L'orphelinat Vinh Son 1 de Kon Tum, 5 sœurs et 11 assistantes pour prendre soin de 200 enfants
- 16 nov. 2015
- 6 min de lecture
Nous nous préparons et partons à 12h pour la réunion hebdomadaire prévue au Family Hotel afin de faire le bilan sur la semaine écoulée. Sur la route, nous prenons un sandwich, un jus de fruits pressés orange – mangue pour Charlène et un café au lait glacé pour Manu.
13h30, la réunion commence. A l'ordre du jour, quelques recadrages nécessaires pour ne pas reproduire certaines situations de la semaine précédente, nous partageons des outils ludiques et utiles tels que les générateurs de mots croisés ou de mots mêlés sur Internet (les élèves ont bien adhéré au concept). Enfin, Steeve, volontaire australien qui donnait les cours d'anglais, part demain pour deux mois et organise donc un pot de départ ce soir à 19h30 au café Guitar Than.
Nous regardons le planning des élèves : nous avons 1h45 de cours avec eux mardi après-midi et 2h mercredi matin. C'est parfait, c'est exactement le temps qu'il nous faut pour terminer le module Culture d'entreprie, ou Corporate Culture.
Nous discutons un moment avec Collince et Elodie, les deux coordinateurs, puis nous prenons la direction de la Wooden Church, qui est à une quinzaine de minutes de marche.
Juste derrière l'église se trouve le Vinh Son 1, l'un des 6 orphelinats de la ville. Le portail est ouvert, nous entrons dans l'enceinte et rencontrons l'une des sœurs qui s'occupent des enfants. La plupart sont à l'école, il n'y a que quelques bambins pour le moment. Elle nous explique qu'ils arriveront tous entre 16h30 et 17h30.
Deux québecois sont déjà là. Ils voyagent en couple en moto à travers le Vietnam pendant deux mois. Lui travaille comme professeur de mathématiques au collège, elle comme professeur de sport en école primaire. Ils aiment passer du temps avec les enfants, c'est pourquoi ils passent l'après-midi à l'orphelinat.
La jeune canadienne joue à la tienza avec quelques enfants (jeu découvert en Chine auquel Manu avait joué à Xi'an). L'une des sœurs, qui est sur une balancelle fabriquée avec une chaîne de vélo, nous propose de monter à l'étage voir les bébés, ce que nous faisons mais nous redescendons rapidement car ils sont en train de dormir.
La sœur nous apprend que cet orphelinat héberge 200 enfants, et qu'elles sont 5 sœurs et 11 assistantes pour s'en occuper. Elle nous explique qu'ils forment une grande famille et que les grandes filles s'occupent des plus petits, ce que nous observerons effectivement plus tard.
L'un des enfants assis à côté de nous sera adopté en France dans deux mois, mais c'est un des derniers car le gouvernement n'est plus favorable aux adoptions. En attendant que la plupart des enfants reviennent de l'école, Charlène, les québécois et quelques jeunes présents font une partie de tienza. Pendant ce temps, Manu échange avec la sœur qui parle quelques mots de français et d'anglais. Elle lui en apprend un peu plus sur quelques enfants présents, depuis quand ils sont là et ce qui est arrivé à leurs parents. Quasi tous sont orphelins, mais quelques uns ont encore un de leurs parents, malheureusement trop pauvre pour s'en occuper et leur garantir une scolarité et une éducation.
Il est 16h30, les premiers enfants rentrent à pied de l'école, puis ce sera un flux continu d'arrivées pendant une heure. On avait acheté trois ballons sur la route, on en sort un premier pour jouer avec quelques enfants dont le regard s'illumine. En effet, la priorité est déjà de subvenir à leurs besoins de base et ils n'ont pratiquement pas de jeux avec lesquels s'occuper.
Les grandes filles qui arrivent prennent en effet le relais pour s'occuper des tout-petits, qui sont baladés de bras en bras. Quelques fratries se reforment le temps de la soirée, c'est ainsi qu'on a pu voir des petites de 6 ou 7 ans s'occuper de leur petit frère de 1 an, le porter dans leurs bras, lui donner à manger... Elles ne sont vraiment pas grandes, et le petit est ballotté dans leurs bras, mais c'est sûrement la meilleure solution pour l'un comme pour l'autre.
Le premier groupe d'enfants à arriver ont entre 2 et 4 ans, ils reviennent du jardin d'enfants. Ils montent aussitôt à l'étage, où ils sont un grand espace ouvert sur l'extérieur et sécurisé (des barreaux tout autour), où ils peuvent jouer et courir. Des dizaines de petits lits à barreaux sont alignés à l'étage dans une salle comme au rez-de-chaussé. Le coucher ne doit pas être un moment facile...
Alors que nous jouons dans la cour au ballon avec des enfants, nous entendons les tout-petits chanter tous en cœur. En réalité, il s'agit d'une prière qu'ils prononcent avant le repas. Une sœur invite Charlène à monter à l'étage. Les petits sont assis par terre en arc de cercle et prononcent par cœur le bénédicité. C'est impressionnant.
Une fois les prières terminées, des grandes filles remplissent des assiettes en plastique de riz auquel elles ajoutent une sorte de bouillie. Elles les distribuent aux enfants avec une grosse cuillère. Chacun se débrouille et mange de façon autonome. Certains en ont plus sur eux que dans leur estomac, mais de cette manière ils deviennent autonomes beaucoup plus rapidement. Certains reviennent même demander une portion supplémentaire.
Le repas terminé, Charlène reste avec les tout-petits et leur sort un ballon. Certains vont se doucher, d'autres jouent, il y a des enfants de partout. Le portail extérieur est toujours ouvert, les escaliers ne sont pas sécurisés et certains petits les descendent tous seuls. Comment savoir si tous les enfants sont bien là et combien ils sont en tout ? Cela reste un mystère...
Manu revoit Ngoai, le jeune vietnamien rencontré à l'église quelques jours auparavant qui prend des cours de français avec les bénévoles. Il est content que Manu l'ait reconnu et se souvienne de son prénom. On joue encore un moment puis la cloche sonne, il est 17h30. Tous les enfants rentrent subitement. Il est l'heure de la prière.
Nous confions les ballons à l'une des sœurs puis nous partons. Sur la route, nous prenons un phô vraiment délicieux que nous avions découvert il y a quelques jours. Le gérant, très sympathique, nous offre alors une assiette d'escargots (eh oui, ici aussi ils en mangent!). A la différence d'en France, ici pas de beurre ni de persil, ils sont cuits à la vapeur et plongés dans une sauce très épicée. Cela change mais c'est très bon.
Nous retournons au Family Hotel et faisons un tour du pâté de maison pour chercher le café où Steeve fête son départ. Sur la route, trois enfants viennent échanger quelques mots avec nous et nous offrent des bonbons. Nous ne trouvons pas le café, nous rentrons au Family Hotel et demandons des indications aux bénévoles qui prennent leur repas avec les élèves.
Nous arrivons au café Guitar Than, la décoration est relax et sympa. Au centre, une scène avec des amplis, des guitares, des micros si on souhaite chanter. De la musique internationale est diffusée, nous dégustons une bière en attendant les autres.
Steeve arrive avec Collince, puis d'autres vietnamiens connaissant bien l'ONG nous rejoignent, et enfin les bénévoles en ce moment sur Kon Tum. Steeve commande des boissons et quelques assiettes pour picorer parmi lesquelles une avec de l'ail mariné au vinaigre et des œufs de cent ans. Il tient à nous faire découvrir cette spécialité asiatique. Les œufs ressemblent à des œufs durs, à la différence que le blanc est noir transparent, et que le jaune est presque bleu/vert. Steeve nous explique qu'ils ont mariné pendant trois mois pour devenir comme cela. On ne comprend pas tout, on fera une recherche internet ce soir. En tout cas, c'est vraiment très bon ! Une autre assiette sera composée de mangue verte râpée et de friture. Le mélange des textures est original et passe bien.
Des hommes du café jouent à la guitare. Très doués, ils peuvent accompagner n'importe quel chanteur même sur des chansons inconnues ou étrangères. Tout le monde se fait passer le micro pour chanter, les vietnamiens adorent le faire et certains le font même très bien. L'ambiance est cool, Collince, habitué des lieux, est très sollicité par les uns et les autres.
Élodie annonce qu'elle va rentrer car elle a yoga demain à 5h. Elle essaie de se rendre à deux séances par jour. Elle propose alors à Charlène une séance d'essai. Elles tombent d'accord sur 7h mercredi matin. Banco !
Tout le monde reprend son scooter pour rentrer. Nous devons rentrer rapidement pour un rendez-vous Skype, et nous n'avons pas le temps de faire le chemin à pied. Nous prenons donc un taxi.
En partant, nous nous rendons compte que nous avons oublié notre sac au café, Manu fera un petit footing pour le récupérer.
De retour à l'hôtel, nous faisons un essai Skype avec Christelle, la sœur de Manu, institutrice à Chambost-Allières. Demain, nous avons rendez-vous Skype avec les quatre classes, aussi nous devons vérifier que tout fonctionne.
Ensuite, nous préparons notre cours pour demain après-midi. Nous choisissons cette fois-ci les mots mêlés pour reprendre les notions importants vues au cours précédent. Puis nous prévoyons des mises en situation et des travaux de groupes pour les faire réfléchir et voir ce qu'ils ont retenus de la théorie. Nous voulons insister sur les règles à respecter en entreprise, la notion de hiérarchie et l'implication nécessaire dans l'entreprise.




















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