Arrivée au Cambodge : un pays si proche du Vietnam et pourtant si différent
- 22 nov. 2015
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Il est 1h30 du matin, le bus s'arrête. Toujours aussi peu confiants, nous ne dormons que d'un œil. Nous descendons voir ce qui se passe, le bus redémarre. C'était seulement une pause du chauffeur.
Il est 2h30, nous arrivons à la frontière. Rien ne se passe. Tous les autres passagers du bus dorment à poings fermés.
Nous allons nous informer auprès du chauffeur (le moins aimable qu'on ait eu depuis le début du voyage, qui est du genre à ne répondre que s'il en a envie). Nous avons de la chance, il daigne nous dire que la frontière est fermée jusqu'à 6h. Cela correspond à peu près à ce que nous avait dit la vendeuse de tickets, on se détend donc légèrement et on essaie de somnoler.
A 5h40, on sort pour se dégourdir les jambes. Puis à 6h on remonte dans le bus pour parcourir 100m : la frontière vient d'ouvrir. On redescend, un homme récupère nos passeports pour aller faire tamponner la sortie du territoire vietnamien. On doit le suivre, même si on ne sert à rien sur place. Il nous appelle un à un pour nous rendre notre passeport, nous le récupérons, montrons le tampon à un douanier et remontons dans le bus.
Encore 100m, on s'arrête de nouveau. Et là, on se débrouille pour nos visas. On trouve le kiosque, on remplit de nouveau les papiers, puis on va payer. Le douanier nous demande 35$ chacun. Nous lui faisons remarquer que sur l'écriteau au-dessus de notre tête c'est indiqué 30$. Il nous dit alors 32$, puis le répète une deuxième fois plus fermement après nos nouvelles protestations. Pas de problème, de toute façon c'est lui qui est en position de force ici. Nous lui donnons les 64$, et il nous colle notre visa d'un mois sur le passeport.
On passe ensuite dans un bâtiment remplir la carte d'entrée sur le territoire. Le douanier la tamponne sans regarder. On a nos visas, on est rassurés, on va pouvoir dormir un peu. On change notre argent auprès d'une dame qui va de véhicule en véhicule avec une liasse de billets en main, on remonte dans le bus, on attend quelques passagers. Il est 7h, on repart.
On arrive au Cambodge, il fait jour. On découvre de grandes plaines avec quelques arbres disséminés par-ci par-là, quelques surfaces d'herbe sont recouvertes par les eaux. Beaucoup d'habitations sont construites en tôles.
Nous faisons un arrêt à une station service, et là, première fois que nous assistons à cette scène depuis que nous sommes partis : trois enfants qui ont entre 5 et 8 ans se précipitent à la porte du bus, tendent les mains et crient « Money ! Money ! ». Premier choc à l'entrée au Cambodge. Le deuxième se fait quelques minutes plus tard quand nous pénétrons dans la boutique de la station service : tous les prix sont affichés en dollars, et si on les converti en dong (monnaie vietnamienne), les prix sont affolants !
On remonte une énième fois dans le bus et on arrive à Phnom Penh. Il est 11h30. On nous fait descendre du bus, on décharge nos bagages. On nous dit de changer nos tickets, Charlène se dirige donc avec une jeune franco-israélienne rencontrée sur place vers le guichet de l'agence privée. On récupère nos tickets, on doit être de retour au bus à 12h30. On retire au distributeur (qui ne nous propose que des dollars), puis on part manger pas très loin.
On rejoint le bus, on retrouve la jeune franco-israélienne qui nous explique qu'elle voyage avant de commencer à sa majorité son service militaire de deux ans et demi en Israël. Au fil de la conversation, on se rend compte que nous n'allons pas au même endroit. L'ayant laissé parler au guichet, Charlène ne s'est pas rendue compte que les tickets qu'elle avait demandés étaient à destination de Siem Reap (temples d'Angkor au Nord du pays) alors que nous allons à Sihanoukville (220 km au Sud). En effet, nous allons rejoindre un cousin par alliance d'une collègue de travail qui possède un hôtel restaurant en bord de mer. L'occasion s'est faite comme ça, nous n'aurions pas choisi cette destination sans cela. Charlène retourne alors au guichet et explique la situation à la vendeuse, qui lui répond que c'est trop tard, le bus est déjà parti. Charlène insiste, on nous trouve deux places dans un van (ils appellent ce type de véhicule VIP car il va plus vite que le gros bus : 3h au lieu de 6h pour ce trajet... en théorie!). C'est parfait !
On se rend compte en même temps qu'un couple de Cambodgiens qui partent en vacances trois jours à Sihanoukville prennent ce même bus. Très sympathiques, ils parlent anglais et nous apprennent des mots en cambodgien. Le départ est annoncé à 13h15, mais aucun véhicule à l'horizon. On attend, on attend, on attend. Le jeune couple va se renseigner, on leur dit que le bus est « cassé » et qu'ils en cherchent un autre. Le cambodgien nous explique que ce n'est peut-être pas la vérité, mais qu'on a aucun moyen de la savoir...
Un singe sur le toit de l'agence nous surprend en jetant une pomme à quelques mètres à peine d'un homme. Le minibus arrive, il est 15h. Nous embarquons, des sièges en cuir ont été installés. C'est étonnant, les places sont différentes selon la rangée : au premier rang, il y a seulement trois gros sièges, aucune rangée pour passer derrière (il faut baisser un siège), et des accoudoirs à chaque siège. Deuxième rang, il y a cette fois-ci de la place pour une rangée, donc pas d'accoudoirs. Et enfin, au fond, au lieu des trois sièges, il y a quatre sièges un peu plus petits. Nous sommes à l'arrière.
Nous décollons et nous arrêtons récupérer trois touristes à leur hôtel. Une femme demande alors à voir nos numéros de place. Nous n'en avons pas d'indiqué sur nos tickets (peut-être du fait que nous les avons changé à la dernière minute) et nous craignons de devoir descendre pour que ses clients montent. Nous faisons donc semblant de ne pas comprendre sa question, et elle repart.
Nous partons de la capitale, il est 15h30, soit avec plus de deux heures de retard. La route est longue. On s'arrête pour une pause après plus de deux heures de route. On nous avait annoncé trois heures de trajet pour les 220 km à parcourir, on devrait donc arriver dans une heure. En fait... c'était en théorie ! Le chauffeur nous annonce qu'il reste 2h30 avant d'arriver à destination. Nous décidons donc de suivre le mouvement et de manger sur place. Qui sait si nous trouverons de quoi nous restaurer tard le soir sans savoir où on va nous laisser ?
Nous repartons, la climatisation ne marche plus. Du moins au fond du minibus, car les français devant, très critiques depuis le début, n'ont pas l'air de se plaindre. Nous en parlons au chauffeur, mais rien ne change. Nous cuisons donc pendant cette deuxième partie du trajet.
Nous arrivons à Sihanoukville, il est 20h30. On est pas mécontent d'arriver, sachant qu'on est partis à minuit la nuit précédente et qu'on a peu dormi depuis.
Des tuk-tuk nous attendent, nous les remercions en souriant et préférons partir à pied, n'ayant pas d'adresse précise en vue. Pour ce soir, nous souhaitons rester en centre ville, sachant que nous avons dit à Guillaume (gérant français de l'hôtel en bord de mer) que nous n'arriverions que demain. Dans la rue, nous croisons un anglais, fortement éméché, qui nous parle d'une guest house bon marché qu'il recherche et qui pourrait nous convenir. Nous décidons de l'aider dans sa recherche. Cet hôtel n'est vraiment pas loin, nous le trouvons rapidement. En effet, il est bon marché, et le jeune gérant est sympathique. Nous réservons une chambre pour la nuit.
Nous checkons les mails, confirmons le rendez-vous de demain « Chez Paou », à Otres Beach 1. Puis nous décidons d'aller boire quelque chose de frais bien mérité après la journée de passée. Le café d'en face propose des canettes mais un peu cher, nous continuons notre chemin jusqu'à une supérette. C'est parfait ! Une petite pluie rafraîchit l'atmosphère, ça fait du bien. Des tuk-tuk nous interpellent de partout, mais cela reste avec le sourire donc ce n'est pas gênant. Nous demandons le prix pour aller à Otres Beach 1, qui est à 10 km du centre ville. Il nous annonce 6$. Nous essaierons de négocier demain.




















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