serviables !
Nous nous installons aux places qui nous sont assignées, il y a des cartons sous nos pieds (Nestlé pour Manu), probablement à décharger au terminus. Et oui, les bus ne servent pas qu'à transporter les personnes ici, il faut rentabiliser le trajet ! Apparemment, certains touristes ont du mal à respecter les places inscrites sur leur ticket, et devront bouger à plusieurs reprises. Encore les mêmes ?
Nous démarrons, et observons de nouveau des paysages similaires à ceux vus au Cambodge : de grandes plaines avec quelques palmiers au milieu des champs et des rizières sèches. Nous traversons deux énormes ponts, les heures passent. Le bus s'arrête, c'est la pause repas. Nous ne souhaitons pas prendre d'assiette, nous nous contentons d'un paquet de chips et d'un sachets d’œufs de cailles, très vendus ici. C'est vraiment bon ces petites choses !
Enfin, nous arrivons à Bago. Nous sommes déposés loin du centre ville, au bord de la route, car ce n'est pas le terminus et le bus doit récupérer une route périphérique. Des tuk-tuk nous attendent, nous n'avons pas le choix nous en prenons un. Nous lui demandons de nous déposer au centre, vers des guets house.
A peine descendus du véhicule un homme nous accoste pour nous parler de son hôtel, situé à quelques mètres de là. Les prix annoncés sont chers, mais il nous dit que nous pouvons négocier avec la propriétaire. Nous le suivons donc à l'intérieur, ça ne coûte rien de demander ! Il y a très peu de clients, beaucoup de chambres sont inoccupées. Nous négocions et obtenons une chambre à 12$ au lieu des 20$ annoncés au départ. C'est sommaire, comme on les aime !
L'homme nous accompagne jusqu'à la chambre et nous propose dans la foulée un circuit à faire ce soir. Selon lui il ne faut rester qu'une nuit ici, cela suffit amplement car il n'y a pas tant de choses que cela à voir. Il nous explique l'itinéraire, mais cela ne nous intéresse pas : il s'agit uniquement de pagodes, de temples et de bouddhas or ce n'est pas ce qui nous intéresse le plus. Il nous propose une magouille pour ne pas payer l'entrée des pagodes, mais cela nécessite quelques pots-de-vin pour les policiers en poste. Bref, cela ne nous plaît pas. Encore une fois, nous sommes contents d'être français car cela permet de communiquer à côté de lui sans être compris, alors que tous locaux travaillant dans le tourisme parlent très bien anglais maintenant. Il nous laisse 15min pour réfléchir.
Le voilà déjà de retour, nous lui expliquons que les temples ce n'est pas notre tasse de thé. Il réfléchit alors et nous propose un autre itinéraire, basé cette fois-ci sur des visites d'ateliers artisanaux, de villages, d'un barrage, et de seulement quelques temples. Cette nouvelle proposition nous emballe davantage. Ce soir, nous sommes fatigués, aussi nous lui demandons pour partir demain. A défaut de mieux, il accepte. Le prix est convenu, et le départ fixé à demain matin 7h. C'est parfait, il fera encore frais. Quelle bonne illustration du mot « compromis ».
Nous descendons dans la rue et achetons nos tickets pour Bagan, comme nous l'a conseillé le guide. Apparemment, c'est l'endroit à visiter au Myanmar. C'est bien plus au Nord, nous prendrons donc un bus de nuit. Nous partons ensuite nous balader, et traversons le pont après lequel se trouve le marché. Il est 18h, certains stands plient déjà. Nous découvrons alors un marché... plus sauvage, plus authentique. Nous avions pourtant découvert grand nombre de marchés depuis la Chine, et en tous genres, mais celui là est bien différent encore : une ruelle en terre battue, jonchée de détritus et d'épluchures de légumes. De chaque côté, des denrées en vrac dans des tonneaux, dans des panières plates, quelques vêtements entre les légumes et les poissons. Les scooters klaxonnent pour se frayer un chemin dans le passage étroit bondé de marchands et de clients. De partout, des sourires qui se forment lorsque nous les saluons sur notre passage. De très beaux sourires, malgré pour la plupart des dentitions abîmées par le temps.
Le tour du marché terminé, nous regagnons l'axe principal qui traverse la ville. La circulation est très dense, nous préférons opter pour la passerelle qui surplombe le macadam. Nous ne mettons pas longtemps à trouver un boui-boui installé sur le trottoir pour manger. Le gérant nous montre les différentes casseroles, nous faisons notre choix. Les plats sont très bons, et vraiment différents de la nourriture thaïlandaise. De nouvelles saveurs, de nouveaux assaisonnements.
Le gérant laisse sa femme servir et vient s'installer à notre table pour discuter. Lorsque nous sortons notre livret de présentation, il appelle aussitôt sa femme pour qu'elle nous rejoigne. Il apprécie cet échange autant que nous et lorsque le livret est parcouru du début à la fin, à leur tour ils nous présentent leur famille et leurs enfants via des photos sur leurs smartphones. Ces téléphones sont un tel paradoxe dans ce pays qui s'ouvre tout juste !
Le repas terminé, nous retournons à l'hôtel. Nous y croisons l’Israélien rencontré à l'ambassade du Myanmar de Bangkok lors de la demande de Visa. Nous apprenons également que demain nous pouvons garder la chambre jusqu'à 16h au lieu de midi, c'est super, étant donné que nous devrons attendre le bus de nuit.
Nous regagnons notre chambre, composée de deux lits jumeaux comme d'accoutumée ici. Dans la douche, une petite ampoule rouge apporte une lueur, exactement comme dans la guest house de Hpa An. Comme quoi ils doivent bien aimer créer une ambiance feutrée, mais il faut dire que ce n'est vraiment pas pratique.
Alors que Manu s'allonge dans son lit, nous entendons un gros bruit et quelques planches en bois qui servent de sommier tombent par terre. Le même lit dont la tête de lit était tombée par terre lorsque Charlène s'y était assise en arrivant. La nuit promet...
Un peu de lecture, et au dodo ! Nous sommes heureux de constater que même avec un gros trajet en bus, nous avons fait de belles découvertes ce soir. Nous espérons que demain sera une belle journée, tout aussi riche en découvertes ; Tun Tun, notre futur guide nous a fait une meilleure impression en partant qu'en arrivant.




















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