Master Chef version cambodgienne
- 28 nov. 2015
- 6 min de lecture
Nous nous levons impatients de découvrir la cuisine Khmer. Nous n'avons vu que de bonnes critiques sur Internet concernant ce cours de cuisine, aussi nous partons confiants.
A 8h, nous décollons, nous avons un peu de marche pour arriver au restaurant Frizz, rue 240, où nous avons rendez-vous à 8h45. Des personnes sont déjà sur place, d'autres arrivent peu après nous. Nous avons lu sur un blog qu'une fois ils étaient 22 au cours, nous espérons que ce ne sera pas la cas aujourd'hui. Les derniers arrivent, et nous sommes... roulement de tambours... 15 !
On est contents, ça suffira amplement.
Notre professeur de la journée se présente, avant elle était sous chef dans un restaurant et maintenant elle propose ces cours de cuisine. Elle nous expose le programme de la journée : nous irons au marché acheter les ingrédients nécessaires, puis à l'atelier pour cuisiner. Dix des quinze personnes n'ont choisi que la demi-journée, ce qui fait que nous ne serons que 5 cet après-midi !
Nous montons à quatre par tuk-tuk, nous sommes avec deux anglais. Nous allons en direction d'un marché local que nous n'avons pas encore vu (il y en a tellement de partout!) : le Kandal Market. Il est un peu difficile de se suivre en si gros groupe dans les passages très étroits du marché, mais on y arrive quand même. Notre guide nous présente les fruits et légumes les plus courants au Cambodge, nous montre des œufs noirs et des œufs roses, des épices, et d’innombrables autres choses.
Certains découvrent leur premier marché local, cela nous fait bizarre car nous ne comptons plus le nombre de marchés que nous avons fait depuis maintenant trois mois. Nous voyons les poissons tués en direct, comme les poulets dont le stand de plumage qui est situé juste derrière le stand où des femmes extraient le jus et la poudre de noix de coco. Nous verrons aussi du poivre de Kampot frais, fameux poivre très parfumé avec lequel travaillent bon nombre de restaurateurs.
Au bout d'une heure, nous avons fini notre tour du marché et acheté tout ce dont nous aurions besoin pour cuisiner. Nous reprenons les tuk-tuk, un couple et sa fille adolescente partent de leur côté (ils n'avaient pas l'air bien) : nous ne serons donc que 12 au cours ce matin.
Le tuk-tuk où est Manu fonce, tambours battants, et distance rapidement les autres, jusqu'à ce qu'il demande à ses passagers « Where do we go ? », passagers qui se regardent, interloqués, et répondent « We don't know ! ». Le chauffeur est encore plus surpris de cette réponse. Gros fou-rire dans le carrosse.
C'est alors qu'au même moment le tuk-tuk où est Charlène a repris de la vitesse et les double dans un virage. Manu et les autres passagers s'écrient alors en cœur « Follow this tuk-tuk ! »
L'atelier se situe dans un autre quartier, en face de l'ambassade de Russie, au deuxième étage d'un immeuble. Il a été créé sur une immense terrasse couverte qui donne sur la rue. C'est génial de pouvoir travailler au grand air ! Sur la droite, des grandes paillasses avec postes de travail et plaques de cuisson à gaz. Sur la gauche, des tables et des chaises pour boire un grand verre d'eau et pour la dégustation des plats. Au bout de la terrasse, un petit coin canapé pour se poser entre deux plats.
Nous nous présentons rapidement, il y a dans le groupe des australiens, des allemands, des anglais, des autrichiens et nous ! Autant dire que nous sommes les moins anglophones du groupe. Ah, qu'est ce qu'on apprend bien les langues étrangères en France !
Nous commençons notre premier plat, les spring rolls (rouleaux de printemps). Nous préparons la mixture tous ensemble (légumes râpés puis rincés dans de l'eau et mélangés avec des épices), puis nous faisons des petites saucisses avec ce mélange. Ensuite, nous prenons chacun deux feuilles et deux rouleaux et nous allons les préparer après avoir vu l'exemple. Nous les mettons ensuite à frire dans de l'huile de tournesol très chaude, pendant que nous préparons les petites soucoupes de sauce épicée.
Une fois les spring rolls cuits et la sauce prête, nous passons à la dégustation. C'est parfait !
Ensuite, nous passons au Amok Fish. Nous acheté au marché du poisson tigre, qu'il suffit de couper en petits morceaux de la taille d'une pièce. Le plus long à préparer est la sauce : un mélange d'ail, d'échalotte, de lemon grass, d'une sorte de gingembre orange, de lait de coco, de pâte pimentée (plus ou moins selon le résultat souhaité), de piments coupés en petits morceaux... Nous sommes équipés d'un énorme mortier traditionnel en bois et le plus gros travail consiste à tout broyer jusqu'à obtenir un mélange homogène, au plus grand bonheur de Manu ! Tous en rythme, c'est encore mieux !
De tous les aliments que nous utilisons au cours de cette journée, ce qui nous surprendra le plus sera les quantités de sel et surtout de sucre (de palme) utilisées. Les Cambodgiens mangent vraiment très sucré !
Pendant que les morceaux de poissons marinent dans ce mélange, on apprend à créer un mini-plat avec une feuille de bananier et deux cure-dents. Puis on verse le mélange dedans, on le décore avec des fleurs de bananier pour le reconnaître et on met tous les plats dans un cuit-vapeur. Il suffira de rajouter un peu de lait de coco et de piment pour la déco en cours de cuisson.
Pendant les 20 minutes de cuisson, nous profitons un peu du canapé puis vient l'heure de la dégustation. C'est un pur délice ! Nous nous rendrons compte plus tard que ces plats sont vraiment ce qu'on trouve de plus courant en cuisine Khmer quand on les verra dans toutes les cartes des restaurants. Trop la classe ! Le groupe est sympa, on rigole.
Il est 13h30, tous ceux qui n'ont choisi qu'une demi-journée de cuisine nous disent au revoir et rejoignent leur tuk-tuk. Nous ne sommes plus que cinq : les trois jeunes autrichiens et nous. Génial !
Nous nous attaquons à la salade de fleurs de bananiers. Nous utilisons le citron pour éviter que les morceaux de fleur de bananier ne noircissent dès qu'ils sont coupés. Charlène aura du mal à éplucher la fleur car il lui faut pour cela jeter toutes les futures bananes qui ne font cinq centimètres de long. C'est un supplice, elle qui adore les bananes. Nous dégustons la salade, très différente de ce qu'on connaît mais pour autant très sympa.
Puis l'heure du dessert arrive : le « Sticky rice mango ». Nous avons beaucoup entendu parler de ce dessert qui a l'air de faire fureur ici et du coup d'autant plus envie de le découvrir. Nous apprenons tout d'abord à faire cuire le sticky rice (riz collant), puis nous découpons la mangue bien jaune en morceaux. Le plus simple est fait. Ensuite, il s'agit de créer la sauce qui accompagnera le dessert : un mélange de caramel salé et de lait de coco. Une merveille !
Le dessert est à la hauteur de sa réputation, et très facile à faire (pour le coup, on peut trouver tous les ingrédients en France). Après avoir mangé autant, on est repus.
Petite réflexion qu'on se fait en souriant : on aura bien suivi les recommandations de la gérante de la Vie Claire aujourd'hui : du poisson et de la mangue bien jaune ! Double combo ! Mais on se porte bien et on ne sera même pas malades ! On a des estomacs en béton armé !
On reprend les tuk-tuk pour rentrer au restaurant. Les autrichiens nous apprennent qu'eux aussi sont partis pour un tour du monde, en Asie du Sud-Est et en Amérique centrale, pour 8 mois. Ce n'est pas tous les jours qu'on rencontre d'autres tourdumondistes ! Arrivés, au restaurant, on nous donne un petit livret de recettes qui reprend entre autres les plats réalisés aujourd'hui (en anglais évidemment!).
On rentre, on passe par le central market, qui est sur le point de fermer. C'est le plus grand marché couvert de Phnom Penh, un bâtiment immense en forme de croix. C'est vraiment surprenant, tout est parfaitement rangé, rien ne dépasse. C'est tellement en contraste avec les autres marchés ! On voit que les touristes viennent souvent ici à l'attitude des vendeurs et au prix de certains produits.
On rentre tranquillement, on achète des gâteaux à la supérette en bas de notre immeuble pour le trajet en bus de demain. Une fois dans notre chambre, on s'occupe des travaux habituels puis on va se coucher, la soirée bien avancée. On est fiers d'avoir eu notre premier cours de cuisine, que ce se soit passé au Cambodge et qui plus est en anglais !




















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