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Ban Simoncoune, un village Lao Lum au Nord du Laos

  • 18 janv. 2016
  • 4 min de lecture

La nuit a été très froide, aussitôt sortis du lit nous enfilons pantalon, polaire, veste et krama. Avant que le soleil ne franchisse les montagnes, l'air est vraiment très humide. A 8h, nous allons prendre un petit-déjeuner, et nous mangeons comme des princes : œuf au plat, tartines grillées de beurre et de confiture, thé ou café. La journée commence bien !

A 10h, nous accompagnons Marie-Claude et Denise qui doivent prendre un bus pour aller au nord du Laos. Nous nous rendons donc à Ban Nam Nga, là où le bus nous avait laissé. Sauf que cette fois-ci, c'est en voiture que nous y allons. C'est d'ailleurs étrange de monter dedans, cela faisait bien longtemps.

Arrivés au village qui ne compte qu'une vingtaine de maisons, nous attendons quelques minutes qu'un bus passe puis nous souhaitons bonne route aux retraitées. Nous prenons ensuite la direction d'un chemin en terre qui mène au portail de l'école du village. Devant lui, deux stands de nourriture permettent à ceux qui en ont les moyens d'acheter de quoi se restaurer.

L'école est très grande, elle accueille environ 700 élèves, des plus petits aux lycéens. Elle s'étend autour d'un grand terrain de sport en herbe, avec des bâtiments tout autour, chacun étant composé de plusieurs salles de classes. Le tout est situé au pied d'une montagne, entouré par les arbres. Le cadre est magique et ne pourrait être plus naturel. Joël connaît le directeur de l'école et certains professeurs, nous le suivons donc et allons visiter quelques classes et discuter avec des enseignants. Les élèves sont très nombreux (35 par classe voire plus), et entassés sur les bancs en bois, pour autant ils sont très attentifs et studieux, écrivant d'une écriture soignée dans leur cahier.

Les enfants viennent de beaucoup de villages alentours, en vélo, en scooters pour les plus grands, à pieds, en pirogue, ou déposés en voiture. Une partie du terrain de l'école sert donc de parking à vélo et à scooter. Pour ceux qui viennent de très loin, un internat a été créé. Il est très sommaire : quelques cabanes en bambous, un sanitaire, et les jeunes se débrouillent pour se faire à manger. Certains apportent carrément avec eux un gros sac de riz lorsqu'ils viennent.

C'est l'heure de la récréation, beaucoup révisent sur leurs cahiers de travaux dirigés. Certains viennent nous voir, d'autres encore escaladent un arbre. Tous les âges sont mélangés, il y a une bonne ambiance qui règne ici. Une dame tape alors sur la jante d'une roue, ce qui marque la fin de la récréation. Les élèves rentrent en classe, et nous quittons l'établissement.

De retour au bungalow, il est midi. Noï, l'épouse de Joël, nous a concocté une fois de plus un délicieux repas. A 14h30, nous partons en direction de Ban Simoncoun, le village Lao Loum de Noï. Bon, c'est vrai, il n'est qu'à 200m, au détour d'un chemin. Nous y arrivons rapidement. Nous passons devant la petite école, qui ne compte que deux salles de classe, où sont sensés aller les plus jeunes enfants. Le village compte tout au plus une trentaine de maisons, mais nous apprenons qu'en quelques années il a extrêmement évolué : alors qu'en 2007 (arrivée de Joël au village) il n'y avait que deux maisons en dur et le reste en bambous, c'est maintenant le contraire. Une famille vient même de commencer la construction d'une maison en moellons avec un étage ! Il faut aussi dire que l'électricité n'est arrivée qu'en 2004, ce qui a révolutionné la vie des villageois.

Des femmes travaillent à l'extérieur sur des métiers à tisser qui ressemblent à ceux vus et essayés au Cambodge. A la différence près que les motifs réalisés sont beaucoup plus compliqués que les kramas cambodgiens. Nous allons ensuite voir le temple du village et les trois moines qui l'occupent, pieds nus et parés d'orange. Joël nous explique que les lieux sont restés inoccupés pendant longtemps, car personne ne pouvait les nourrir. En effet, dans la religion bouddhiste les moines sont les gardiens de la spiritualité, mais en contrepartie les villageois doivent les nourrir. Jusqu'à présent, le village étant pauvre, personne ne pouvait s'en charger, mais les moines revenus il y a deux ans, sont originaires du village et ce sont donc principalement leurs familles qui les nourrissent. L'un des trois est encore très jeune, mais depuis petit il a voulu de lui-même se diriger vers cette voie et est donc pris en charge par les adultes.

Nous passons devant la maison d'une vieille dame qui fabrique des paniers à riz (utilisés dans toutes les maisons laotiennes pour servir le riz gluant) en bambou. Nous lui en commandons un pour ramener comme souvenir. Nous allons ensuite au bord de la rivière Nga, à 100 mètres du village, où sont amarrées les pirogues des villageois. Nous en avons d'ailleurs observé un en train de construire son propre navire de 8m, devant sa maison. Pour cintrer le bois, la méthode est simple : relever les deux côtés plus haut et poser des grosses bûches au centre pour abaisser le milieu. Ensuite, il suffit de clouer les planches autour !

Dans la rivière, les villageois ont mis en place une pompe pour extraire les cailloux et le sable de la rivière. Le tout est ensuite chargé à la pelle dans un camion et utilisé dans le ciment pour la construction des maisons. Joël nous explique ensuite que le village est pauvre, mais que les habitants les plus volontaires s'en sortent bien et arrivent à avoir une belle maison. En effet, ici il faut savoir être débrouillard et polyvalent en diversifiant ses activités : construction de la maison du voisin, chasse, pêche, cueillette, culture et revente,... Ce sont les rois de la débrouille !

Nous prenons le chemin du retour et passons devant l'épicerie du village qui propose des tickets de loterie. Joël nous explique alors le fonctionnement de la loterie nationale qui est tellement populaire qu'il y a maintenant trois tirages par semaine. Les laotiens en sont vraiment friands. Il est 18h, il commence à faire nuit. Les jours rallongent, cela fait du bien. Le temps redevient frais et très humide, nous dînons une fois de plus dans la pièce principale ouverte sur l'extérieur. Nous sommes impatients d'être demain, une magnifique journée à la découverte des ethnies nous attend !

 
 
 

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