Deux nouveaux compagnons de voyage
- 1 févr. 2016
- 6 min de lecture
Manu se réveille encore une fois de bonne heure et retourne à la prise du premier étage pour charger notre téléphone. Nous pourrons en avoir besoin ce soir lorsque nous récupérerons Ben et Patricia à l'aéroport. Manu écrit sur le carnet de bord, et ce sont les mêmes têtes que la veille qui défilent : le chinois en slip et sa femme en chemise de nuit venant brancher leur bouilloire sur la multi-prise, les employés de l'établissement allant prendre leur service... Mais la crème de la crème, c'est le défilé des nombreux gars poilus et décontractes, en slip kangourou, qui se lèvent la tête dans le seau pour aller aux toilettes avant de retourner se coucher. Un peu plus impressionnant, quelques employés thaï qui passent, ressemblent aux acteurs du même genre dans les films : cheveux longs, barbichette, très musclés, bref on ne voudrait pas les embêter !
Charlène arrive, le portable est chargé, nous remontons dans la chambre pour continuer les écritures. Mais le temps passe vite et il est déjà l'heure de rendre les clés de la chambre et d'y enlever nos affaires. En effet, nous avons trouvé une autre guest house un peu plus confortable (avec des prises, du wifi...) non loin de là qui propose une chambre pour quatre personnes. Nous prenons ainsi la direction de la KC guest house, réservée la veille. La chambre n'est disponible qu'à partir de 14h, mais nous pouvons poser nos sacs à l'accueil et rester en terrasse en attendant.
Charlène écrit, Manu part récupérer le linge propre à la laverie. A 13h, l'employée revient alors nous voir et nous explique qu'il y a un problème avec la chambre : les clients qui y étaient sont partis se balader la journée sans prévenir qu'ils la gardaient une nuit de plus, et impossible de les contacter. Elle nous propose alors deux chambres de deux côte à côte, qu'elle nous fait pour le même prix. Ça ira très bien.
A 16h, nous partons pour l'aéroport. Leur avion atterrit à 18h45, mais comme nous devons enchaîner marche, bateau et train nous voulons être sûrs d'arriver dans les temps. Nous marchons donc tranquillement jusqu'à Phan Fa Leetat, où se trouve le début du canal qui traverse la ville d'Ouest en Est, en direction de l'aéroport. Les bateaux sont plus petits que ceux circulant sur la rivière, et il faut se tenir à une corde en enjambant pour y monter. Ils sont très simples, avec de longues planches en bois disposées tout du long sur lesquelles on s'assoit. L'eau du canal est très agitée par les nombreux passages des petits bateaux (qui se croisent parfois tout juste), une grosse vague se forme parfois pour venir nous éclabousser. Et là, on distingue deux types de personnes : ceux qui sont outrés, et ceux qui en rigolent. Nous vous laissons deviner dans quelle catégorie nous sommes... Pour se protéger, une corde sur poulie permet de remonter rapidement de grosses bâches de chaque côté, c'est bien pensé. Nous passons entre les immeubles, les maisons sur pilotis, cela nous permet de découvrir Bangkok sous un autre angle.
Nous arrivons au quai désiré, Assoke, et quittons le bateau, qui ne nous aura coûté que 50 cents par personne. La descente est sportive, il faut se dépêcher, on doit sauter pour atteindre le quai ! Nous marchons 300m et arrivons à la station Makkasan où on trouve le métro et le BTS, ou autrement dit la ligne de train qui mène directement à l'aéroport. Cette ligne créée spécialement pour limiter les bus nous fait passer entre les nombreux lotissements construits dans l'Est de la ville. Le train circule en hauteur, sur un immense viaduc qui traverse toute la ville. Une fois de plus, nous pouvons observer Bangkok sous un nouvel angle.
Nous arrivons à l'aéroport, il est 17h25. Il nous reste 1h30 avant l'arrivée de Ben et Patricia (le cousin et la tante de Charlène pour ceux qui auraient manqué un épisode). Nous visitons un peu l'aéroport (après tout c'est là que nous prendrons également notre avion pour l'Amérique le 20 mars), nous faisons le tour des boutiques, puis nous nous installons sur des chaises et observons les passants. C'est un jeu très amusant, c'est fou la diversité de personnes que nous pouvons croiser dans un même lieu et l'originalité de certains !
Il est 18h30, nous allons à l'étage des arrivées, chacun a son poste. Et nous guettons. 18H45, c'est pour bientôt, nous sommes plus qu'attentifs et détaillons chaques passagers passant les portes. A 19h, une personne indique à Manu que c'est toujours long de passer les bureaux de l'immigration, une autre explique à Charlène qu'elle a déjà attendu jusqu'à deux heures après l'atterrissage une fois. Cette jeune thaïlandaise avouera d'ailleurs à Charlène qu'elle est la deuxième française qu'elle croise qui parle anglais. Ah, les français et l'anglais...
Il est 19h15, toujours personne en vue. 19H30, idem. Il devient de plus en plus difficile de rester concentrer pour détailler le flux de gens qui sortent des portes des arrivées. Enfin, à 19h50, deux têtes apparaissent : Ben et Patricia, contents de pouvoir enfin sortir de l'aéroport. Ils ont été gardés 15 minutes aux douanes car ils n'avaient pas de nom d'hôtel et d'adresse à marquer sur leur carte d'arrivée. Sans cela, impossible d'avancer. Pas de téléphone non plus pour nous appeler, et la personne aux douanes n'a rien voulu entendre. Il aura fallu attendre que des français leur donnent l'adresse de leur guest house pour finalement pouvoir passer.
Les retrouvailles passées, nous retournons au train qui rejoint la ville. Nous ne pourrons pas reprendre le bateau comme à l'aller car il est trop tard, tout est fermé, mais le train nous rapprochera du centre et nous prendrons un taxi à partir de là seulement. A quatre, c'est vraiment rentable. Dans le train, Manu explique à un couple comment se rendre au centre-ville, on est devenus de vrais pros pour se repérer très vite dans n'importe quelle grande ville !
Nous arrivons au terminal du train, et arrêtons un premier taxi. Nous avons la carte de visite de notre guest house avec l'adresse en thaï, ça ne devrait pas être trop compliqué. Mais finalement, la tâche s'annonce un peu plus compliquée que prévu : certains ne veulent pas se rendre dans ce quartier, et la plupart ne veulent pas utiliser leur compteur pour s'y rendre, préférant proposer un « prix forfaitaire » deux à trois fois plus élevé que le prix réel de la course. Nous savions tout ça, nous ne sommes donc pas surpris. C'est assez paradoxal, alors que quand nous marchons dans la rue tout le monde veut nous emmener, il suffit que nous voulions en prendre un pour que plus personne ne veuille de nous ! Finalement, un énième s'arrête, mais ne comprend pas l'adresse, même après avoir sorti sa loupe et regardé la carte de visite devant le phare avant de sa voiture. Pas très rassurant tout ça... Il demande à une jeune passante de lui expliquer l'adresse, et nous y emmène, avec le meter en prime ! Nous montons à l'arrière et laissons la place avant à Manu. Alors que nous venons de partir, le chauffeur semble ne plus connaître l'adresse et passe au téléphone à Manu une dame qui lui demande en anglais où il souhaite se rendre, alors que celle-ci comprend très mal ce qu'il lui répond. Bizarre... No souci, Manu sort notre plan de la ville et s'improvise en GPS ! Finalement, le chauffeur a l'air de retrouver la mémoire. Sûrement une petite magouille destinée à nous balader un peu en ville, mais ce serait mal nous connaître... Le chauffeur se prend alors au jeu et nous apprend quelques mots utiles en thaï comme gauche, droite et tout droit. Pas mal pour indiquer la route !
Nous arrivons sur place, pour seulement 2€ pour 4, et nous installons nos sacs dans les chambres. Nous ressortons aussitôt car il est déjà tard, et la faim commence à se faire sentir. Nous allons tout d'abord voir Khao San Road de nuit, et l'ambiance qui y règne est fidèle à sa réputation : musique à fond dans les nombreux bars, touristes à gogo, rue bondée, vendeurs de brochettes de scorpions... De chaque côté de la rue se succèdent les bars bondés. L'alcool coule à flots, c'est vraiment une rue à part dans Bangkok !
Nous trouvons ensuite une rue perpendiculaire qui propose des petits boui-boui bien moins chers, tout simplement parce qu'on s'éloigne de la rue principale. Ben et Patricia découvrent ou redécouvrent la cuisine asiatique qui leur plaît bien. Tant mieux, car ce sera ça pendant deux semaines ! Nous rentrons et faisons les chambres : filles ensemble, gars ensemble, et nous préparons le programme de demain, unique journée de visite sur Bangkok. Ce sera visite de Wat Pho, puis quartier chinois, et ballade sur les petits canaux. On discute beaucoup (c'est étonnant !), puis la fatigue se fait sentir.
Au dodo ! Le séjour s'annonce prometteur : Patricia est déjà enregistrée sur les caméras de la guest house pour avoir traversé le couloir en tee-shirt et culotte (pour se rendre à la douche en face de la chambre). On ne devrait pas s'ennuyer...




















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