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A la découverte de l'histoire du Cambodge

  • 27 nov. 2015
  • 7 min de lecture

Nous nous levons, Manu s'occupe de transférer les photos sur nos clé USB. Puis nous partons plein sud en direction de Toul Seng, le musée du génocide cambodgien. Il est à environ 45 minutes de marche. Sur la route, nous traversons le Russian Market, gros marché de jour où nous trouverons notre bonheur pour le petit-déjeuner : une gaufre et un beignet qu'on se partagera. Bon, en réalité ce sera une demi-gaufre pour deux car Charlène en fera tomber la moitié par terre en voulant la partager !

Dans les rues, nous nous rendons compte que les fils électriques, en pagaille, tombent bien plus bas que ce qu'on avait vu auparavant. Pour illustrer nos pensées, nous voyons en direct une fourgonnette qui arrache un fil au passage. Ce dernier pendra au milieu de la route pendant le reste de la journée.

Nous continuons notre route et arrivons à un bâtiment entouré de fils barbelés : Toul Seng Genocide Museum. Il est 10h. Le musée a été aménagé dans des bâtiments où plus de 17 000 Cambodgiens ont été torturés et tués sous les ordres de Pol Pot entre 1975 et 1979, la Prison S21. Seuls 7 rescapés s'en sortiront. Cela a été le plus grand centre de détention et de torture du pays.

Comprenant quatre bâtiments comptant chacun 3 étages, la visite nous permet d'explorer ces lieux restés dans leur état d'origine : lits de torture, cellules murées ou collectives, potence, tout est encore visible. Bâtiment après bâtiment, pièce après pièce, nous voyons des centaines de visages photographiés défiler : les victimes de cette prison. Hommes, femmes, vieillards, enfants, nourrissons, tous étaient photographiés à leur entrée en prison. Ils étaient pour la plupart innocents, mais les Khmers rouges, sous les ordres de Pol Pot, les arrêtaient sans aucune raison pour cause de trahison ou d'espionage. Ils étaient alors torturés à un point qu'ils avouaient des crimes invraisemblables pour couper court à leurs souffrances (aveux répertoriés dans des précieux carnets).

Plus la visite avance, et plus l'atmosphère nous oppresse : des peintures réalisées par des peintres prisonniers (sauvés grâce à leur art) nous présentent toutes les tortures réalisées, nous passons devant une armoire remplie de crânes humains, et ces photos, toujours plus de visages sans noms, tous ces enfants arrachés à leurs parents pour être exterminés à leur arrivée. Seuls deux survécurent.

Tous les corps exécutés étaient emmenés dans un champs à 25km de la ville pour être enterrés à l'abri des regards. Ce champs, Killing Fiels, peut aussi être visité mais nous n'en serons pas capable.

Puis nous voyons les visages de tous les tortionnaires, eux-aussi photographiés, les cuisinières travaillant à la prison, et les photos atroces des cadavres retrouvés dans des flaques de sang, à moitié mutilés. Les lits de tortures sont encore en place dans les salles d'interrogatoire.

Mais le plus révoltant, le plus incompréhensible, ce qui nous a heurté au point qu'il nous a fallu un long moment après la sortie du musée pour nous en remettre, c'est que tous ces tortionnaires, ces meurtriers, n'ont jamais été jugés. Nous n'avons pas su pourquoi, mais seulement quatre hommes sous les ordres directs de Pol Pot ont eu un procès, et il y a quelques années seulement. Pol Pot et les autres tortionnaires et meurtriers ont pu continuer leur vie sans se poser de questions, sans culpabiliser des crimes commis. Ceci s'étant passé il y a 35 ans, nous pouvons les croiser dans la rue. Paou disait même sentir quand une personne qu'elle croisait « avait tué ». Les familles des victimes sont obligées de vivre en croisant au quotidien les responsables de leur deuil.

Dans la dernière salle du musée, une vidéo de 1h30 nous montre un des rescapés qui interroge ses tortionnaires sur leurs motivations, leur culpabilité, comment ils se considèrent à présent. Et bien selon eux ce sont des victimes, au même titre que les personnes qu'ils ont tuées. Pol Pot est coupable, mais eux n'ont fait qu'obéir aux ordres, ils « n'avaient pas le choix ».

Le dialogue entre les deux partis est renversant, les meurtriers participant sans broncher à des scènes de reconstitution de leurs occupations du moment : maltraitance envers les prisonniers, tortures les plus inhumaines, assassinat d'adultes, d'enfants et de vieillards.

Ils racontent ça comme ils parleraient de leurs derniers achats au marché, ne cachant aucun détail sur des scènes plus terribles les unes que les autres. La victime survivante n'arrive pas à leur faire entendre que ce qu'ils ont fait, c'est abominable. Mais la justice est avec eux, et ils vivent maintenant comme vous et nous, un peu partout dans le pays.

La vidéo se termine, nous avons besoin de prendre l'air. Nous passons devant deux des sept rescapés qui vendent le livre de leur histoire dans cette prison puis nous sortons. Il est 14h40. La visite a été éprouvante, nous restons silencieux un long moment et marchons pour nous changer les idées.

Au bout d'un long moment de marche, nous achetons une barquette de nouilles à une marchante ambulante et mangeons sur le trottoir. Puis nous continuons notre route et arrivons au restaurant « Frizz », qui propose des cours de cuisine khmer jugés très sympa sur plusieurs blogs internet. Nous demandons s'il reste de la place pour demain, il en reste. Nous réservons, c'est 20$ par personne pour la journée (9h-16h).

Nous continuons notre marche au Nord Est et passons devant plusieurs monuments : la statue de Norodom Sihanouk, le monument de l'indépendance, le palais royal,... Puis nous arrivons sur la rive du Mékong où nous achetons un pomelo pour la petite note sucrée de fin de repas. C'est comme un gros pamplemousse, on adorait en manger en Chine (enfin surtout Charlène!). Ici, ils n'ont pas la même couleur ni le même goût (les pomelos chinois sont inégalables) mais cela passe bien quand même.

Nous allons ensuite voir le Wat On Alom, un temple bouddhiste situé non loin de là. Nous entrons dans la cour, plusieurs bâtiments sont présents, ainsi que des statues de vache, d'éléphant, une immense cloche, mais le temple est facilement reconnaissable. Des moines habillés en orange (toge, parapluie qui sert d'ombrelle, sac, tout est conçu dans le même ton) sont assis sur les escaliers qui mènent au temple. Ce qui nous surprend concernant ces moines, car nous en avons vu un certain nombre dans les rues depuis notre arrivée au Cambodge, c'est qu'ils ont des téléphones, des lunettes de soleil, et surtout qu'ils fument ! Alors qu'ils représentent un modèle de prise sur soi, ce n'est pas vraiment ce qu'ils renvoient.

Nous entrons dans le temple après avoir retiré nos chaussures. Un tapis rouge nous mène jusqu'au centre ou des fruits et autres offrandes sont placées devant un mini-temple. Derrière ce dernier, des dizaines de statues de Bouddha de toutes les tailles (rangées de la plus petite à la plus grande) occupent l'espace. Des personnes allument des bâtons d'encens. Nous pouvons voir beaucoup de billets déposés dans une urne transparente. Sûrement ce qui permet aux moines de subvenir à leurs besoins.

Dans un coin de la pièce, on voit des instruments de musique qui doivent retentir lors des cérémonies. C'est notre premier temple bouddhiste, nous sommes impressionnés.

Nous ressortons, un chauffeur de tuk-tuk nous accoste. A la différence des autres, il est très rigolo : il partage avec nous ses phrases apprises en français de touristes comme « c'est parti mon kiki ! », « ça roule ma poule »... On rigole beaucoup, au final il parvient à nous convaincre de faire un tour avec lui. Il nous emmène à Wat Phnom pour 1,5$. Il nous montre la poste centrale sur la route (architecture coloniale semblable à celle d'Ho Chi Minh, construite par les français).

Nous passons à côté de marchés, devant une enseigne « La vie claire », devant le Night Market...

Arrivés au temple, nous montons les marches qui permettent d'y accéder et entrons dans le bâtiment, qui est semblable à celui observé auparavant : des personnes qui prient, à genou par terre avec dans les mains un bâton d'encens, des billets déposés sur les statues, des bougies... Le soleil se couche, nous profitons de la hauteur avant de repartir.

Nous rentrons à pied et passons par « la vie claire » : c'est là que nous avions acheté notre shampoing solide avant de partir et il vient de se terminer, aussi nous voudrions voir si on peut en racheter un semblable car il présente de nombreux avantages (prend moins de place, ne peut pas se renverser, pas de flacon donc écologique...).

La gérante a fait ses études de droit (doctorat) en France, elle parle donc parfaitement français. Elle n'a pas ce shampoing, mais nous engageons la conversation sur un sujet qui lui tient à cœur : l'alimentation au Cambodge. Ainsi, pendant 45 minutes, elle nous explique que depuis 5 ou 6 ans les cambodgiens suivent le modèle thaïlandais et produisent des fruits et légumes à grands coups d'insecticides divers et variés interdits dans de nombreux pays du monde car trop dangereux. Ils utilisent énormément de borax, de glutamate (exhausteur de goût), et de formol (conservation de certains plats ou aliments). Elle nous explique qu'ils en sont à un point qu'il y a même des cas de mort subite (chez les adultes) suite à l'ingestion d'une dose trop élevée d'un de ces produits toxiques. Elle nous met en garde contre de nombreuses choses, mais nous retiendront surtout les poissons et les mangues très jaunes.

La conversation terminée, nous ressortons et allons faire un tour au night market (marché de nuit). Très propre, très touristique, il propose comme particularité un grand espace central recouvert de tapis où on peut manger par terre après avoir acheté à un stand avoisinant.

Nous buvons un jus de fruits frais (il fait terriblement chaud et moite, comme d'habitude) et nous rentrons à notre hôtel. Arrivés dans notre rue, nous prenons une assiette de nouilles cuites au wok et un sandwich cambodgien. Ce dernier est très sucré, et vraiment différent de ceux mangés au Vietnam.

Nous allons ensuite à la station de bus située à 200m de notre guest house pour acheter deux tickets pour Battambang (deuxième plus grosse ville du pays, située sur la route qui mène à Siem Reap où sont les célèbres temples d'Angkor). Ils sont un peu chers, mais la compagnie est vraiment proche pour venir avec nos sacs donc on les prend ici. Le départ sera à 8h, et on nous annonce 7h de route (pour seulement 340 kilomètres !).

Des passagers attendent le départ dans une salle d'attente assez originale : sous un grand hangar ont été installés des anciens sièges de bus de première classe, tous tournés vers un petit écran (ancienne télévision que l'on ne trouve plus que dans les brocantes en France).

De retour à notre chambre, nous sélectionnons et postons nos photos du Vietnam sur Facebook. Elles sont visibles au lien suivant : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.1646890242232620.1073741830.1639975786257399&type=3

Nous nous couchons ensuite, après avoir passé un moment sur Skype : demain nous avons rendez-vous à 8h45 au restaurant Frizz à la rue 240 (45 minutes de marche environ).

 
 
 

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