Une photo de plus, juste pour se souvenir
- 19 févr. 2016
- 4 min de lecture
Ce matin, comme tous les matins depuis quelques jours, nous allons dès notre réveil brancher nos appareils électroniques aux seules prises de l'immeuble, à l'étage inférieur, et nous veillons, assis par terre.
Nous devons aujourd'hui imprimer quelques documents : nos billets d'avion de Bangkok à Santiago (si on nous les demande à la frontière pour entrer au Myanmar et comme ça on les aura pour le jour J), et des formulaires de candidature pour participer à un camp avec INSIEME cet été en tant que moniteur. Nous avons repéré une boutique hier, nous nous y rendons donc en fin de matinée.
Nous sommes de bonne humeur, contents de voir comme tous les jours l'agent de sécurité de la rue, toujours souriant et agréable. Mais notre humeur est vite refroidie lorsque nous nous adressons à la gérante de la boutique : une femme terriblement exécrable, qui relaie la vieille chouette de la guest house (une employée à qui nous ne sommes pas parvenus à décrocher un seul sourire) au rang des personnes agréables. Elle est vite perdue, nous ne comprenons rien de ce qu'elle nous raconte, elle s'énerve pour un rien, et tout devient un drame.
Nous prenons sur nous, même si Charlène bouillonne en elle. Nous imprimons nos feuilles, puis remplissons les formulaires de candidature au stylo. Pendant ce temps une cliente entre, lui demande des informations, puis ressort cinq minutes plus tard, presque hystérique, se plaignant de l'accueil à son mari et à notre agent de sécurité préféré.
Nous voulons ensuite scanner les documents et les envoyer par mail, mais là encore c'est apparemment impossible si on utilise pas Internet. On en a besoin de toute façon, donc on s'installe sur l'ordinateur et on fait notre petit bazar (recherches, impôts...). Quand vient le moment de scanner, elle se met à râler car nous ne savons pas faire alors que... elle ne sait pas faire non plus ! Charlène souhaiterais essayer quelque chose, mais interdiction de toucher à quoi que ce soit sans sa bénédiction. Alors qu'on vient de trouver la solution... Rien à faire, c'en est assez, nous la remercions poliment et plions bagages. Nous reviendrons quand ce sera un de ses employés.
Nous allons manger au restaurant d'à côté, puis partons nous promener. Nous mettons un moment avant d'enfin trouver une boutique qui propose des impressions photos. Il aura fallu se rendre chez l'enseigne Kodak. Nous souhaitons offrir au couturier la photo de lui et de Charlène, car nous avions vu toutes ses photos gardées soigneusement dans une boite lorsqu'il nous avait présenté ses souvenirs. Ils retracent toute sa vie.
Nous achetons les quarante timbres manquants et postons les dernières cartes. Sur le chemin, nous nous en trouvons une magnifique avec un tuk-tuk, nous nous l'enverrons demain. Nous nous arrêtons au café qui dispose de wifi, et mettons en ligne nos derniers posts sur le blog. Nous profitons d'Internet pour comparer les prix des bus et de l'avion pour se rendre au Myanmar (nous avons rencontré des gens nous ayant dit que ce n'était vraiment pas cher). Sans nos sacs, ce serait en effet intéressant, mais le bagage en soute fait gonfler les prix. Autant garder nos bonnes vieilles habitudes terrestres, ce sera en bus !
De retour à la guest house, nous nous posons, et Charlène lit. Ah que c'est agréable de pouvoir rester dans sa chambre sans étouffer. Il est 18h, nous ressortons. Ce soir, ce sera repas brochettes sur les stands de rue. Ça fait longtemps. L'un deux propose de la viande très tendre, nous commencerons par là. Le fils du vendeur prend son rôle de commis très à cœur, et nous sourions en le voyant couper aux ciseaux la moindre particule noircie de la brochette. C'est assez drôle. Nous essayerons aussi ce soir la brochette d’œufs de caille cuits dans une pâte et le soufflé de riz à la banane.
Nous passons devant le couturier, il est bien occupé sous des montagnes de tissu à recoudre. Nous le saluons et lui montrons le bermuda que Charlène porte sur elle. Du très bon travail ! Puis nous lui donnons la photo, le remercions encore une fois et repartons. Nous jetons un coup d’œil en arrière en partant : il a abandonné son travail et contemple en souriant la photo dans ses moindres détails, totalement absorbé. Rien qu'à voir ce sourire, on se dit que cela valait la peine de chercher la boutique d'impression. Nous essaierons de repasser demain s'il a moins de travail.
Nous passons au Seven Eleven pour notre note sucrée et allons la déguster au parc qui longe la rivière Chao Phraya. Le parc est calme, très illuminé et orné d'arbres centenaires magnifiques. Sur le côté, un mur avec des sculptures représentant des scènes de vie est éclairé... jusqu'à ce qu'on souhaite le prendre en photo. Il s'éteint alors subitement !
Nous découvrons un coin d'herbe, Charlène ne se fait pas prier pour s'allonger dedans. Il y a de quoi être en manque de nature avec toutes ces villes traversées, si intéressantes soient-elles. Nous profitons de ce coin calme, loin de l'agitation de Bangkok. Notre visa thaïlandais expire le 23 février, nous n'allons pas tarder à reprendre la route.




















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