1864 virages direction Mae Hong Song
- 5 févr. 2016
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Bip bip bip ! 7h30, tout le monde se lève. Nous prenons notre petit-déjeuner sur le pouce et partons à 8h tapantes. Nous rejoignons la rue principale la plus proche à la recherche d'un tuk-tuk qui nous emmène à la gare routière bien trop loin d'ici ! Un tuk-tuk arrive justement, nous lui faisons signe de s'arrêter. Charlène négocie le prix pour quatre, et tout le monde embarque. Mais 300m après être partis le chauffeur stoppe le véhicule et nous annonce qu'il vient de se rendre compte qu'on était quatre, et que du coup le prix vient d'augmenter. Quelle mauvaise foi ! On s'était entendu sur le prix. Tant pis, juste pour le principe, on descend du véhicule et on en cherche un autre.
Un deuxième s'arrête mais ne veut pas de notre prix proposé, et finalement ce sera un troisième qui sera ravi de nous trouver, lui. Arrivés à la gare routière, nous le remercions et prenons quelques minutes pour aller acheter nos tickets de bus de nuit pour Bangkok pour dans quelques jours. Mieux vaut s'y prendre en avance pour être sûrs d'avoir de la place.
Puis nous nous rendons à l'autre bâtiment de l'autre côté de la ville et nous installons au quai 11. Comme souvent ici, la salle d'attente est extérieure, avec un morceau de toit pour protéger du soleil ou de la pluie. Patricia a une pensée pour ses collègues en voyant de très vieux bus rouillés stationnés devant la gare.
Notre mini-van arrive, et Manu et Ben aident le chauffeur à charger les sacs à dos sur le toit, avec une bâche et un filet par-dessus pour les faire tenir. Les places sont numérotées, et nous allons directement au fond du véhicule où nous attendent les places que nous avons choisies hier. A 9h30 tapantes, le mini-van démarre. Plus que 6h avant d'arriver !
La route est en bon état, enfin plutôt la première partir puisque les travaux s'arrêtent au beau milieu et que la suite est un peu plus chaotique. Les paysages sont magnifiques, entre les passages au milieu de l'immensité de la forêt où encore entre les champs de fraises cultivées en nombre ici, mais il est difficile de s'occuper autrement qu'en discutant tellement la route est sinueuse. Nous apprendrons plus tard qu'il y a exactement 1864 virages (non, on ne les a pas comptés!), en plus du fait que la route suit le relief des collines. Un vrai manège ! Pas de souci, des sacs en plastiques ont été accrochés à chaque siège. Au cas où...
Nous faisons une pause à mi-chemin, où la découverte de cacahuètes au wasabi (moutarde japonaise) fera le bonheur de Manu et Charlène principalement. Nous avons prévu notre pique-nique, et nous le dégustons justement dans la deuxième partie du trajet, même s'il ne faut pas avoir l'estomac trop sensible avec tous ces virages. Un deuxième arrêt pour poser des passagers, et Mae Hong Song n'est plus bien loin car le chauffeur nous indique qu'il nous déposera au centre-ville plutôt qu'au terminal des bus car c'est là que se concentrent les guest houses et hôtels. Très gentil de sa part ! Nous avions espéré traverser Paï, ville étape réputée pour être une ville de hippies, mais nous avons dû dormir pendant ce passage car personne ne se souvient de rien de tel.
Nous arrivons enfin, après les 6h annoncées. Ben et Patricia, moins habitués aux longs trajets que nous, ne sont pas mécontents d'enfin descendre du véhicule. Nous reprenons nos sacs, jetons un coup d’œil autour de nous pour comprendre comment s'étend la ville, puis suivons la direction donnée par le chauffeur.
Nous demandons le prix à un hôtel pour prendre la température des prix proposés ici, puis empruntons une petite rue remplie de petits stands ambulants avant d'arriver devant un joli petit lac aménagé. L'endroit est paisible, avec de la chance nous trouverons un hébergement pas loin.
La chance se révèle bien être de notre côté puisque la première demande est la bonne : une guest house en bois, disposant de balcons devant les chambres du premier étage donnant directement sur le lac ! Le prix est imbattable, nous réservons pour trois nuits, comme nous l'avions prévu. Il faut aussi dire que les chambres à quatre sont moins demandées et donc plus faciles à trouver, et leur prix est toujours plus intéressant. La chambre est simple, avec deux grands matelas posés par terre. Mais nous avons une salle de bain privée en prime, c'est le grand luxe !
Il est 16h, nous posons rapidement nos sacs et ressortons en quête d'un café pour y siroter une boisson bien fraîche ! Nous trouvons un endroit très sympa où un palmier traverse le plancher puis le plafond au centre de la pièce. Impressionnant ! Le reste de la décoration n'est pas mal non plus. Les gérants et leur petit garçon mangent déjà, ils doivent se préparer au rush du dîner qui commence autour de 18h. Ben apprécie pleinement le smoothie frais, après les jus d'orange savourés à Bangkok et à Chiang Maï.
Nous partons ensuite nous balader à la découverte de la ville, après avoir photographié un plan sur un panneau dans la rue. C'est une toute petite ville, avec une seule rue principale, nous profitons du peu de monde et du calme en en faisant rapidement le tour. Nous achetons un pomelo et un fruit du dragon, dans l'idée de faire découvrir les fruits d'ici à Ben et Patricia.
De retour à la guest house, nous nous divisons pour plus d'efficacité : Ben et Manu partent la gare routière à l'autre bout de la ville pour prendre les tickets de bus pour Mae Sariang, notre prochaine destination. Ils apprennent qu'il n'y a que des bus locaux, que les tickets s'achètent le jour du départ, et qu'il suffit d'y être une heure à l'avance. Sur le chemin du retour, ils poursuivent leur visite de la ville et découvrent une grande foire semblable à celles qu'on peut trouver chez nous.
Quand à Charlène et Patricia, elles partent à la recherche d'un restaurant qui proposerait des bons plats et des gâteaux car... demain c'est l'anniversaire de Manu ! Une fois le restaurant trouvé (il suffira d'y retourner demain matin pour finaliser la réservation), elles s'occupent de leur tâche officielle : faire le tour des agences touristiques pour y trouver des idées d'excursions. Nous restons ici deux jours entiers, et nous aimerions trouver quelque chose avec des éléphants.
Il y a deux boutiques assez proches, qui sont loin des agences touristiques de Chiang Maï ou de Bangkok : une pièce de quelques mètres carrés seulement avec un bureau et une armoire qui créé un espace à l'abri des regards. La personne qui présente les tours est le guide lui-même, même si son épouse peut venir l'assister, c'est vraiment la petite entreprise familiale.
Elles entrent dans une première et sont accueillis par Dan, un énergumène dévergondé vraiment très drôle et un peu « no limits ». Patricia et Charlène leur expliquent ce qui les intéresserait de découvrir sur une journée, et Dan créé une excursion sur mesure. Enfin, c'est plutôt Charlène qui communique toute seule, car Patricia lâche rapidement prise en ce qui concerne les discussions en anglais ! Il nous propose une journée vraiment intéressante, et pour seulement 28€ par jour et par personne, repas compris. Au programme, marche dans la jungle, baignade dans une cascade, visite de villages de minorités ethniques, et ballade à dos d'éléphants.
Elles partent ensuite se renseigner dans l'autre agence, mais le programme est moins varié (essentiellement de la marche), le prix plus élevé, et surtout la guide moins funny. Par contre, elle propose dans ses tours des formules 2 jours 1 nuit, ce qui pourrait être intéressant pour nous comme nous restons justement ce temps là sur place. Les voilà reparties chez Dan pour lui demander si lui-même propose aussi de tels séjours. « Bien sûr ! » Qu'il leur répond. Ils reprennent ensemble ce qui nous intéresse pour créer un séjour sur mesure. Il propose soit nuit dans un village Karen, soit nuit dans la jungle. Seule condition émise par Charlène : un gâteau et des bougies pour le premier soir car finalement le restaurant ne sera plus de mise.
Le tout terminé, Patricia et Charlène se dépêchent de rentrer. Et oui, c'est elles qui ont gardé les clés et les gars doivent être rentrés depuis un bon moment déjà. En effet, elles les retrouvent sur le balcon en bois, tranquillement assis sur des coussins et en train de converser avec une française installée ici pour donner des cours d'anglais dans un camps de réfugiés birmans tout proche.
Les filles proposent, ravies, leur trouvailles et présentent tout le programme possible ainsi que les autres propositions sur une journée. Nous tombons tous d'accord, ce sera nuit dans la jungle, baignade dans la cascade, gâteau au chocolat dans un bambou, visite de villages, ballade à dos d'éléphants, marche dans la jungle le premier jour puis dans une rivière et des rizières le second jour... Un programme haut en couleur, quoi !
Manu et Charlène retournent à l'agence pour confirmer et régler. Heureusement pour nous qu'il n'avait pas d'excursion prévue pour les prochains jours ! Dan nous donne la liste de ce qu'il faut emmener et Manu découvre par la même occasion son humour débordant. Il y en a deux qui devraient bien s'entendre... Le rendez-vous est fixé à 8h à l'agence.
De retour à la guest house, nous décidons de prendre les gros sacs de Ben et Patricia (bien plus petits que les nôtres) pour le trek. Si on en prend un pour deux sans trop les charger, cela permettra de changer d'épaules de temps en temps. Nous gardons également la chambre (vraiment pas cher, moins de 3,5€ par personne) afin d'y laisser le reste de nos affaires et de ne pas avoir à chercher autre chose en rentrant. On est vraiment bien ici !
Et enfin, nous passons aux choses sérieuses : Ben et Patricia ont servi de relais pour apporter de la part de Carole et Claude (ce dernier est l'oncle et parrain de Ben et Charlène) une bouteille de vin rouge bien emballée et un morceau de comté. Mais pas n'importe quel vin ! Du « Clos de la Tour », une cuvée vieilles vignes de Fleurie (cru du Beaujolais), que Charlène et Patricia adorent ! Encore mieux, il s'agit du vin produit par le cousin de Manu. Sa famille aussi est donc avec nous ce soir !
L'ouverture de la bouteille est difficile, car aucun tire-bouchon n'est visible nulle-part, que ce soit sur le marché ou à la supérette. Manu tente la méthode de la chaussure, mais rien n'y fait. Finalement, Ben ira la faire ouvrir dans un restaurant !
C'est un vrai délice. Comme dirait Manu, « c'est le petit Jésus en culotte de velours ! ». La soirée est parfaite, nous terminons notre repas sur le marché et rentrons. Deux journées pleines de promesses nous attendent !




















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