Goodbye Kon Tum !
- 19 nov. 2015
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Nous nous levons et préparons nos sacs, le grand jour est arrivé. Nous devons quitter Kon Tum. Nous avons fixé un rendez-vous à 11h30 devant l'hôtel avec Spring (heure de fin des cours) qui tient à nous voir pour nous dire au revoir. Nous descendons donc dans le hall d'accueil, récupérons nos passeports et attendons. Quelques minutes plus tard apparaît Spring en scooter.
Elle arrive vers nous avec un sac rempli de souvenirs traditionnels, représentatifs de la culture de la minorité ethnique Bahnar fortement présente dans la région : des maisons communales miniatures...
Nous la remercions chaleureusement, ces présents nous font vraiment très plaisir. La gérante nous rejoint, c'est une charmante femme, très sympathique, mais avec qui nous n'avons malheureusement pas pu communiquer car elle ne parle pas un mot d'anglais. Grâce à Spring qui lui explique un peu qui nous sommes, son regard s'illumine. C'est bien d'avoir pu davantage communiquer avant de partir.
Spring repart, et nous demandons aux gérants cartons et journaux pour emballer ces souvenirs fragiles et les protéger. Le gérant que nous n'avions que peu vu nous aide activement dans notre tâche et nous repartons donc sereins, le tout soigneusement calé dans un carton. Nous ne pouvons garder ces souvenirs avec nous, nous les enverrons donc par colis à notre arrivée à Ho Chi Minh.
Nous longeons la rue principale avec nos gros sacs sur le dos, et croisons de nombreux petits commerçants que nous saluions quotidiennement. Ils comprennent que nous sommes sur le départ et nous disent des au revoir chaleureux. Nous allons au restaurant habituel, on nous offre une assiette de salade et un bol de légumes en plus de l'assiette de riz traditionnelle. On devrait se balader plus souvent avec nos sacs !
Nous allons ensuite au Omely café, où nous avons aussi nos habitudes. Nous ne devons être à la gare qu'à 16h30, nous avons donc quelques heures devant nous. Nous en profitons pour écrire quelques posts, une fois de plus nous avons pris du retard. Il est 16h, nous passons à la boulangerie acheter de quoi grignoter cette nuit (ne sachant pas si nous allons nous arrêter pour le repas du soir), et nous rendons à la gare routière. Sur la route, Manu tient à aller saluer son coiffeur qui lui rend sa poigne avec un grand sourire.
Nous chargeons nos sacs et patientons devant le bus. Un vieil homme vient nous voir, il parle un peu français et un peu anglais, et s'appelle M. Zi. Il est très sympathique, il engage volontiers la conversation. Nous apprenons qu'il a beaucoup voyagé, et est resté deux ans en France dans les années 50 à la Rochelle, en tant que mécanicien dans l'armée aérienne. Alors que Charlène continue la conversation avec cet homme, Manu sort notre livret de présentation pour le montrer à un groupe de vietnamiens intéressés. L'échange est fort agréable.
Nous montons dans le bus, mettons nos chaussures dans un sac plastique et rejoignons notre couchette. Nous sommes aux couchettes du haut, Manu contre la fenêtre et Charlène au centre, juste devant la télévision. Le départ est long car nous faisons des tours de la ville pour récupérer des passagers et remplir le bus. La même vidéo d'un taureau lâché dans des rues d'Espagne où rien ne se passe est diffusée en boucle, c'est long. Nous quittons alors Kon Tum, avec un petit pincement au cœur...
Cette ville, pourtant semblable à cent mille autres, évoque pour nous beaucoup de souvenirs : elle nous a apprivoisés. Car c'est avec elle que nous avons fait nos premiers pas dans le volontariat dans notre tour du monde. Car c'est avec elle que nous avons partagé le premier repas d'une famille au cœur même de leur habitation. Car c'est avec elle qu'une rencontre inattendue dans la rue avec Mr Hai en a déclenché tout un tas d'autres plus enrichissantes les unes que les autres. Car c'est avec elle que nous avons enseigné nos premiers cours en anglais à un groupe de jeunes volontaires et très agréables. Car c'est avec elle que nous avons tout simplement appris à aimer le Vietnam, les Vietnamiens, à oublier quelques défauts, à adorer nombreuses de leurs qualités. Car c'est avec elle que nous avons le sentiment d'avoir participé à la marche du monde en allant vers les autres et en faisant ressortir le meilleur de nous-mêmes. Pour l'heure, nous n'avons qu'une seule idée en tête, celle de dire : « Merci Kon Tum ! ».
Si un jour vous passez par cette ville, n'oubliez pas de nous en faire part, car son nom sera pour nous synonyme d'une grande joie. Ceci juste pour se souvenir...
A 18h45, le bus s'arrête. Nous sortons et un repas nous attend (pas compris dans le prix du trajet cette fois-ci). Les personnes s'activent pour remplir les tables de plats, nous nous installons chacun rapidement, prenons un bol et piochons à droite à gauche. Nous convions M. Zi à manger avec nous, il est enchanté.
Retour au bus, un film est diffusé mais le doublage en vietnamien (une seule voix féminine qui remplace tous les personnages sur un ton monotone) le rend difficilement compréhensible. Nous lisons donc un peu, puis nous endormons.
Au milieu de la nuit, une première pause toilettes est proposée. On est sur le bord de la route, pas de toilettes en vue, Charlène attend la pause suivante. Quatre heures plus tard, même constat, pas de toilettes. Tant pis, pas le choix, ce sera commission sur le bord de la route comme tout le monde !
On se rendort, la nuit va être courte.




















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