top of page

Ils ont survécu !

  • 15 févr. 2016
  • 5 min de lecture

Bip... Bip... Bip... Le réveil résonne dans la chambre, vite étouffé par Charlène qui craint qu'il ne réveille d'autres chambres. Il n'est que 4h30, nous devons être discrets pour notre départ. Nous nous levons tôt car l'aéroport est loin, et nous ne savons pas combien de temps nous allons mettre pour trouver un taxi dans la rue à cette heure-ci.

La Guest House propose ses services, mais c'est bien plus cher. Nous pensons faire mieux en nous débrouillant tous seuls. Il est 5h, nous sortons dans la rue. Nous avons laissé nos sacs à l'accueil, rien ne sert de les trimballer, nous les récupérerons à notre retour. Nous attendons un taxi qui ne met pas longtemps à arriver. Nous lui demandons de nous emmener au premier arrêt de la ligne de train qui conduit à l'aéroport, il préfère nous emmener directement à l'aéroport. Non merci ! Nous insistons, et il nous propose bien sûr un prix au forfait plutôt que le compteur. A cette heure, nous ne trouverons pas mieux et pour quatre cela reste très correct, donc nous acceptons. Il va falloir se résigner à ce fonctionnement sur Bangkok... Patricia monte devant côté passager pour voir l'effet que cela fait d'être à gauche. Le chauffeur nous dépose juste devant l'escalator d'entrée au sky train.

Un homme nous ouvre le passage (il est encore tôt) pour rejoindre l'airport line, mais comme nous avions vu il est encore trop tôt le premier ne part qu'à 6h, soit dans 40min. En même temps, nous ne pouvions nous permettre de le rater alors autant être un peu en avance et plus tranquilles. Cette attente est l'occasion de rire à la vue des panneaux d'interdiction affichés : ici on ne doit ni manger, ni boire, ni avoir de durian avec soit (fruit qui sent terriblement mauvais), ni de ballons gonflables...

Il est l'heure, nous montons sur le quai et nous mettons à la queue leu leu comme tout bon thaï qui se respecte. Manu prend le sac à dos de Patricia pour lui épargner ses coups de soleil. Le trajet se passe bien, nous sommes assis puisque nous sommes montés au début de la ligne. Il fait nuit, nous ne pouvons donc pas profiter du paysage qu'offre le train en journée.

A 6h25, nous arrivons à l'aéroport. Le trajet nous aura coûté bien moins que toutes les propositions que nous avons eues. Comme quoi on peut tout à fait se débrouiller par ses propres moyens...

Nous nous dirigeons directement à l'étage 4, celui des départs, et plus précisément au bon comptoir d'enregistrement des bagages indiqué. L'aéroport est spacieux et clair, tout est très bien indiqué, c'est très simple de s'y repérer. Ça y est, Ben et Patricia ont leurs billets, ils pourront embarquer à partir de 7h35. C'est l'occasion de clôturer la cagnotte commune en allant boire un café ensemble.

L'heure fatidique est arrivée, et c'est devant l'escalator qui les conduira aux départs internationaux que nous leur disons au revoir. Un moment de sourires et non de tristesse, aux souvenirs de ces quinze jours mémorables passés ensemble et des moments d'anthologie partagés.

Nous reprenons ensuite le train en sens inverse, et nous arrêtons à la station Makkhasan. La ligne de bateau qui traverse une partie de la ville d'Est en Ouest doit être ouverte, à cette heure-ci. On avait bien apprécié la prendre la dernière fois, alors autant renouveler l'expérience. Nous marchons sur 200m pour rejoindre le quai du bateau, il y a beaucoup de monde, c'est l'heure de pointe pour se rendre au travail. Nous resteront debout. L'eau du canal est très agitée, il y a des remouds extraordinaires aujourd'hui !

En cours de route, comme la dernière fois, il faut changer de bateau. Cette fois-ci il n'y a presque personne, car beaucoup sont descendus pour prendre le sky train, et nous pouvons nous asseoir sur une des planches disposées à l'arrière. Une dame assise devant Manu le nomme alors grand responsable temporaire de la poignée de la bâche qu'il faut lever ou baisser selon les vagues.

Pendant le trajet, on observe les montées et les descentes, toujours très rapides et parfois périlleuses quand le bateau est un peu loin du bord. Au bout de la ligne, c'est à nous de descendre à notre tour. Nous devons sauter car le bateau n'arrive pas à se coller au ponton. Manu aidera ensuite une personne âgée à descendre, un peu en difficultés.

Nous finissons le chemin à pieds (30 minutes de marche), mais sommes un peu surpris : bizarrement, il y a ce matin beaucoup de policiers et de barrières le long de la route, et aucune voiture n'y circule... Charlène demande alors à un des policiers ce qui se passe. Celui-ci nous répond avec un grand sourire que le prince va passer. Nous décidons d'attendre un peu pour voir ça et en effet à peine deux minutes plus tard un convoi très officiel passe juste devant nos yeux, pour s'arrêter 200m plus loin. Il s'agit d'un temple, où une cérémonie doit probablement se dérouler. Beaucoup de belles voitures officielles sont garées au milieu de la route, une fanfare est présente, ainsi qu'énormément de gradés en costumes et d'agents de sécurité. Étant donné ce qui peut se passer dans ce pays à cause d'un simple regard mal perçu, nous faisons profil bas et poursuivons notre marche.

Nous récupérons nos affaires laissées ce matin à la réception de la KC Guest House et parcourons quelques centaines de mètres pour retrouver notre ancienne chambre à la Peachy Guest House, plus sommaire mais aussi plus économique. Ici, pas de wifi ni même de prise dans la chambre, pas de couverture ni de serviettes, des matelas presque aussi durs que du bois, mais on y est bien !

Nos sacs posés, nous allons manger dans un boui-boui népalais puis rentrons nous poser, bien fatigués par ce lever aux aurores et cette matinée de transports. Une petite sieste sera d'ailleurs la bienvenue. Nous dormons sous les toits, où la chaleur est difficilement supportable et nous donne l'impression d'être dans une étuve.

Nous ressortons ensuite, et allons nous promener sur Khao San Road. Le soir arrivé, nous décidons de retourner manger au restaurant où Ben et Patricia avaient pris leur repas le soir de leur arrivée. C'était bien bon. Moment nostalgie émotion...

A côté de nous, un homme âgé est à l’œuvre sur sa machine à coudre usée par le temps. Nous l'observons s'affairer, il s'en rend compte et nous sourit. Son travail terminé, il nous sort une vieille boite métallique contenant des photos précieusement gardées au fil des années. Lui avec sa machine, parfois posant aux côtés de clients, nous voyons au fil des photos les années qui passent, l'homme qui prend quelques rides, la machine qui prend de l'usure... C'est ainsi que nous découvrons qu'il occupe cette même place tous les jours depuis plusieurs dizaines d'années, et qu'il en avait une autre encore avant. Les photos sont usées par le temps, les couleurs passent, les coins sont abîmés, le couturier utilise ses quelques mots d'anglais pour nous parler du contexte de chacune d'entre elles. Cet homme est touchant, il ne semble pas avoir grand chose mais il est fier avec sa machine à coudre et son histoire.

Pendant que nous terminons notre repas, Charlène a une idée. Ou-là ! Depuis quelques mois elle cherche un bermuda en jean pour remplacer celui usé abandonné au Vietnam, mais partout ils ne font que des shorts courts. Étant donné qu'elle s'apprête à jeter un jean jugé trop lourd et encombrant et en plus un peu troué à un endroit, pourquoi pas le tailler en bermuda et raccommoder le trou ? Il est déjà à la bonne taille, et cela évite de jeter un jean pour rien. En plus, cela permettra d'avoir de beaux ourlets et non pas des franges (qui peuvent rester ancrées dans la mémoire de certains ! ). Nous lui en parlons rapidement, c'est décidé, nous reviendrons demain avec le jean.

De retour à la guest house, nous trouvons tout très calme et silencieux à deux. Nous allons maintenant reprendre le rythme de notre voyage à deux !

 
 
 

Commentaires


Featured Posts
Recent Posts
Archive
Search By Tags
Follow Us
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square

Vos informations ont bien été envoyées !

  • w-facebook
  • Twitter Clean
  • w-googleplus

© 2023 by On the road. Proudly Created with Wix.com

bottom of page