Balade dans la campagne de Kon Tum
- 28 déc. 2015
- 5 min de lecture
Nous sommes prêts pour 7h45. Nous allons demander un scooter à louer aux propriétaires du Family pour la journée. Ils nous proposent un semi-automatique qui n'est vraiment pas top, mais ça fera l'affaire. Banana nous rejoint, nous prenons un sac à dos et décollons.
Nous n'allons pas bien loin puisque nous nous arrêtons prendre un café au bord de la rivière, histoire de bien commencer la journée. C'est un café vietnamien, donc très fort, nous prenons bien une heure à discuter avant de repartir. Nous allons ensuite mettre de l'essence puis traversons le pont principal de la ville, direction la campagne !
Nous faisons un premier arrêt au village des lépreux, où un certain nombre de maisons ont été construites pour eux. Les volontaires de l'ONG étaient allés donner des cadeaux aux enfants du village pour Noël. Le village se situe juste à côté de grandes rizières ou barbotent des dizaines de canards, on peut également y voir des aigrettes.
Dans une rizière, un homme avance avec une grosse machine qui ressemble à une sorte de tambour ou roue. Il passe dans les restes de culture (le riz a déjà été récolté) et a l'air de retourner la terre car derrière lui tout est plus lisse, plus aucune tige ne sort de l'eau. La machine est motorisée et l'homme marche derrière. Sur le bord de la route, un Vietnamien s'arrête vers nous. Banana est subjuguée car il est barbu et cela est extrêmement rare ici (seulement quelques poils qui poussent parfois et que les hommes ne coupent jamais, si bien qu'ils atteignent parfois 20cm de long, c'est affreux!). Elle lui demande même pour le rendre en photo, mas il refuse.
Nous repartons, et traversons des villages, des plantations d'hévéas, de café et de … manioc ! Nous ne savions pas quelle était cette plante si présente de partout ici. Si nous avons besoin de prendre une guide ici (alors que nous nous débrouillons très bien tous seuls au Cambodge), c'est que certains villages sont interdits et qu'on peut se faire arrêter par la police. On ne peut donc pas se balader comme on veut ici.
Nous nous arrêtons dans un village et nous arrêtons sous sa maison communale (maison typique des villages bahnars avec un immense toit qui est un lieu de regroupement). On prend un sentier de terre, quelques enfants nous saluent. Nous arrivons à des rizières et marchons sur les petits monticules de terre qui séparent les parcelles. Nous observons dans les eaux des poissons, des grenouilles... Les rizières viennent d'être semées, même si certaines sont dans un état plus avancé que d'autre. C'est génial, on aura vu toutes les étapes de la culture du riz !
Nous reprenons un autre sentier, Banana nous fait goûter aux fruits du tamarin. On retrouve un peu le goût de la rhubarbe. On traverse des plantations de café, c'est la fin de la période de récolte en ce moment. Puis nous arrivons dans un cimetière d'une minorité ethnique. Il s'agit de monticules de terre devant lesquels sont disposées des jarre (une par personne enterrée). Le tout est entouré d'une barrière soit en grillage métallique soit en branches, et recouvert par un toit en tôle. Devant les barrières, on voit des sculptures en bois d'hommes, de femmes enceintes, de visages, et des crânes de bovins sacrifiés lors des enterrements.
Banana nous explique que ce cimetière a été abandonné. En effet, les villages des minorités ethniques sont nomades et se déplacent, même si c'est de moins en moins fréquent, et reconstruisent ainsi tout à leur arrivée. Ils abandonnent donc leurs morts derrière eux. Nous quittons les lieux et regagnons notre scooter, juste après avoir observé trois jeunes enfants réparer un filet de pêche.
On prend la route d'un restaurant un peu particulier, perdu en pleine campagne, où on pêche pour manger. Le cadre est magnifique, le bassin ressemblant à une piscine naturelle parfaitement intégré dans le décors. Malheureusement, pour cause de problèmes familiaux, la gérante nous apprend qu'il n'est pas ouvert aujourd'hui. Nous repartons donc, Banana a un autre lieu en tête. Nous traversons une plantation d'hévéas en prenant un semblant de sentier qui passe entre les arbres, le tout arrivant au milieu du terrain de foot d'une école de campagne. C'est assez drôle.
Nous arrivons au restaurant d'un village bahnar dans lequel beaucoup d'animaux, tout autour de la salle de restauration, sont en cage ou en aquarium : pigeons, cannes, iguane, tortue, poisson,... Nous comprenons vite le principe de ce restaurant lorsque nous apercevons le menu : tout ce qui est proposé sur la carte est visible dans les cages, il suffit donc de choisir ce qu'on veut manger à midi. Mais c'est quand même assez horrible de voir le restaurateur aller attraper une cane, nous la montrer en nous demandant si elle nous convient, et aller la préparer en cuisine.
Le problème est qu'ils ne savent pas couper la viande au Vietnam, nous nous retrouvons donc avec une cocote dans lequel cuisent des morceaux de viande et d'os difficiles à manger, des morceaux de cou,... Mais où sont passés les bons morceaux ? Le tout cuit avec des pousses de bambou, que nous avions déjà goûtées à Ho Chi Minh. Ici elles sont moins fortes car cuisinées plus fraîches, mais le goût reste quand même très particulier ! Manu apprécie presque cette fois, mais pour Charlène rien que l'odeur est terrible. Nous terminons le repas, en ayant comme surprise une note très salée. C'est sûr, nous ne reviendrons pas là !
Nous reprenons les scooters et rejoignons la ville par le sud ouest : nous traversons des collines, ce qui nous permet de surplomber Kon Tum. Ce n'est pas la meilleure saison pour s'y balader en scooter car le vent très fort créé des nuages de poussière à partir du sable naturellement présent dans le sol. C'est la saison sèche.
Nous arrivons vers le pont métallique que nous avions pris pour aller à Kon Ko Tu lors de notre premier séjour à Kon Tum. Nous le prenons pour rentrer en ville, c'est trop facile après avoir pris en scooter le pont en bambous au Cambodge ! Il y a un café, bien caché si on ne le connaît pas, situé juste au pied du pont. Il donne une vue sur la rivière Dak Bla. Nous profitons de la vue et discutons autour d'un « cafe sua » (café au lait).
Banana nous emmène ensuite chez elle, c'est sur la route pour rentrer au Family. Dans la cour de sa maison, il y a des bananiers de partout ! Ce n'est pas l'origine de son surnom (son vrai nom est Ban), mais cela ne fait que le renforcer !
Nous rentrons à l'hôtel, posons nos affaires, et partons à notre restaurant préféré au Nord de la ville. Situé à quelques centaines de mètres de l'hôtel où nous dormions lors de notre premier séjour à Kon Tum, nous y allions très souvent. C'est très simple (riz, légumes, viande, bouillon), mais délicieux et l'assiette ne coûte qu'un euro. Ils sont trop contents de nous revoir, il faudra qu'on y revienne une autre fois avant de partir. Sur la route du retour, nous achetons une boite de gâteaux, mais cette fois pour nous. Nous rentrons, impatients de découvrir le village de An demain !




















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