En direction des montagnes
- 16 déc. 2015
- 5 min de lecture
Il est 6h, nous nous levons. La famille s'active déjà. Nous préparons nos sacs et les descendons dans la cour. Pendant ce temps, Charlène part avec Antoine chercher des fameux cafés au lait concentré pour bien démarrer la journée. Sur la route, Antoine continue de faire des petites vidéos de scènes de vie. L'épicier ne lui en veut apparemment pas de l'avoir réveillé hier soir pour acheter des bières !
Charlène revient devant la maison, nous dégustons notre café. Puis notre tuk-tuk arrive (Aline l'avait appelé pour nous hier soir). Le chauffeur, chose rare, parle français ! Sa fille est partie vivre en Bretagne et il y est même allé quelques semaines. Ce qui l'a le plus marqué, c'est le petit déjeuner car il n'en pouvait plus : « C'était toujours baguette... baguette... baguette ! » On explose de rire, car ici c'est riz... riz... et riz !
Nous faisons nos adieux à la famille, les échanges sont assez poignants. Même si nous sommes restés que 36h ici, nous avons quand même vécu beaucoup de choses avec eux. Nous les remercions du fond du cœur, souhaitons bonne continuation à Antoine et Aline, et le tuk-tuk démarre.
Il n'y a qu'un être que nous ne regretterons pas, c'est bien leur chien. Comme tous ici, ils ne reçoivent aucune relation de la part de leurs maîtres, sinon des coups ou des cailloux. Certains s'amusent même à leur rouler dessus avec leur scooter. Ils sont donc devenus complètement débiles et nous jappent dessus dès qu'ils nous voient. Ils sont tous destinés à être vendus pour être mangés, ce qui explique tout cela. Mais ce qui nous a vraiment surpris, c'est quand Antoine leur a demandé si leur chien allait être mangé : ils ont répondu que non, celui-là ils le gardait car ils le kiffent ! Nous n'avons vraiment pas la même notion de « kiffer » !
Nous arrivons à la station de bus, souhaitons bonne continuation à Karine après ces 10 jours passés en sa compagnie. Elle rentre sur Phnom Penh, la capitale, alors que nous allons dans le Mondolkiri, région rurale peu habitée frontalière au Vietnam. Le départ est un peu long, nous avons 30 minutes de retard. Le coffre est bondé de cartons, certains sièges aussi, il faut charger un scooter à l'arrière du véhicule en l'attachant avec deux cordes, et en faire monter un deuxième dans l'allée du petit bus, entre les sièges. Nous sommes partis !
Les paysages changent très vite : les éternelles plaines cambodgiennes que nous voyons depuis notre arrivée dans le pays laissent place aux montagnes et aux forêts. Le climat change lui aussi, on nous a prévenu qu'il ferait plus frais là-bas ! Au bout d'une heure, on s'arrête déjà pour une pause d'une demi-heure. En réalité, tout le trajet sera ponctué d'arrêts plus ou moins longs pour décharger des colis, en recharger d'autres, déranger et re-ranger le coffre, … Il n'y a pas beaucoup de kilomètres, mais nous mettrons tout de même 6h30.
Sur la route, Charlène tente une assiette. Mauvais choix, ce sont des pousses de bambou : leur goût vraiment particulier (déjà goûté à Ho Chi Minh) achèvera prématurément le repas. Nous repartons. Sur la route très peu fréquentée, nous doublons un autre mini-van : le véhicule est chargé à l'extrême ! Non seulement il y a beaucoup plus de personnes que de sièges (avec des sacs et chargements sur et autour d'eux), mais le coffre est resté ouvert, duquel dépassent de nombreux sacs. Encore plus loin, accrochée au coffre ouvert, une moto est attachée en suspension, tenue par deux cordes seulement. Sur cette moto, un homme assis profite du voyage. Enfin, des personnes sont assises en équilibre entre les valises, les pieds appuyées sur la moto, un petit garçon de deux ou trois ans sur les genoux. Un mini-van typiquement cambodgien !
Nous arrivons à Saen Monorom, une toute petite ville (une seule rue principale et quelques ruelles), qui est pourtant la plus grosse ville de la région du Mondolkiri. Enfin, nous ne ressentons plus la chaleur insoutenable habituelle : elle a été remplacée par du vent et de la fraîcheur. Les personnes que nous croisons sont en pantalon, veste, et certains portent même une doudoune ! Il faut pas exagérer quand même...
Nous trouvons rapidement une guest house, où un guide parlant anglais et français nous propose ses services. Nous prenons son plan dessiné des environs à visiter et sa carte de visite. Nous partons à la découverte de Saen Monorom : la ville n'est pas très grande, mais nous y trouvons un petit marché très authentique, caché sous un dédale de tôles, isolé de la rue principale comme si on avait voulu le cacher. Nous faisons également le tour des boutiques, toujours à la recherche d'un petit drapeau du Cambodge à ramener (nous en ramenons un de chaque pays, mais ceux vus dans les autres villes étaient incroyablement chers donc nous cherchons encore).
Dans une ruelle à la sortie du marché, alors que le sol est en terre battue et les bâtiments assez délabrés, nous passons devant un bâtiment du même type mais dont les murs intérieurs sont blancs et une odeur médicale en sort. Un cri de nourrisson se fait entendre : cela doit probablement être la maternité.
En fin de ballade, nous cherchons un endroit où manger. Nous descendons puis remontons la rue principale et décidons de nous arrêter dans un petit resto local. Le repas est bon, nous demandons deux bières pour l'accompagner. La petite fille des gérants part aussitôt à l'épicerie nous en chercher. En plus, elles sont fraîches ! Mais alors que Charlène ouvre la sienne, ce n'est que de la mousse qui coule et qui coule. Rien a faire à part éponger avec des serviettes en papier au fur et à mesure. Nous demandons un verre et Manu décide de l'ouvrir complètement pour verser la bière dedans. Mauvaise idée, elle explose cette fois-ci littéralement, couvrant Charlène de mousse. Super le repas... La canette est gelée, on sent un gros morceau de givre à l'intérieur. Lorsque nous avons terminé, nous demandons la note. La gérante veut nous faire payer deux bières. Nous lui montrons en secouant la canette qu'elle est gelée. Elle ne comprendra qu'après l'avoir ouverte en deux à la machette.
A la guest house, comme dans pratiquement tous les lieux cambodgiens (hôtels, boutiques,...), il faut enlever ses chaussures à l'entrée (la plupart sont en tongs donc ça va vite à enlever et remettre). Nous le faisons donc à chaque fois, ce qui surprend les employés mais les ravit en même temps. Apparemment, les touristes ne se sentent d'habitude pas concernés par cette règle... Une mauvaise image de plus que nous renvoyons à l'étranger !
Nous souhaitons tester en guise de dessert une idée que Charlène avait en tête depuis quelques jours déjà : des bananes au lait concentré sucré « My boy », nom des boites de conserve que l'on trouve de partout. Il faut ouvrir la boite, et nous n'avons rien sur nous pour cela. Charlène ira donc avec la gérante de la guest house emprunter une machette à un stand de vendeur ambulant dans la rue.
Le Cambodge rime avec la découverte de la banane sous toutes ses formes, surtout pour Charlène : en jus de fruits, en milk shake, fraiche, séchée, frite, flambée, cuite dans du riz, … Si le Master Chef de la banane existait, on connaîtrait déjà le nom de la gagnante !
Nous nous couchons après avoir pris une douche froide, comme tous les jours depuis notre arrivée au Cambodge. Comme le climat s'est refroidi, l'eau est encore plus fraîche ici et la douche plus difficile à prendre. Mais on ne peut pas tout avoir !




















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