Parés contre tout... ou presque !
- 25 janv. 2016
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Aujourd'hui est notre dernier jour au Laos. Youpi ! Chantonne Manu dans sa tête.
A 5h30, les coqs chantent de toutes parts, les habitants commencent leur journée, le froid est toujours aussi présent, et la chambre est tellement bien isolée qu'on voit le jour entre les planches.
7h15, nos sacs sont prêts et nous décollons. Nous achetons sur la route de quoi faire un pique-nique qui sera bien apprécié avec la journée qui nous attend : sandwichs et bananes. Pour tenir jusqu'à midi, nous prenons également un sandwich au Nutella que nous nous partageons. Il passe trop bien !
Nous devons être au bateau à 7h30 d'après ce que nous a dit un membre de l'équipage hier, même si nous ne partirons pas avant 8h30. Aujourd'hui, nous changeons de bateau et de capitaine. Nous apercevons Mathieu et Virginie, déjà sur le pont, qui rigolent en nous voyant arriver. En effet, alors que nous avons tous prévu de quoi combattre le froid aujourd'hui, les laotiens sont encore plus forts et nous ont pris à revers en imposant une nouvelle règle : chaussures interdites à bord ! Euh... vraiment ? Comme dans les bus couchettes, nous devons les enlever à l'entrée et les ranger dans un sac plastique pour toute la durée du trajet, soit environ 9h.
Nous nous installons pas très loin des autres français et de Clément, le Québécois. On rigolent tous de la situation, même si intérieurement c'est moins la fête quand on pense à ce qui nous attend... Clément, alors qu'il devrait être le plus apte à combattre le froid étant donné les températures des hivers à Montréal, est le premier à trouver une solution de replis : il sort son duvet ! Trouvant l'idée très bonne, Charlène l'imite aussitôt. Quitte à être en chaussettes, autant avoir les pieds au chaud au fond d'un duvet !
Les deux premières heures sont supportables, puis la pluie, le vent et le brouillard s'en mêlent. Un froid terrible arrive, et chacun essaye tant bien que mal de se protéger : sacs de couchage pour certains, couverture achetées à Pakbeng avant de partir pour d'autres, sacs plastiques à chaque pied pour garder ses chaussures (malgré une interdiction du capitaine). En même temps, certains locaux ainsi que deux Japonais sont apparemment non concernés par la règle. Il n'y a pas de raison que ce ne soit pas pareil pour tout le monde ! Enfin, une jeune fille sort même une couverture de survie de son sac pour s'isoler un peu de l'air glacial.
Le bateau suit son cours, Charlène en profite davantage en étant bien installée au chaud, les autres passagers n'ayant pas ce privilège se décomposant peu à peu au fil du trajet. En effet, le temps est encore pire qu'hier, même Manu vivra mal la fin de la traversée. Nous lisons, bougeons, prenons des photos... Manu a découvert des nouveaux effets photos avec l'appareil, c'est donc l'occasion de les tester ! Les paysages sont superbes, une fois de plus. Sous un énorme rocher, deux enfants attendent à l'abri de la pluie.
A 17h30, nous arrivons au pont où se trouvent les deux postes de frontière, à 15km de Houayxay et Chiang Khong, les deux villes les plus proches qui se font face de chaque côté du fleuve. On y dépose des laotiens. Pour nous, interdiction de descendre là, il faut bien faire marcher le business des tuk-tuk !
Nous continuons donc notre traversée, et accostons donc à Houayxay, ville laotienne à la frontière de la Thaïlande. De là, nous prenons un tuk-tuk (nous sommes suffisamment nombreux pour que le prix ne soit pas trop élevé) qui nous ramène … au pont où nous avons déposé des laotiens 30 minutes avant ! Nous sommes toujours avec Virginie et Mathieu, très sympas, aussi tout se passe dans la bonne humeur. Ils connaissent cette frontière pour l'avoir déjà passée dans l'autre sens.
A 18h, nous arrivons au poste de frontière. Nous devons faire tamponner nos passeports pour valider notre sortie du territoire, mais personne au guichet. Nous patientons. Quelqu'un arrive enfin, donne un coup de tampon sur nos précieux, et nous demande de payer une taxe car nous sommes en dehors de leurs heures de bureau (8h-16h). C'est n'est qu'une petite somme, mais le principe est aberrant ! Finalement, on aurait vraiment dû venir quelques jours plus tôt, quitte à arriver le week-end et payer la taxe « week-end », on aurait évité la pluie !
Nous devons rejoindre le poste de frontière thaïlandais, situé de l'autre côté du pont. Le pont n'est pas très long à traverser, mais nous n'avons pas le droit de le prendre à pieds. Il faut bien sûr prendre un bus (payant) pour aller de l'autre côté ! Nous n'avons plus un kip en poche (nous avions prévu en retirant juste ce qu'il fallait et ignorions tout cela) mais heureusement une collègue de travail nous avait donné des bahts (monnaie thaïlandaise) lui restant d'un précédant voyage. Tant mieux, cela nous dépanne grandement. Merci Sylvie !
Nous arrivons à la frontière côté Thaïlande, et remplissons nos cartes d'arrivée. Pas de visa à payer dans ce pays, nous avons automatiquement 28 jours pour y rester. Nous avions lu qu'à ce poste de frontière on pouvait nous demander de payer pour avoir un certificat médical soit-disant obligatoire. L'avantage à cette heure-ci, c'est qu'on aperçoit bien les affiches mais que tout est fermé !
Nous prenons de nouveau un tuk-tuk pour rejoindre Chiang Khong, à 15km du poste de frontière, juste en face de … Houayxay où nous avons accosté ! Quel grosse blague, cette frontière ! Au moins, ça aura été tranquille et pas du tout stressant, rien à voir avec la frontière cambodgienne !
On nous dépose au centre-ville, et on dit au revoir à nos compagnons de route. On retire des bahts au distributeur, puis on se met en recherche d'une guest house. Les premières ne sont pas dans notre budget, mais nous finissons par en trouver une, un peu kitch mais agréable, dont les gérants sont sympas. Nous posons nos affaires et ressortons pour manger. Il est 19h30, et tout est déjà fermé ou en train de l'être. Le temps est toujours aussi pourri, et nous trouvons finalement un établissement qui bat son plein : un bar un peu à l'européenne, avec un billard, de la musique internationale, un comptoir... rempli de monde où il n'y a d'ailleurs que des étrangers. Ce doit être notre premier vrai bar de ce genre où nous allons en Asie !
Nous mangeons et nous rentrons, contents des grosses couvertures qui nous attendent. Nous allons maintenant découvrir notre cinquième pays, pas mécontents d'avoir quitté le Laos !




















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