Marche dans la jungle laotienne
- 20 janv. 2016
- 4 min de lecture

Il est 8h, notre petit déjeuner nous attend. Ce que c'est agréable de n'avoir qu'à mettre les pieds sous la table dès le réveil, à quelques mètres de notre bungalow et dans un cadre naturel aussi splendide. Le temps semble de moins en moins froid, c'est appréciable. Comment font les habitants qui logent encore dans des maisons en bambous ?
Aujourd'hui, nous allons marcher dans la jungle. Joël nous conseille de prendre 1,5L d'eau chacun dans notre sac à dos, des chaussures qui ne craignent pas l'eau et un pantalon plutôt qu'un short pour ne pas avoir les jambes griffées par la végétation. Une fois prêts, nous rejoignons l'espace de vie commune, Pia est déjà là, toujours aussi souriant et heureux. Il nous accompagne également aujourd'hui, c'est génial !
Le panier à riz en bambou que nous avions commandé a été livré, on le paiera en passant tout à l'heure. Nous prenons la direction du village, après avoir pris un bâton en bambou pour la marche qui nous attend. Nous embarquons dans la pirogue avec Papaye le chien de Joël tout content de venir se promener, et naviguons 20 minutes avant d'arriver au début d'un sentier qui s'enfonce dans les collines.
Au détour d'un chemin, nous arrivons sur quelques ares qui ont été aplanies et transformées en rizières. Comment ont-ils fait pour amener des tracteurs jusqu'ici ? D'autres cultures de riz ont été semées à même la pente, les hommes faisant les trous avec un pieu, les femmes les suivant de près avec les graines. Mais le rendement et la qualité sont loin d'être les mêmes... Au nord du Laos, on ne trouve que du riz gluant, spécialité du pays. Le riz blanc commun n'est pas cultivé du tout. Dans les terrasses qui servent de rizières, nous trouvons également de l'ail, des oignons et des ananas.
Sur le sentier, Pia a repéré des oiseaux. Il reviendra demain pour les abattre et les manger. Nous prenons un autre petit sentier, bien moins visible, qui nous amène à une maison qui sert seulement pendant les travaux des champs. Elle permet aux travailleurs de dormir sur place pour moins perdre de temps. La maîtresse de maison est là avec quatre de ses douze enfants, les plus jeunes. Elle travaille la journée mais rentrera au village ce soir. Nous lui achetons des pomelos pour notre dessert de midi, puis repartons.
Nous sortons des rizières, la végétation devient plus dense. En face de nous, des forêts de bambous, d'arbres immenses, de lianes, de bananiers... Nous nous arrêtons à un carbet (plancher isolé du sol avec quatre poteaux et un toit) qui sert de lieu pour manger quand les villageois viennent chasser ou travailler dans leurs rizières. Nous faisons une pause banane, et repartons de plus belle. Nous arrivons à un réservoir, c'est celui qui sert à alimenter le village en eau courante pour toute l'année. Il a été construit par la croix rouge, qui s'est occupée d'un grand nombre de ces installations dans les villages alentours. Cela représente des kilomètres de tuyaux déroulés dans la montagne.
Le long du sentier qui s'enfonce dans la végétation, Pia suit à la trace les empreintes d'animaux, sent les crottes, nous montre des plantes. Son sens pratique et son agilité à suivre ses proies sont impressionnants. Nous ne serions pas capables d'attraper un seul de ces animaux.
Nous entrons maintenant dans la jungle, Pia passe devant et élague le passage avec son coupe-coupe tout neuf. C'est vrai qu'il coupe bien. Même les plus gros bambous qui entravent le chemin n'y résistent pas. Nous suivons un cours d'eau, et marchons même par moments directement dans le ruisseau. Nous découvrons alors des installations d'habitants pour dévier le cours d'eau et irriguer leurs rizières.
Nous continuons notre périple, de chaque côté ce ne sont que bananiers, lianes, bambous, arbres, géants. La lumière pénètre difficilement. Nous sommes au cœur de la jungle laotienne... Nous apprenons que parmi les animaux qui l'occupent on trouve les panthères, les jaguars, les sangliers, les biches, les serpents (cobras royaux, pythons...)...
Nous arrivons de nouveau à un carbet, et nous arrêtons pour y prendre notre repas de midi, transporté par Pia. Notre estomac rempli, nous profitons des lieux magnifiques pour y faire une petite sieste, pendant que les fourmis colonisent les chaussures de Manu laissées par terre.
A 14h, nous prenons le chemin du retour. Pia coupe des lianes en morceaux dont il récupérera l'écorce pour la vendre aux chinois (1€ le kg) : ils en font de la colle. Être débrouillard, voilà le secret pour survivre ici ! Nous revenons par un chemin différent, une route dans la montagne créée par les chinois lorsqu'ils sont venus installer les pylônes électriques pour les lignes à haute tension. Les villageois les ont entretenus pour s'en servir et ainsi amener leurs tracteurs dans leurs champs. Joël nous vante les propriétés et usages du bambou, présent partout ici, puis nous passons devant un tas de planches très régulières taillées à la tronçonneuse. Et oui, pas de scie circulaire ici. Et pourtant, le travail est incroyable... Nous apprenons qu'ils ont le droit de couper des arbres et bambous de la forêt seulement pour construire leurs maisons ou les utiliser pour le village, et non pas pour la revente. Enfin ça c'est officiellement.
Nous arrivons en haut de la dernière colline, qui surplombe le village de Ban Simoncoune, de l'autre côté de la rivière Nga. Nous descendons en direction de cette dernière, passant à côté d'immenses colonies de fourmis et de champs d'orangers. Arrivés au bord de l'eau, juste en face du village, Joël et Manu demandent à un jeune en pirogue de les faire traverser. Ce dernier les fera rire en pagayant avec ses tongs !
Quand à Charlène, elle préfère traverser à pied. Il y a du courant, mais l'eau arrive seulement aux genoux. En y allant doucement, ça passe sans souci ! Nous rentrons au bungalow, et prenons notre apéritif quotidien : un tipunch à base de citron vert, de sucre et surtout d'alcool de riz local ! Le dîner, ensuite sera délicieux avec sa salade verte accompagnée de tomates, d’œufs et de viande. Pas de vinaigrette, mais du jus de viande mélangé à du jaune d’œuf. C'est original et délicieux ! Et bien sûr, le tout accompagné de riz !
La journée a été captivante, nous sommes fatigués mais vraiment contents de ce séjour !




















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