De découvertes en découvertes
- 23 févr. 2016
- 4 min de lecture

Nous nous réveillons tôt, la nuit a été réparatrice. Nous occupons la matinée à trier et nommer les dernières photos. C'est très long, le moindre transfert demande du temps car nous n'avons pas assez de mémoire vive et seulement un port USB. Tout doit donc passer par l'ordinateur avant d'être sauvegardé sur les clés. Il faudrait vraiment trouver un port multi-usb pour gagner du temps.
A midi, nous partons tester un nouveau petit restaurant local. A l'intérieur, seulement quelques tables. Des photos des trois filles du gérant, dans leur toge universitaire lors d'une remise de diplôme, ont été encadrées sur le mur, juste à côté du portrait d'un général birman important.
Dans ce pays comme en Thaïlande ou encore au Vietnam, il paraît important d'afficher son patriotisme, quel que soit ce qu'on en pense. Ah, bénie soit notre liberté d'expression !
Ce sont les femmes qui travaillent ici, le gérant étant tranquillement assis derrière son bureau pour encaisser les paiements. Les assiettes sont délicieuses mais beaucoup trop copieuses, nous n'en venons pas à bout.
Nous partons ensuite une rue plus loin pour acheter nos billets de bus pour Bago, prochaine ville sur notre itinéraire. Il y a cinq heures de bus, nous prenons des tickets pour celui qui part à 10h. Nous nous dirigeons ensuite vers un lac que nous avons repéré sur un plan de la ville. Nous savons vaguement dans quelle direction il se situe, nous verrons bien si nous parvenons à l'atteindre.
Sur la route, de nombreuses petites boutiques authentiques avec quelques produits vendus par-ci par-là et, plus étonnant, de nombreux magasins de smartphones et accessoires, flambant neufs et bien aménagés. Nous assistons une fois de plus à l'évolution rapide et paradoxale d'un pays très authentique au niveau technologique alors que l'électricité n'est pas encore présente de partout et que certains ont du mal à se nourrir... Merci à la mondialisation.
Comme par magie, nous passons alors devant une boutique d'appareils électroniques proposant des ports multi-usb et des cartes mémoires pour appareil photo. On prend le tout ! Nous passons ensuite devant une école, puis une crèche (nombreux jeux et équipements extérieurs), une caserne de pompiers (camions brillants presque neufs, tous d'une marque différente et deux provenant de dons de la Chine et du Japon) un hôpital (infirmières en pantalon rouge et veste violette). En voyant ce dernier, si sommaire, nous espérons seulement ne pas avoir besoin de consulter ici.
Nous traversons ensuite une sorte de quartier résidentiel avec de grandes maisons en bois (c'est la première fois que nous en voyons de si grosses, avec des cloisons intérieures) et quelques unes en ciment. Nous passons devant une mosquée, toute neuve et très illuminée, puis différentes églises et temples. Beaucoup de religions différentes sont représentées ici.
Enfin, nous trouvons le lac. Victoire ! Il y a beaucoup de déchets de partout, mais cela ne nous empêche pas de profiter des lieux quand même. Lorsque nous en avons assez nous reprenons la route, et apercevons un bel hôtel en construction bientôt terminé, preuve que les choses vont très vite évoluer ces prochaines années. Juste à côté, un homme dans un fossé coupe l'herbe au hachoir. Une énième scène paradoxale...
Il fait très chaud, nous prenons une bouteille d'eau sur la route puis Manu se laisse tenter par une glace artisanale : glace pilée, sirop de sucre rouge, fruits gélifiés noirs en petits carrés, fruits secs mous, brisures de cacahuètes, brisures de biscuits, confiture de fraise, noix de coco fraîche râpée, et un morceau de gâteau sur le dessus. Vraiment très original !
Nous découvrons un petit supermarché sur quatre étages qui propose des produits alimentaires, des vêtements, des chaussures... C'est étonnant, ils proposent même des pantalons alors que la majorité des hommes birmans portent tous les jours des lonjwi. Il s'agit d'un grand morceau de tissu semblable au krama ou au sarong cambodgien qu'ils s'enroulent autour de la taille à la manière d'une jupe.Au début, on est un peu surpris, mais on s'y fait vite.
Nous rentrons à la guest house, et profitons de nouveau du frais pour lire et écrire. Nous avons des prises et du wifi ici, c'est le grand luxe ! En fin d'après-midi, nous ressortons alors que la nuit commence à tomber. Nous partons grignoter sur les stands de rue. Brochette de poulet, beignets à la banane, c'est très local et très bon !
Les stands proposent énormément de fruits et de légumes, dont des pastèques et des choux par centaines, probablement produits non loin de là. Les gens sont souriants, s'essaient à quelques mots d'anglais, et sont ravis lorsque nous leur répondons par quelques mots de birman.
Nous voulions de l'authenticité, cette rue en est un bon exemple. Il n'y a aucun lampadaire dans les rues, nous avançons à la lueur des ampoules qui éclairent chaque stand ou devanture de magasin. Les boutiques ferment petit à petit, ici pas de rideau de fer mais quelques planches à faire coulisser une à une dans une fente pour recréer une cloison provisoire.
Nous rentrons, la journée a été tranquille mais riche en découverte. Nous aimons déjà ce pays !




















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