Laos sur la montagne
- 5 janv. 2016
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Aujourd'hui, nous quittons Kon Tum. La sensation est différente de la dernière fois : les 15 jours se sont passés en petits comités dans des familles ou entre amis. 6H20, nous sortons de notre chambre. Élodie nous attend pour nous dire au revoir. Jean-Louis nous attend dehors et nous accompagne au taxi qui est déjà là.
Arrivés à la gare routière de l'autre côté de la ville, nous nous installons près des guichets, on nous dit que le bus arrive bientôt. Le départ est prévu pour 7h. Nous attendons. 7H20, un homme à l'air gentil mais un peu fou-fou entre dans la cour en criant « Lao Packsé ». Il passe par le guichet puis nous demande de le suivre jusqu'à son mini-bus garé devant la station essence.
A l'intérieur sont présents un vietnamien, une jeune femme avec son bébé et un couple de jeunes français. L'arrière du bus est rempli d'une quantité extraordinaire de légumes divers, c'est assez étrange. Nous voilà partis pour les routes au Nord de Kon Tum que nous n'avions découvertes que de nuit en novembre.
Nous profitons du trajet pour discuter avec Benoît et Noémie qui ont pris le bus au marché. Vers 8h30, nous arrivons à la frontière du Vietnam et du Laos. Les bâtiments sont paisibles et tranquilles, c'est agréable. Nous en profitons pour changer nos quelques Dongs restants en Kips (monnaie laotienne). Le douanier vietnamien nous met un coup de tampon sur notre passeport, nous remontons dans le bus et nous dirigeons vers le poste d'entrée au Laos sans aucune pression. Notre chauffeur est assez cool et nous indique où aller. Nous nous présentons au poste des demandes de Visa, tout est bien pensé pour recevoir les touristes : des feuilles de mots traduits en laotien – anglais, les prix de visa selon sa nationalité... C'est pratique ! L'atmosphère est sereine, le douanier très sympathique s'applique dans son travail en collant les visas dans les passeports avec beaucoup de soin. Lors de notre voyage, on nous a présenté les Laotiens comme extrêmement gentils : ici ils font bonne réputation à ce qui se dit. Nous obtenons nos visas, et repartons sur nos premières routes du Laos.
C'est extraordinaire de constater avec quelle rapidité on passe d'un paysage à un autre juste avec une frontière. De collines vietnamiennes assez arides, déboisées, aux sommets de couleur rouge-orangé, on découvre des collines et des vallées entièrement recouvertes de forêts préservées. Les routes qui les traversent suivent le relief du terrain parfois très pentu avec des virages à 90°. Le contraste est saisissant. La suite l'est tout autant lorsque pendant une dizaine de kilomètres nous traversons des plantations d'hévéas.
Le voyage est ponctué d'arrêts pour déposer des paquets ou des légumes. Ici, le chauffeur a une triple casquette : il est également primeur et facteur. Le bébé présent dans le bus est très cool, il fait beaucoup de sourires à Manu. Nous arrivons à Attapu, première ville traversée du Laos. Le chauffeur arrête le minibus devant un immense marché couvert et nous fait signe de nous mettre à l'ombre. A l'abri, nous assistons à l'incroyable déchargement de fruits et de légumes : chacun vient chercher ce qu'il a commandé et le chauffeur fait ensuite le tour pour être payé.
Nous repartons plus légers et nous arrêtons quelques minutes plus tard à un restaurant ; c'est qu'il commençait à faire faim ! Le chauffeur vietnamien, toujours aussi sympathique, nous explique que le repas est compris dans le prix du voyage. Au menu, du riz blanc, des légumes, de la viande, du poisson, du potage, c'est un véritable festin disposé sur la table et chacun se sert à volonté dans son bol. Nous mangeons avec Noémie et Benoît qui vont également à Paksé.
Notre conducteur nous indique que l'on prend un autre bus pour la suite du voyage (lui repart à Kon Tum). Effectivement un bus arrive peu après devant le restaurant où des personnes descendent pour y manger. En attendant, il paye le bus, nous installe et nous dit au revoir.
Beaucoup de sacs dont les nôtres sont chargés sur le toit. Le chauffeur et ses collèges sont de véritables acrobates, ils grimpent sans cesse, les pieds en équilibre sur les rebords des vitres. Le fond du bus est chargé de nombreux colis et le car se remplit également d'autres passagers qui arrivent à plein. Nous sommes assis avec 10cm d'espace entre notre siège et celui de devant : le trajet s'annonce long. Mais ce n'est rien comparé à ceux qui se retrouvent sur des tabourets en plastiques disposés dans l'allée centrale.
Nous démarrons, et à notre grande surprise rejoignons de nouveau le marché couvert. Un passager saute par une fenêtre à l'arrière du bus pour laisser entrer le chauffeur qui prend sa place et se met à décharger les cartons de vêtements, ustensiles de cuisines, sacs de nourritures, et surtout fruits et légumes. Petit à petit nous découvrons une nouvelle rangée de sièges dont nous n'avions pas supposé l'existence. Une fois le déchargement fini, nous nous y installons avec Benoît et Noémie : l'espace est plus spacieux.
Après un trajet sur des routes plus linéaires, nous arrivons à 17h dans la périphérie de Paksé. On nous annonce que pour aller au centre qui est à 3km environ, il faut prendre un tuk-tuk. Le temps de récupérer nos sacs,un couple de tchèques, présents dans le bus, a déjà commencé à négocier. Ils essaient de réunir du monde pour discuter les prix. Nous suivons le mouvement et nous retrouvons à huit dans le véhicule avec tous nos sacs, le chargement est optimal !
Il nous dépose devant un hôtel réservé par le couple tchèque qui apparemment n'est pas très cher. Nous nous installons, l'endroit est sympa et herboré. Une heure plus tard, nous nous retrouvons avec Benoît et Noémie ainsi que les tchèques Pepa et Anna et décidons de manger tous ensemble. Fait amusant, tous les garçons sont dans la trentaine et toutes les filles dans la vingtaine, issues de familles agricoles.
Nous trouvons un bar et y dégustons la bière Lao, très réputée. Nous en profitons pour fêter l'anniversaire de Benoît, qui a 34 ans aujourd'hui! C'est donc l'occasion pour nous de lui souhaiter « Ben Mar Norosenini », Joyeux Anniversaire en tchèque. Anna prend même la guitare de la salle pour jouer un morceau.
Il est bientôt 22h, nous allons manger dans un Street Food (restaurant de rue) avant que tout ne soit fermé. Nous passons une bonne soirée, la sauce prend bien. Nous rentrons tranquillement à notre guest house lorsqu'une musique se fait entendre d'une maison d'à côté. Ils sont en train de finir leur repas dehors, nous nous invitons gaiement et discutons avec eux autour de la table. Ils nous font découvrir de la musique laotienne en fond sonore.
Nous retournons à la guest house et escaladons le portail déjà fermé. Demain, nous verrons ce que nous ferons : Pepa et Anichka ont prévu de louer une moto pour aller aux 4000 îles (à 150 km), Benoît et Noémie vont peut-être se joindre à eux. Pour nous, cela fait un peu loin avec des scooters de location qui ne sont pas toujours fiables. Fatigués par la journée de bus, nous nous nous couchons.




















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