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Les temples d'Angkor à vélo

  • 2 déc. 2015
  • 8 min de lecture

Le réveil sonne, il est 4h. Le lever est un peu difficile, la nuit a été courte. Mais nous sommes motivés plus que jamais à aller voir le lever du soleil aux temples, dont tant de monde parle sur les blogs. Nous allons profiter de la journée au maximum !

A 4h30, nous descendons au rez-de-chaussée, mais n'osons pas réveiller le garçon qui dort sur place. Charlène remarque que le cadenas n'est pas fermé, nous sortons donc nos vélos en catimini et gagnons la rue. Il fait nuit noire, les rues sont encore calmes. Nous nous équipons avec notre frontale, notre lampe torche et notre brassard fluorescent. Puis nous enfourchons nos vélos et prenons la direction du temple Angkor Wat, le plus grand de tous d'où nous pouvons observer le lever du soleil.

Le chemin est simple, il suffit de suivre la même route, toujours tout droit ! Le temple est à 8 kilomètres de Siem Reap. Sur la route, quelques vélos qui suivent la même direction que nous, mais surtout d'innombrables tuk-tuk (motos tirant un mini-carrosse) qui nous doublent inlassablement. Sur la route, nous nous arrêtons pour acheter nos deux pass à la journée de 20$ chacun. Il existe aussi des pass pour trois jours ou une semaine, mais nous ne sommes pas assez passionnés et cela ne rentrerait pas dans notre budget. Pietro nous avait dit que c'est vraiment une merveille à voir, mais qu'une journée suffit si on n'est pas accros aux vieilles pierres ! Pour le pass, une photo est nécessaire. Ça va ! On n'a pas une trop mauvaise tête pour 5h du matin.

Nous suivons les tuk-tuk et arrivons à Angkor Wat où on nous indique le parking à vélos. L'antivol installé, nous rejoignons l'entrée du temple, présentons nos pass, et attendons patiemment l'aurore. Alors que nous sortons notre appareil photo, précieux sésame pour ce genre de journée, c'est le drame ! Il est intégralement déchargé ! Alors que la batterie était pleine hier soir... Nous ne l'avons sûrement pas éteint correctement... Nous réfléchissons, et décidons de profiter du lever du soleil ici, de visiter quelques temples au calme avant l'affluence des bus de touristes, et de retourner ensuite à la guest house (à 8km d'ici) pour le recharger.

Nous sortons notre petite caméra, à défaut de mieux. Nous pénétrons dans l'entrée du temple Angkor Wat, et nous installons sur un muret de l'enceinte pour observer le soleil se lever sur le temple. C'est magnifique ! Nous sommes quelques dizaines, mais le silence règne. Tout le monde profite, tout simplement.

Une fois le jour bien installé, nous partons à la découverte du temple. De nombreux vendeurs nous accostent pour nous vendre des livres sur Angkor, avec une technique que nous ne connaissions pas encore mais que nous allons retrouver toute la journée : le « one dollar » qu'ils prononcent pour vous interpeller, juste avant qu'ils ne vous annoncent un prix complètement différent comme 20 dollars. Une vendeuse ira même à dire que c'est à cause de son mauvais accent anglais qu'on a compris « one dollar » alors qu'elle disait « vingt dollar ». Et nos fesses c'est du poulet ??? Petite anecdote, ce prix passe sans problème à moins de 5$ quand on se montre peu intéressé. Il faut donc se montrer une fois de plus maître dans l'art de la négociation. Rien ne nous intéressera dans la diversité des objets proposés, ce qui ne nous empêchera pas de ne plus supporter en fin de journée les « one dollar » ou les « cheap price » (prix bon marché).

Le temple est vraiment magnifique, à la hauteur de sa réputation. Il est tellement imposant et immense qu'on se sent minuscule à côté. Il y a peu de monde, c'est calme, nous découvrons.

Il est difficile de comprendre comment un peuple a pu avoir une telle richesse pour aujourd'hui être aussi pauvre. De précurseurs à leur époque, comment ont-ils pu en arriver à un génocide entre eux ?

Nous décidons de poursuivre les découvertes et prenons la direction de Banteay Kdei, un temple beaucoup plus petit. Proche sur la carte, nous verrons qu'il est en réalité situé à 7 km de là. Il n'y a presque personne sur place (nous avons opté pour aller dans le sens contraire du circuit touristique), le temple est plus délabré mais pour autant nous sommes encore plus charmés par les lieux. Les reflets du soleil sur les pierres, des teintes vertes, jaunes, rouges naturellement présentes donnent une atmosphère particulière au lieu.

Une fois le temple admiré de fond en combles, il est 8h, nous repartons en direction de Siem Reap et de notre guest house pour charger notre appareil photo. Nous ne pouvons passer toute cette journée extraordinaire sans l'immortaliser par des clichés souvenirs. Il y a 11 km à parcourir, Manu part devant à toute allure, cela lui rappelle les bons souvenirs et permet de ne pas perdre de temps pour charger l'appareil. Charlène le rejoint plus tranquillement, à son rythme. Sur la route, les bus de touristes et voitures affluent, la circulation est très dense.

Nous devrons attendre trois heures pour que la batterie soit de nouveau pleine. Cela permet de faire une petite pause dans cette journée, en sachant que nous allons y rester jusqu'au coucher du soleil. Nous souhaitons manger avant de repartir, pendant le temps de charge, pour ne pas perdre davantage de temps aux temples. Mais si nous quittons la chambre, l'électricité se coupe automatiquement. Charlène part donc à la recherche d'un plat local à emporter (les lunch box sont courantes ici) pour revenir le déguster dans la chambre. Le restaurant d'à côté n'est pas encore ouvert, elle en trouve donc un autre un peu plus loin. Un garçon de douze ans fait l'interprète pour sa maman, très agréable, mais le résultat est un peu différent de ce qui a été commandé : des quantités de nourriture astronomiques (quatre boites au total dont une soupe). C'est très bon, local et bon marché, mais nous n'en viendrons évidemment pas à bout !

Alors que nous remontons sur nos vélos pour retourner aux temples, Manu se rend compte que son pneu est complètement à plat ! Heureusement, nous sommes à 50m de la location de vélos et nous allons en prendre un autre. Manu arbore alors fièrement un vélo blanc et rose, cela fait ressortir son côté féminin et fait beaucoup rire Charlène !

Nous parcourons de nouveau les 11km qui nous séparent du temple de Banteay Kdei. Sur la route, Manu propose ses services à la cambodgienne « Bike for one dollar » mais n'aura aucun succès. C'est sûrement dû à la couleur du vélo... ou pas ! Nous croisons des singes, tranquillement installés au bord de l'eau (sorte de douve) qui entoure Angkor Wat. Nous arrivons au temple, où nous ne restons que 20 minutes le temps de prendre en photos ce qui nous a marqué ce matin.

Puis nous reprenons nos vélos, et faisons 1 km pour arriver à Ta Prohm, temple très apprécié du public car la végétation y a repris ses droits. Il y a plus de monde, le parcours est balisé contrairement aux lieux précédents. Un bus de chinois nous précède, et nous sortons donc un peu du circuit balisé. Nous trouvons sans difficultés des endroits magnifiques où l'on ne croise personne alors que c'est seulement à quelques mètres du passage !

Dans ce temple, des arbres ont poussé sur les toits, à plusieurs mètres de haut, et leurs racines se sont étendues jusqu'à rejoindre la terre. Des arbres immenses, des racines qui bousculent la pierre, le spectacle n'est qu'un enchevêtrement des deux, d'une beauté remarquable.

Nous reprenons nos bicyclettes de compétition et rejoignons maintenant le temple d'Angkor Thom, situé à 4 km de là. Alors qu'on se range sur le bas-côté pour y poser nos vélos, une dame arrive en courant derrière Manu tout en lui proposant des plats et en tournant les pages de son menu. La scène est plus que risible, mais tellement représentative de la journée ! Les vélos posés, nous achetons une bouteille d'eau fraîche (indispensable avec cette chaleur) puis rejoignons le temple. En réalité, ce n'est pas un seul temple bien visible et délimité comme dans les autres cas, c'est plutôt un immense espace naturel (arboré et tout en herbe) où sont disséminés un peu partout des vestiges de temples, de statues, de bâtiments. Tout est très calme, nous en profitons pour faire quelques vidéos et quelques photos. Nous passons devant la terrasse des éléphants, qui tient son nom des innombrables gravures et statues d'éléphants réalisées dans la pierre.

L'heure tourne, nous voulons retourner à Angkor Wat (à 3 km de là) pour y prendre des photos de ce qu'on a apprécié ce matin et pour y observer le coucher du soleil. Nous voulons arriver avant la fermeture, aussi nous nous pressons. Alors que nous étions à quelques centaines de mètres de l'entrée, un des maillons de la chaîne du vélo de Charlène casse d'un côté. Manu essaye de la réparer, mais en vain. Tant pis, nous nous en occuperons plus tard, nous filons vers le temple.

Nous croisons des centaines de personnes en sens inverse qui partent du temple, c'est un très bon signe. En effet, à l'intérieur même, les lieux se vident progressivement. Nous montons en haut du bâtiment central (où des panneaux indiquent jusqu'à 45 min d'attente pour accéder aux escaliers abruptes), il n'y a presque personne, nous montons directement. De là, nous pouvons observer la forêt derrière les temples, et la forêt, encore et Angkor.

Nous sommes maintenant seuls dans Angkor Wat, personne à l'horizon (vidéo à l'appui!). Nous profitons tranquillement du coucher du soleil et regagnons tranquillement la sortie où l'on retrouve un certain nombre de touristes. Des tuk-tuk nous proposent leurs services pour demain, d'autres s'en vont avec leurs clients de la journée, tous commencent à plier bagages avec la nuit qui tombe.

Nous avons toujours un problème de dérailleur et un maillon cassé d'un côté. Manu bricole avec un bout de tissu trouvé par terre de quoi éviter que la chaîne ne casse complètement. Mais malgré tous ses efforts, le vélo déraille systématiquement. Manu le prend et essaye alors une technique qui porte ses fruits : pédaler par à coup, en revenant en arrière à chaque fois, pour que le maillon à moitié cassé ne passe pas par le plateau. Cela porte ses fruits, et nous pouvons ainsi reprendre la route, même si c'est beaucoup plus fatiguant pour Manu. Un autre cycliste anglophone l'encouragera en nous doublant. La circulation est très dense, il fait nuit et tous les véhicules n'ont pas de feux, les 8 km du retour sont un peu longs. Arrivés à 500 mètres de la guest house, une voiture nous coupe la route, ce qui fait dérailler Manu. Impossible de remettre la chaîne cette fois-ci, nous terminons à pied.

Lorsque nous arrivons pour rendre les vélos, la commerçante est embêtée, elle voit à la couleur du tee-shirt de Manu qu'il s'est bien fatigué avec. Elle nous propose deux bières (elle a une supérette à côté) mais nous la rassurons en lui disant qu'elle ne pouvait pas prévoir. Les vélos ont quand même bien été pour rouler le reste de la journée.

Nous sommes éreintés et tout poisseux, aussi une bonne douche froide s'impose. Et oui on ne l'avait pas encore précisé, mais depuis notre arrivée au Cambodge on n'a jamais eu d'eau chaude. En même temps vu les chaleurs on n'imaginerait même pas en prendre une !

Nous redescendons prendre notre dîner, le restaurant d'à côté est déjà fermé. Nous nous rabattons sur un autre qui propose des mini-barbecues de table à gaz. Nous prenons un set pour deux : quelques crevettes, calamars, de la viande, oignon, chou, carotte, concombre.

Fatigués de cette longue journée intense qui a commencé tôt, des 60 km parcourus en vélo, de la chaleur, nous allons nous coucher. Demain, ce sera une journée tranquille !

Quel bilan faisons-nous de la journée ? Un site incroyable, à visiter absolument, qui compte des dizaines de temples pour les personnes vraiment passionnées. Pour nous, une journée nous a suffi, nous avons pleinement profité de ce que nous avons vu, même si nous nous sommes limités aux principaux temples. Les temples en vélo, cela se fait très facilement : en plus des économies réalisées, on se rend mieux compte des distances et la plupart du parcours est ombragé. Pensez juste à vérifier la batterie de votre appareil photo avant de partir ! Seul petit bémol sur le site, il n'y a aucun panneau explicatif. A moins donc de prendre sur place un guide (comptez 30$ la journée), il faudra mieux se renseigner en amont pour comprendre au mieux l'histoire de ces temples … ou acheter le livre que vous pouvez négocier sur place jusqu'à 3$ !

 
 
 

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