Le Mondolkiri: de la sea forest aux cascades de Bousra
- 18 déc. 2015
- 4 min de lecture

Nous avons décidé du parcours que nous voulions effectuer dans la journée, nous louons donc un scooter au guide parlant français qui nous en avait proposé la veille. La chaleur n'est plus un problème, nous sortons même nos kramas pour nous protéger du froid.
Le scooter est loué le réservoir vide, comme toujours ici, nous allons donc à la station service pour en mettre un peu (on en trouve tout le long de la route dans des anciennes bouteilles d'eau en plastique, mais il est légèrement moins cher en station).
Nous prenons pour commencer la direction de la « Sea Forest », à 5 km de la ville, en haut d'une colline. Il s'agit d'un point de vue sur la forêt à perte de vue qui, comme son nom l'indique, donne l'impression d'une mer d'arbres avec des vagues. La vue est magnifique. Il n'y a qu'un bus sur place, et ses passagers sont allés marcher un peu plus bas, c'est donc très calme.
Lorsqu'ils remontent, nous discutons avec une française qui nous explique que ce bus est composé des membres qui travaillent pour l'UNESCO du Cambodge. Et elle-même en est … la directrice ! Rien que ça ! Elle nous parle de quelques travaux réalisés sur les bunongs, l'ethnie principale de la région. Elle nous fait rire car elle avoue avoir deviné qu'on était français en nous voyant de loin : « Il n'y a que des français pour venir jusqu'ici ! » Apparemment on serait plus téméraires que les autres ?
Après avoir profité des lieux, nous prenons la direction des cascades de Bousra, qui sont à 35 km de la ville. Nous sommes sur la crête des montagnes, il y a beaucoup de vent et nous sommes secoués sur le scooter. La conduite en est plus difficile, il faut rouler moins vite. Un homme nous arrête sur la route, son collègue est en train de tronçonner un arbre immense. Quelques minutes plus tard, il s'effondre à quelques mètres de nous, c'est impressionnant.
Plus loin, nous arrivons sur une route complètement défoncée, où seuls quelques morceaux de goudrons disséminés sont encore en place pour couvrir la piste de terre rouge et de cailloux. Nous avons appris que, la corruption régnant dans le pays, il n'était pas rare que les 15cm de goudron soient commandés et payés, mais que seuls 5cm arrivaient au bout du compte. Cela explique en partie l'état délabré des routes au Cambodge. La piste nous donne du fil à retordre, elle s'étend sur plusieurs kilomètres. Nous espérons ne pas crever sur les nombreuses pierres présentes qu'on ne peut éviter.
Nous nous arrêtons dans un village pour manger, nous trouvons une petite maison qui propose du riz accompagné de légumes et de viande. Une petite dans son youpala, qui ne doit pas avoir plus d'un an, n'arrivera pas à finir son repas tellement elle sera fixée sur nous. C'est qui ceux-là ?
Nous arrivons aux cascades, et descendons tout en bas pour apprécier le spectacle. Il y a quelques cambodgiens qui viennent pique-niquer ici, en même temps l'endroit s'y prête bien. Au bout de quelques minutes, Charlène ne retrouve plus les clés du scooter. Panique, elle remonte les escaliers en toute hâte pour retourner à l'entrée : les clés sont bien là, posées sur le bureau où elles les avaient laissées le temps de payer. La jeune femme à l'accueil sourit.
De retour à la cascade, nous observons un homme qui pêche avec des larves d'abeilles directement extraites du rayon de la ruche. Chez nous, ce sont des vers, quel manque d'originalité ! Des nattes sont installées un peu partout par terre, nous nous installons sur l'une d'elle. Mais au bout d'une demi-heure, une dame vient demander à Manu de payer pour la natte... le prix de l'entrée ! Ce n'est marqué nulle part, et le prix nous paraît douteux, aussi nous faisons mine de ne pas comprendre et nous partons.
Charlène se pose sur un rocher et sort sa liseuse, Manu part faire des photos et rencontre trois jeunes Cambodgiens avec qui il sympathise. Nous avons assez profité, nous voulons bouger. Sur la carte, il n'y rien d'autre à visiter sans que ce soit à plus de 30 km de la ville (le temps de rentrer sur Saen Monorom, on aura pas le temps de faire l'aller-retour). Nous décidons donc de rentrer tranquillement.
Le réservoir passe dans le rouge alors que nous traversons la portion de route très abîmée où il n'y a pas âme qui vive. La réserve diminue à vue d’œil, nous espérons trouver une maison avec de l'essence avant de tomber en panne ! Ouf, on arrive à l'intersection des deux routes principales, des maisons sont en vue. Nous ne prenons qu'une petite bouteille de 50cl, cela nous permettra largement de rentrer.
Arrivés en ville, nous rendons le scooter et achetons au guide (qui a aussi un stand ambulant dans la rue) un sachet de bananes séchées. Nous y sommes devenus accros, aussi nous lui demandons la recette (elles sont coupées finement puis frites dans l'huile, et certaines sont sucrées par la suite).
Nous passons à la Green House, qui a … retrouvé le portable de Manu ! Génial ! Heureusement que c'est un vieux portable qui ne vaut plus rien, on est toujours plus sûr de le revoir si quelqu'un le retrouve. Nous achetons nos tickets de bus pour demain, en direction de Banlung dans la région du Ratanakiri (deuxième région très rurale et peu habitée, dans le même genre qu'ici). Ce sera notre dernière étape avant la traversée de la frontière pour le Vietnam et Kon Tum, où nous allons passer les fêtes !
Nous mangeons, repensons à notre journée et aux autres passées dans ce pays : le scooter est définitivement un bon moyen de découvrir le Cambodge !




















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