Cheung Kok, un village traditionnel
- 9 déc. 2015
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Nous émergeons tranquillement, prenons un petit déjeuner juste excellent (pain perdu au miel ou au sweet milk) et checkons nos mails : Mary (la coordinatrice de projets rencontrée dans le bus, qui travaille dans une école de Kampong Chaam) nous donne rendez-vous à 17h15 au Lazy Mékong Daze, un restaurant où nous avons loué notre scooter.
Nous n'avons pas pu faire tout ce que nous voulions hier, nous partons donc dans l'idée de découvrir l'autre rive du Mékong. C'est une route qui longe le Mékong en direction du Nord, elle est très praticable (pour une route cambodgienne), et offre des points de vue exceptionnels : villages flottants, pirogues sur le fleuve...
Sur le chemin, nous apercevons un groupe de cambodgiens qui font une partie de pétanque. Nous décidons de nous y arrêter. La partie se joue un contre un, chacun ayant six boules dans les mains. Le terrain est petit, ils jouent entre 3m et 6m (voire 2m sachant qu'ils gagnent encore un mètre un mettant leur talon sur le trait et en avançant le plus possible l'autre pied devant). Le cochonnet est un roulement à billes qu'ils enfoncent bien dans le sol et la partie se fait en 12 points. Enfin, dernière particularité, un des deux joueurs fait rouler ses boules avec son pied. C'est assez drôle et très intéressant. Au bout d'un quart d'heure, ils nous proposent deux chaises à l'ombre. Nous ne pourrons jouer mais le moment passé est sympa.
Pendant que nous observons la partie, nous achetons une soupe déshydratée en boite à laquelle nous ajoutons de l'eau bouillante. Cela nous rappelle les boites chinoises quasi identiques.
Une chose nous interroge néanmoins, tous les hommes croisés de ce côté du Mékong portent un krama (foulard cambodgien à carreaux) autour de la taille. Mais alors que de nombreuses couleurs existent, tous portent un krama rouge, ce qui renvoit aux Khmers rouges et au génocide d'il y a 30 ans. Quel est le message ? Nous ne le savons pas. Mais cela nous laisse perplexes...
Nous reprenons le scooter et repassons en ville, afin de prendre la route principale en direction de Phnom Penh. A 7km de Kampong Chaam se trouve le Villagede "Cheung Kok", un village tenu par l'ONG AMICA qui compte 150 familles, soit environ 750 habitants. Le village dispose de rizières pour la consommation, mais pas forcément pour la vente. Aussi l'idée est de leur apporter un revenu lié à l'artisanat (création de kramas, bijoux, vêtements, accessoires...).
Nous ratons le chemin à prendre mais le retrouvons après avoir fait demi-tour. Une piste d'un kilomètre nous amène au village. A l'entrée, un salle de classe sans mur ouverte sur l'extérieur, comme on en voit en Afrique. Un tableau avec quelques mots écrits à la craie, quelques bureaux en bois, les enfants finissent tout juste leur cours lorsque nous arrivons. La personne qui leur a fait cours nous accueille et se présente : elle est née ici et s'appelle Aline, elle parle parfaitement anglais, et dans le cadre du projet d’écotourisme elle est devenue la guide du village.
Aline nous propose une visite du village, que nous acceptons avec plaisir. Tout un travail a été fait car des panneaux disposés dans tout le village présente en anglais les différents ateliers visibles et leur fonctionnement. Nous commençons par observer leur élevage de vers à soie et les plantations réalisées pour les nourrir, ce qui leur permet de créer eux-mêmes de quoi réaliser leurs kramas ou vêtements. Puis nous arrivons dans une maison où une dame fabrique de la glace artisanale (très différent de ce qu'on peut appeler glace chez nous, assez chimique mais bon quand même).
Ensuite, nous découvrons les métiers à tisser qui permettent de fabriquer les fameux kramas, installés dans un espace sous une maison sur pilotis. Une dame âgée est à l’œuvre, ses pieds actionnant deux morceaux de bois reliés à des ficelles, ses mains faisant passer un morceau de bois contenant une bobine entre les fils. Le motif se dessine sous nos yeux. Une petite fille de 4 ans est assise à côté, la vieille dame très agréable et souriante nous explique qu'elle apprend. Nous rejoignons ensuite l'atelier où est confectionné le sucre de palme pendant la saison des pluies. Nous sommes en saison sèche, il n'y a donc que les outils que nous présente Aline. Elle nous fait également découvrir et goûter des herbes locales que l'on retrouve dans de nombreux plats : le tamarin, le basilic cambodgien,...
En fin de visite, nous nous arrêtons à leur petite boutique, à l'entrée du village. La boutique est tout sauf touristique, les prix très corrects, le travail artisanal de qualité. Antoine, qui travaille en tant que volontaire depuis un an dans cette ONG, nous rejoint à l'entrée du village et nous explique l'itinéraire à suivre pour revenir par une piste qui traverse les habitations.
Sur ses conseils, nous passons en effet par des endroits perdus où les enfants nous saluent en criant, où le chemin se perd dans les rizières et où les palmiers solitaires agrémentent le paysage de plaines infinies. Au bout des 11 kilomètres de piste, nous arrivons au cœur de Wat Nokor, un temple en pierres noires entouré de caveaux dorés de toutes sortes.
Nous retournons en ville et nous rendons au bord du Mékong au Lazy Mékong Daze, lieu de notre rendez-vous avec Mary. Sur place, nous connaissons quasiment tout le monde : Darry, la gérante, des guests qui logent aussi au Mekong Bamboo Hut, des français rencontrés au Amica village...
Mary arrive, et nous découvrons que c'est une très grande amie de Darry !
Nous discutons de son école, de son projet, elle nous explique que demain c'est un jour férié car c'est la « journée nationale des droits de l'homme », ce qui fait beaucoup rire Karine, notre amie québécoise. Mary nous invite vendredi à 9h pour venir voir l'école, les élèves. C'est parfait !
Elle repart, nous restons et commandons une pizza. Les pizzas de ce restaurant sont réputées, et ce n'est pas pour rien ! Nous laissons le scooter (nous voulons rester sur l'île demain) en négociant pour le reprendre après-demain avec l'essence laissée à l'intérieur. On s'équipe de la frontale et on rentre à pied sur Koh Pene, en traversant le pont en bambou.
Alex, Audrey et Hugo partent demain, mais sont arrivés Justine, Alexandra et Fabien, ainsi que des Allemands et autres nationalités. C'est vraiment extraordinaire de voir tous ces voyageurs aller et venir, partager leurs périples, leurs expériences. L'atmosphère est cool, les échanges ultra-riches et tout le monde partage le même esprit du voyage, au plus proche des gens et au plus loin des touristes.
Le repas est une nouvelle fois exceptionnel, Max est un vrai chef ! Alexandre trinque pour son anniversaire, on profite le l'électricité jusqu'au bout et... tout le monde dans son hamac !




















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