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KAPE : un nouveau souffle pour l'école cambodgienne

  • 11 déc. 2015
  • 5 min de lecture

Le réveil sonne, il est 7h. Aujourd'hui, nous devons partir tôt car nous avons rendez-vous à l'école dans laquelle travaille Mary. Nous avions laissé le scooter chez Darry car nous n'en avions pas besoin hier, nous devons donc retraverser le Mékong à pied et le récupérer chez elle, au Lazy Mekong Daze. Sur la route, un homme en scooter s'arrête : il parle un peu français et souhaite s'exercer avec nous. Après trois quarts d'heure de marche, nous récupérons notre précieux et prenons la direction de l'école.

Elle n'est pas difficile à trouver (Mary nous avait dessiné un plan, on ne pouvait se tromper), nous arrivons donc dans les temps sur une grande place où sont présents trois bâtiments qui forment un U : un centre de formation pour les futurs professeurs cambodgiens, une école pour sourds et muets (et probablement d'autres élèves étant donné la taille de la structure), et enfin l'école où travaille Mary dans laquelle travaille le KAPE (Kampuchean Action for Primary School).

Mary nous accueille et nous confie à sa jeune collègue (également rencontrée dans le bus) qui nous emmène visiter l'école. Nous traversons l'espace extérieur, couvert d'herbe, d'arbres et de rochers, et passons devant plusieurs salles de classe (salle de mathématiques, salle de chimie, bibliothèque, salle informatique...). Les élèves sont en train d'étudier.

Nous entrons dans la bibliothèque, discutons avec des élèves (qui souhaite s'exercer en parlant anglais), nous échangeons avec un groupe d'élèves en cours d'informatique... Ce sont de grands espaces, et les bâtiments qui dataient de l'époque coloniale ont été rénovés. Mais malgré tout, les élèves sont nombreux et doivent se partager certains outils (les ordinateurs notamment).

Nous poursuivons la visite, puis notre guide nous présente à leur coordinateur de projet, Mr Van. Nous nous installons devant un café à la cantine de l'école et échangeons sur leur système. Il nous explique le fonctionnement de l'école, et les différences avec les écoles gouvernementales. Le tout est impressionnant.

Leur école accueille des enfants de la primaire à l'université (pour devenir professeur), d'où les enfants de tout âge croisés dans la cour. Ici, les enfants doivent rester à l'école du matin au soir, du lundi au samedi alors que dans les écoles gouvernementales les enfants y vont seulement trois heures par jour, une partie le matin et une partie l'après-midi. Les professeurs sont sélectionnés pour travailler ici et doivent respecter un certain nombre de règles, alors que dans le reste du pays peu importe le travail qu'ils fournissent, certains arrivent en retard et partent en avance sans en être inquiétés. Il y a même des écoles entières qui ferment une semaine avant les vacances nationales et réouvrent une semaine après !

Il faut aussi se rappeler qu'à la suite du génocide des Khmers rouges, la plupart des intellectuels (et donc les enseignants) ont été massacrés. Le pays s'est lui-même porté préjudice en stoppant toute évolution possible.

Ici, les élèves aussi sont sélectionnés avec des tests en anglais et en mathématiques, mais le critère de niveau de vie n'entre pas en jeu : ils souhaitent proposer une école gratuite, où tout le matériel est compris dans la scolarité, d'où des besoins financiers assez importants. Un des problèmes de base rencontré est qu'habituellement les familles doivent payer pour que leurs enfants aient des cours particuliers (ils pensent qu'on ne peut réussir sans, c'est ancré dans le système!). C'est un véritable business parallèle où les enfants ont parfois peur de leur professeur, doivent s'engager à prendre un repas payant chez lui, … le tout coûtant très cher aux familles. Ici, ils vont à l'école toute la journée, donc pas besoin de cours particuliers.

L'échange est passionnant, nous comprenons que cette école pilote est tout simplement une école structurée qui s'inspire des modèles occidentaux et tend à s'éloigner du modèle chaotique environnemental. L'état s'intéresse fortement à leur projet, le ministre étant venu sur place pour visiter les lieux. Ils ont donc demandé d'étendre le travail en créant une deuxième école pilote, mais cette fois-ci à Phnom Penh, la capitale, et avec 2 000 élèves. C'est la première rentrée dans cette école mais cela promet d'être difficile étant le fossé qui sépare ces idées de la société cambodgienne.

Leur organisme KAPE a 15 différents projets, d'autres sont donc plutôt axés sur la création de bases de cours par matière,de programmes à suivre, chose qui n'existe pas encore dans le pays.

Nous quittons la cantine et retraversons la cour, croisons différents groupes d'élèves en « clubs » (club photo, club de sciences...), système inspiré des modèles américains.

Dans la cour, des dizaines de scooters garés. Lorsque nous demandons à Mr Van les règles pour conduire un scooter dans le pays, il nous dit qu'il faut avoir 18 ans pour passer le permis de conduire. Avec tous les jeunes de même pas quatorze ans que nous croisons en scooter, et qui plus est sans casque, on voit que la règle n'est pas forcément respectée ! Rien que ce parking rempli alors que peu d'élèves sont majeurs est parlant.

Nous remercions Mr Van et retournons voir Mary, demandons comment on peut les aider car nous trouvons leur projet fascinant. Le plus impressionnant est la passion avec laquelle chacun exprime son travail, sa volonté de faire évoluer la jeunesse cambodgienne. On sent que tous sont extrêmement impliqués et que cela vient du cœur.

Elle nous explique qu'ils ont besoin de fonds, mais par rapport à ce qu'on peut proposer nous tombons plutôt d'accord sur des envois de matériel, de petits romans en anglais, de correspondance avec des classes françaises. Nous pensons aussitôt à nos partenariats avec les écoles françaises et nous engageons à voir ce qui est possible.

Nous reprenons le scooter et retournons au temple Wat Nokor, que nous avions vu en passant il y a deux jours sans avoir eu le temps de le visiter. Il est composé de pierres noires posées les unes sur les autres au centre desquelles un bouddha habillé en orange siège sur l'hôtel et est entouré de grands tombeaux dorés, argentés, en divers matériaux. C'est vraiment typique du pays.

Des dames proches de la mendicité souhaitent nous vendre des bracelets, nous leur expliquons que nous en avons déjà acheté à AMICA village, tenu par une ONG. Un peu plus loin, de jeunes mariés sont venus pour une séance de photos en habits traditionnels (toute une valise de costumes les attend!). On voit ensuite ces photos, agrandies en grand sur des tableaux, dans les maisons des familles. A l'extérieur de l'enceinte du temple, des buffles se baignent dans les boutasses, seuls, libres et paisibles.

Nous repartons et nous arrêtons manger dans un petit boui-boui où une petite fille amuse la galerie. Puis nous repassons au Lazy Mékong Daze pour changer de scooter : un semi-automatique à 3$ la journée suffira amplement pour ce qu'on veut en faire ces prochaines jours. Nous passons à la station essence et rentrons. Max est blasé car il a surpris sa voisine cambodgienne, en qui il avait pleinement confiance, en train de couper son régime de bananes pour lui voler. Écriture, lecture, discussions, échanges sur l'école cambodgienne, l'après-midi se poursuit tranquillement.

La soirée est tout aussi sympa, Charlène prévoit de partir entre filles demain pour une virée en scooter. Quand à Manu, il est trop content de pouvoir se poser la journée, seul avec lui-même comme unique compagnie...

 
 
 

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