Un cours d'anglais pour mieux comprendre le Vietnam
- 4 nov. 2015
- 6 min de lecture
Nous nous réveillons et vérifions nos mails. Nous avons reçu une copie d'un mail du président de l'association pour son équipe qui leur demande de prendre contact avec nous. Ah, ça va enfin bouger ! Contents des deux derniers jours de passés et de cette avancée, nous partons nous balader en forme. Il pleut encore, mais cela reste léger et ne nous empêche pas de sortir.
Nous passons devant notre marchand officiel de boulettes, en prenons deux au passage. Il sort son téléphone pour nous prendre en photo, nous en profitons et faisons de même. Nous allons au supermarché car la montre de Charlène achetée hier soir ne marche déjà plus ! Pendant qu'une vendeuse la passe à une autre puis à un homme dehors qui la bricole, nous regardons pour acheter un cahier, le deuxième carnet de voyage est déjà terminé ! Nous en trouvons un, et à côté nous voyons un rouleau décoratif qui se suspend au mur et sur lequel est écrit un message en vietnamien. Nous demandons à la vendeuse ce qu'il signifie, car le rouleau est vraiment joli et notre traducteur de poche ne connaît pas ces mots. Elle ne sait pas, et demande à une autre vendeuse qui demande elle-même à une autre. Finalement, l'une sort son téléphone comme traducteur et elles seront huit vendeuses autour de nous. Heureusement, il n'y a aucun autre client dans le magasin.
Nous sortons et prenons la direction d'une grande rue que nous n'avons pas encore longée. Nous arrivons alors vers une mini place arborée où des petites tables ont été disposées pour que les gens s'arrêtent y boire un soda ou un jus de noix de coco. Mais à la différence des autres « cafés de rue » que l'on voit de partout le long des trottoirs, ici certaines chaises ont été remplacées par des hamacs tendus entre les arbres. C'est encore plus sympa ! Derrière cette place, la ville s'arrête net : nous avons alors un point de vue sur la campagne et la forêt. Un troupeau de zébus est en train de paître tranquillement en liberté, cela permet d'entretenir les espaces verts. Un magnifique mâle très imposant passe alors à un mètre de nous, il est vraiment impressionnant !
Nous allons au bout de la rue et prenons une rue perpendiculaire qui nous fait passer devant une grande bibliothèque. Plus tard, dans une autre petite rue adjacente, un groupe d'adolescentes nous saluera, quasi hystériques. Un garçon plus téméraire arrivant derrière nous demandera une photo avec lui. Elles arriveront alors toutes en courant et en criant et ce sera un selfie avec tout le monde sur la photo !
Nous poursuivons notre route et arrivons devant un parc à côté duquel un marché très animé s'active. Des vêtements en vrac, des fruits et des légumes, de la viande mais surtout beaucoup de poissons, de fruits de mer et de crabes. Alors que nous observons des choses inconnues sur les étals, deux retraités européens passent à côté de nous. Les touristes sont peu courants ici, on leur dit « Hello » et ils nous répondent « Bonjour ». Ils sont bel et bien français, et voyagent entre la Thaïlande, le Laos et le Vietnam depuis maintenant deux ans et demi. Ils utilisent les transports locaux et confirment notre avis sur les transports vietnamiens. Nous échangeons alors sur nos itinéraires et ils nous donnent quelques pistes pour la Thaïlande et le Laos. Eux-mêmes y retournent demain en bus. La rencontre est très sympa, nous sommes impressionnés par le voyage qu'ils réalisent.
Nous retrouvons la rue principale et prenons chacun un hamburger à la boulangerie car ils sont vraiment trop bons ! Nous ne sommes pas loin de la maison de Mr Hai que nous devons retrouver. En effet, nous voulions lui envoyer les photos par mail mais impossible de retrouver le papier sur lequel était écrite son adresse. Nous hésitons en voyant une première maison, puis décidons de pousser les recherches un peu plus loin au Nord. Bingo ! Nous y sommes ! Nous apercevons à l'étage la silhouette de Mr Hai en cours du soir dans sa salle de classe. Il est 17h45, son cours vient de commencer il y a 15 min et se terminera à 19h. Nous reviendrons donc dans une heure.
Nous prenons une rue qui longe un très grand hôpital, puis une autre rue qui nous ramène au point de départ. Nous partons dans une autre direction, puis décidons de nous arrêter boire un verre pour passer le temps qu'il nous reste à attendre. Manu commande une limonade salée (c'est particulier mais on s'y fait), et Charlène un lait fraise en s'aidant d'une photo. Enfin... c'est ce qu'elle croyait ! A la place, ce sera un lait avec des morceaux de carottes et d'autres légumes verts et rouges. C'est vraiment spécial et trop différent de ce que notre palais connaît !
Il est l'heure, nous retournons devant sa maison, où les parents des jeunes qui sont en cours les attendent sur leurs scooters. La femme de Mr Hai nous aperçoit et l'appelle. Nous lui expliquons que nous voulons lui redemander son mail pour lui envoyer les photos, il nous fait entrer. Des jeunes arrivent alors au compte-goutte, il s'agit d'élèves plus âgés (qui ont environ 16 ans) qui viennent pour un autre cours du soir de 19h à 21h. Nous commençons à discuter avec eux, ils parlent pratiquement couramment anglais (en tout cas ils ont un meilleur niveau que nous!). Il est l'heure du début du cours, Mr Hai nous dit en rigolant qu'on serait mieux en haut. On est ravi de pouvoir converser de nouveau avec une classe, on accepte donc avec plaisir.
Il y a une petite dizaine de jeunes, le niveau est assez hétérogène. Mr Hai ne nous rejoindra pas, il nous laissera discuter entre nous. Ils parlent parfaitement bien anglais et sont très curieux, aussi les questions s'enchaînent. Nous commençons par nous présenter. Alors qu'une jeune fille nous explique que son prénom veut dire « printemps », Charlène lui répond que c'est bien dans leur pays leurs prénoms ont toujours une jolie signification (ce n'est pas la première fois qu'on faisait ce constat). Un garçon intervient alors en disant d'un air abattu que c'est faux car son prénom à lui ne veut absolument rien dire ! Manu a un fou rire, Charlène ne sait plus où se mettre, la scène est assez drôle !
Nous parlons de leur pays (ils nous demandent notre ressenti et nous leur expliquons honnêtement ce que nous en pensons), des différentes régions et lieux à visiter, du climat et des saisons au Vietnam. . Puis ils sont curieux d'en apprendre plus sur les écoles françaises, nous leur expliquons les différences observées. Nous leur parlons aussi de notre métier (différent d'un professeur en école publique) et du fonctionnement des MFR, des spécificités du système de l'alternance. Ils sont emballés par le concept.
Enfin, nous posons des questions sur des scènes observées dans la rue, ils nous conseillent des plats à goûter ici... Nous parlons des vaccins : ils nous expliquent que les parents préfèrent n'emmener leurs enfants se faire vacciner qu'une fois au lieu de plusieurs et de faire toutes les injections d'un coup, même si c'est dangereux et que certains peuvent en mourir. Ils nous expliquent qu'il y a un fort taux de mortalité chez les enfants en bas âge ici. Nous en venons ensuite à des sujets plus légers comme le port du masque (que tout le monde respecte, cela partout et tout le temps dès tout petit). Nous apprenons qu'il y a quatre raisons de le porter : au niveau médical, pour limiter la transmission des microbes et des maladies, mais aussi pour ne pas respirer les pots d'échappements lors des déplacements en deux roues, pour se protéger la peau du soleil et ne surtout pas bronzer, et pour finir pour se protéger le nez en hiver afin de ne pas s'enrhumer (même si les températures ne passent jamais en dessous de 18°).
Le dernier sujet est le plus sensible : quand nous demandons aux jeunes ce qu'ils veulent faire plus tard, nous avons comme réponses (comme lors des deux cours précédents) des docteurs, ingénieurs, scientifiques (à une exception près, l'un d'eux veut devenir joueur d'échec professionnel!). Ils nous expliquent alors qu'ils ne peuvent pas choisir leur métier, ce sont les parents qui leur imposent, d'où cette liste de métiers aussi « riches » que « vagues » : scientifique c'est à dire ? Ingénieur en quoi ?
Nous ne voyons pas le temps passer, mais un des jeunes nous indique qu'ils doivent rejoindre leurs parents qui les attendent : il est déjà 21h ! Ces deux heures ont filé tellement vite !
Nous redescendons et retrouvons Mr Hai, il souhaite nous accompagner au restaurant d'à côté qui propose le fameux « Pho » que les élèves nous ont conseillé.
Nous n'avons pas vraiment faim, mais acceptons pour poursuivre la discussion avec notre hôte.
Il s'agit en réalité d'une soupe de nouilles en bouillon, mais rien à voir avec celles que nous consommions volontiers en Chine ! Celle-là manque cruellement de goût, aussi nous y ajoutons un tas de sauces et de piments, de feuilles, ...
Nous poursuivons donc la discussion et revenons sur des sujets abordés avec les jeunes, l'échange est une fois de plus très riche. Mr Hai nous explique qu'il est devenu médecin car ses parents voulaient qu'il le soit, mais que finalement ça ne lui a pas plu de soigner les gens malades, aussi est-il devenu professeur (ses parents agriculteurs ont accepté son choix sans problème). Il trouve important que ses enfants choisissent également leur voie plus tard, contrairement à ce qui se fait au Vietnam.
La soirée se termine, nous prenons la direction du retour. Encore une très bonne journée de passée !




















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