Du Mékong Bamboo Hut à AMICA village
- 14 déc. 2015
- 7 min de lecture
Nous souhaitons profiter de cette dernière journée dans ce petit coin de paradis qu'est la Mekong Bamboo Hut. Nous nous levons vers 8h, comme tous les jours ici, et souhaitons bonne route à ceux qui partent plus tôt pour prendre leur bus. Malheureusement pour Max, Hélène et Arthur, ils devront encore nous supporter quelques heures ! Nous n'avons rendez-vous à AMICA village qu'en fin d'après-midi.
Nous écrivons un mot sur le livre d'or de la guest house (un peu long, c'est vrai). Arthur, qui le lira plus tard, nous dira être surpris de ne pas y trouver un tableur excel. En fait, il fait référence à notre côté rigoureux et méthodique : il a été surpris de nous voir noter toutes nos dépenses journalières dans un petit carnet bien soigné ! Mais comme on lui a expliqué, c'est autant pour nous (pour respecter le budget fixé) que pour les futurs voyageurs (nous mettrons en ligne les budgets par pays).
Charlène prend ensuite un temps pour demander à Max, notre chef cuisto, quelques unes de ses recettes (plats, grignotages, cocktails, rhum arrangé...). Pendant ce temps, Manu part à la poste. C'est peut-être la dernière ville du Cambodge où nous trouverons un guichet où acheter les timbres et poster nos cartes postales. Nous y sommes allés hier, mais étant dimanche tout était fermé. Le guichet est à l'autre bout de la ville, Manu part donc à 9h30.
Alors qu'il traverse le pont en bambou pour arriver en ville, un homme en scooter, prénommé Salhom, s'arrête et lui demande où il va. Il lui propose de l'emmener derrière lui et le dépose juste devant la poste, tout cela gratuitement, simplement par gentillesse. Ce n'est pas fréquent en voyage alors ça fait du bien !
Manu poste les cartes, puis prend le chemin du retour. Il croise Darry, notre loueuse de scooter préférée, qui revient en tuk-tuk de chez le vétérinaire avec son chat. Ils discutent un moment puis il reprend sa route. Après avoir parcouru tout juste deux rues, un autre homme en scooter s'arrête et lui demande où il va. Lui aussi se dirige vers l'île et traverse le pont en bambou, ça tombe bien. Cependant, il demande à Manu de lui proposer une petite compensation. Manu a alors une idée : il lui propose de lui payer le passage du pont ! Ce n'est que 1000 riels l'aller-retour pour les locaux (soit 0,25€), mais l'homme est satisfait !
Avant d'arriver à la bamboo hut, Manu achète une glace artisanale à une vendeuse de l'île. En même temps, la discussion s'engage et la vendeuse lui apprend quelques mots de khmer (= cambodgien). Manu de retour à la guest house, nous prenons un sandwich et des tapas (Manu aura été le premier consommateur incontesté de tapas de la bamboo hut pendant notre séjour). Puis nous faisons nos sacs et nous préparons pour le départ.
Il est 15h15, nous sommes prêts, Karine l'est également. Nous remercions chaleureusement nos hôtes pour la qualité de leurs services, leur gentillesse, et pour tout ce que nous avons vécu grâce à eux. S'il y a un endroit depuis le début du voyage qu'on souhaite recommander, c'est bien celui-là : la Mékong Bamboo Hut de Max et Hélène, à Kampong Chaam sur l'île de Koh Pene. Quiconque viendrait à voyager au Cambodge ne peut passer à côté de ce lieu où l'on se sent chez soi.
Le cœur un peu serré, nous traversons le pont en bambou pour la dernière fois. Manu part chercher notre linge propre à la laverie pendant que Charlène et Karine sirotent un soda au bord du Mékong. Et oui, la vie est injuste ! Le linge n'est pas prêt comme il aurait dû, Manu attend donc qu'il soit plié et mis en sac puis revient.
Nous partons ensuite en direction du village mais nous cherchons un tuk-tuk : en effet le village est à 8km et la chaleur est vraiment trop insoutenable pour imaginer de marcher chargés jusque là-bas.
Nous en croisons un, mais il nous fait signe de refus et il poursuit sa route. Un tuk-tuk qui refuse des touristes ? Vraiment surprenant ! C'est alors que nous le voyons faire demi-tour et venir vers nous. Apparemment il a changé d'avis...
Nous lui expliquons où nous souhaitons aller, il nous demande 3$. C'est moins que les 5$ ou 6$ habituellement demandés pour ce trajet, nous nous assurons donc qu'il aie bien compris où nous allions. Il acquiece de nouveau, on est partis ! Ce n'est pas un tuk-tuk habituel, celui là est plus grand, avec deux grands bancs dans le sens de la route qui se font face. Ces tuk-tuk servent entre autre pour le ramassage scolaire par exemple.
En cours de route, l'homme nous annonce qu'il ne peut nous emmener au bout car il doit être rentré à 17h pour récupérer des élèves à une école en ville (ce qui explique probablement son premier refus). Il est 16h50. Nous lui expliquons qu'il doit nous emmener jusqu'au bout, qu'il n'aurait pas dû accepter sinon. S'il nous laisse sur le bord de la route, jamais nous n'en trouverons un autre ici ! Cependant, nous lui proposons de nous laisser à l'entrée du chemin, il nous restera 800m à parcourir à pied. Cela nous semble un bon compromis. Nous le remercions et prenons la piste.
Les habitants rigolent en nous voyant marcher, bien chargés, sur cette piste qui ne mène qu'à un petit village. Le principe du homestay à AMICA est encore tout nouveau, et je doute que ceux avant nous aient fini le chemin à pied. Nous arrivons à l'entrée du village, devant l'école et le point information. Aline est là. Elle nous accueille et demande à une fillette de nous mener à sa maison.
Nous voyons des maisons de toute sorte, certaines plus jolies que d'autres, nous espérons tous trois aller dans une maison très authentique, pas dans les plus belles du village.
Nous logeons dans la maison de la famille d'Aline (parents, grand-parents, frère, sœur, beau-frère, neveu...). Nous apprendrons plus tard qu'ils ont mis en place un roulement pour l'accueil des étrangers : chaque famille possède un numéro (ici le 3) et les hôtes se relaient (les prochains venant iront dans la maison 4). C'est donc un pur hasard que nous soyons reçus ici.
La maison est authentique, rien n'a été aménagé pour notre accueil, c'est parfait ! Elle est composée d'une pièce unique à l'étage, et contrairement aux autres l'espace sous pilotis a été bétonné pour créer un rez-de-chaussée (seconde pièce de vie) et une autre pièce plus petite (une chambre). A côté de cet espace, un coin cuisine a été aménagé ainsi qu'une petite salle de bain / toilettes.
Les parents et grand-parents d'Aline nous accueillent avec de grands sourires, très chaleureux, ils ont l'air heureux de nous voir. Il sont extrêmement bienveillants, nous proposent sans cesse une chaise pour nous asseoir (on finit par accepter pour ne vexer personne). Nous assistons à la fin de préparation du repas et faisons cuire une omelette au feu de bois. Leur cuisine est une petite pièce abritée d'un toit en tôle, et constituée d'une table ronde et de tabourets en plastique, de deux paillasses basses pour cuisiner et ranger la vaisselle, d'une sortie d'eau accompagnée d'une grande jarre de récupération, et enfin, le plus important, d'un espace cuisson : deux trépieds sur lesquels sont posées les casseroles et au-dessous desquels on alimente un feu de bois.
Le repas est terminé, on peut déguster. Le dîner est vraiment délicieux, et en très grandes quantités (les plats sont re-remplis au fur et à mesure qu'on en mange). Seul bémol, nous ne mangeons qu'entre nous trois. Ce n'est pas vraiment ce qu'on recherchait... Mais nous découvrirons plus tard qu'eux-mêmes ne mangent jamais tous ensemble, chacun mange où il veut et quand il veut. Le repas convivial ne fait donc pas partie de leur culture.
Aline nous rejoint, et nous demande si nous souhaitons prendre notre douche à l'intérieur (petite salle de bain composée d'un bac d'eau en dur et d'une casserole) où à l'extérieur (soit à la khmer). Bien sûr, nous sommes là pour de l'authentique, nous choisissons donc à la khmer, ce qui surprend Aline ! Ici, tout le monde se douche dehors, et devant tout le monde. Ils utilisent pour préserver leur intimité un krama pour les hommes, un sarong pour les femmes. Aline prête donc deux kramas à Manu et deux saurong chacune à Karine et Charlène. Les filles montent ensuite à l'étage pour comprendre l'utilisation de ces derniers. Alors qu'elles se changent, le grand-père essaiera à plusieurs reprises de monter à l'étage (pièce unique), il faudra un mot d'Aline à son oreille pour le convaincre de ne plus remonter.
Le sarong est donc un long tissu (sorte de paréo) cousu en tube. Nous l'enfilons par dessus nos vêtements, il est assez large, puis en tenant une extrémité entre nos dents pour qu'il ne tombe pas, nous retirons tous nos vêtements. Nous sortons ensuite dehors, ainsi vêtues, et passant devant tout le monde. Nous nous dirigeons vers un arbre au-dessous duquel il y a une immense jarre avec quelques poissons. A l'intérieur, deux casseroles. Le principe est simple, une fois qu'on a compris qu'on peut mouiller le sarong et se laver à travers ! Une fois rincé, l'étape un peu plus délicate consiste à remplacer le sarong mouillé par le sec. Il y a du monde autour, il ne s'agirait pas de le laisser tomber !
Pour Manu, ce sera sensiblement la même chose, sauf que le krama, plus petit, se noue autour de la taille. Il utilise par contre une autre jarre, située entre deux maisons, où les voisins se font un plaisir de l'observer en s'asseyant sur leur escalier. Manu ne le vivra pas forcément aussi bien que les filles.
Une fois la douche terminée, nous nous asseyons dehors et Aline propose de nous apprendre l'alphabet khmer. Malgré tous nos efforts, nous ne parviendrons pas à mémoriser grand chose : les sons sont tellement différents de ceux qu'on connaît et tellement proches les une des autres qu'on ne fait parfois pas la différence entre deux lettres !
Pendant ce temps, le grand-père installe la moustiquaire à l'étage au-dessus de notre lit. Nous le rejoignons dans la chambre et discutons un peu avec lui, avec les mains. Nous apercevons les quatre mini-temples disposés dans la pièce et les nombreuses photos de famille sous cadre. Alors qu'ils n'ont qu'une petite maison en bois et en ciment très simple, ils parviennent à la décorer mieux que bien d'autres !
Nous nous couchons à la khmer, il est 20h ! Avec Karine, nous partageons à trois un matelas par terre et sa moustiquaire. Karine souhaitait qu'on dorme dans la même maison, et bien en matière de proximité elle est servie ! Juste à côté de notre matelas, il y a celui des grand-parents. Enfin plutôt de la grand-mère, car le grand-père préfère dormir directement par terre !




















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