Une agréable rencontre inattendue
- 2 nov. 2015
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Nous nous réveillons un peu plus tard aujourd'hui et avons envie de traîner un peu. Nous avons pas mal marché ces derniers jours et nous souhaitons rester un peu tranquilles. Le pare-feu chinois ne nous bloque plus, nous en profitons pour regarder un film en streaming sur la tablette.
En fin de matinée, nous descendons demander à l'accueil de l'hôtel si nous pouvons emprunter leur téléphone. Nous composons alors le numéro de téléphone donné par le président de l'association dans un mail précédent. La personne qui nous répond a un fort accent vietnamien mais parle français, aussi la conversation se fait facilement. Elle nous explique que le président est rentré quelques jours en France. Lorsque nous lui demandons si elle peut nous indiquer où rejoindre les bénévoles déjà en place sur les différents programmes, elle nous répond qu'il n'y a pas de bénévoles actuellement en place à Kon Tum. Nous raccrochons, complètement perdus. Cette foi-ci, nous ne comprenons plus rien.
Nous décidons d'envoyer un dernier mail au président pour avoir une explication, l'informant qu'on ne va pas s'attarder ici si rien n'est envisageable. Puis nous sortons, un goût un peu amer à la bouche.
Il pleut aujourd'hui ! C'est formidable ! Les températures très élevées de ces derniers jours redescendent un peu grâce à ce temps gris. Nous sommes en short et tee-shirt, sans k-way, mais nous n'en avons pas besoin : nous profitons de la fraîcheur de la pluie sur notre peau.
Nous marchons en direction du centre ville, où nous avions vu qu'une boulangerie proposait des hamburgers. Nous n'avons pas encore eu l'occasion de les essayer. Nous en commandons deux, on nous fait asseoir sur deux chaises en plastiques installées dans la boutique. Comme il pleut, c'est parfait pour manger au sec. Les hamburgers, composés de produits frais, sont délicieux, nous terminons le repas par un mini gâteau à la crème, décoré d'un visage de bouddha, comme on peut en voir dans toutes leurs boulangeries. Nous sommes curieux, et voulons savoir ce qu'il y a à l'intérieur.
Il s'agit d'une génoise, d'une sorte de pâte à la noix de coco, de crème tout autour et d'un peu de café en décoration. Manu aime bien, Charlène trouve la crème un peu écœurante. En fait, le gâteau nous restera sur l'estomac tout l'après-midi !
Il pleut encore, nous faisons donc quelques boutiques pour ne pas être trop trempés. Nous rentrons dans une boutique d'électroménager, où il y a plus de vendeurs qu'il n'y aura jamais de clients. Deux se tiennent dehors devant la porte et nous saluent au passage, un autre ouvre la porte à notre arrivée, et trois nous suivent de très près à l'intérieur des rayons. C'est assez stressant de les voir à moins d'un mètre de nous, mais nous en faisons abstraction. Nous voulons seulement voir les prix des clé USB (qui étaient vraiment très chères en Chine) pour remplacer celles qui contiennent nos photos quand elles seront pleines. Ici, les prix sont raisonnables, presque les mêmes qu'en France. C'est bon à savoir. Il pleut moins, nous poursuivons notre balade dans la rue.
En fin d'après-midi, un homme sur le trottoir nous interpelle. Il s'appelle Mister Hai, parle anglais et nous apprend qu'il est professeur d'anglais ici, à Kon Tum. Nous discutons un peu et il nous demande si nous accepterions de venir dans sa classe demain matin. Avec plaisir !
Il nous apprend aussi qu'il donne des cours du soir chez lui (sa maison est juste derrière nous). Son cours commence dans 45 minutes, et nous sommes les bienvenus. Trop bien !
On s'installe dans son salon, il nous propose de goûter des guava, de drôles de fruits verts qui poussent dans son jardin. Après avoir discuté un moment, il nous annonce qu'il doit aller chercher son fils. Il nous laisse alors avec un de ses élèves, un jeune de 14 ans qui parle vraiment très bien anglais !
Pas timide du tout et très bavard, il engage rapidement la conversation.
Mr Hai revient, il nous fait monter à l'étage où une vingtaine de jeunes sont installés à des bureaux dans une pièce aménagée en salle de classe. Il nous explique qu'on peut utiliser Internet et le vidéoprojecteur, puis repart et nous laisse avec ses élèves.
Le niveau est assez hétérogène, et les jeunes ont entre 11 ans et 14 ans, mais l'échange commence. Nous nous présentons, utilisons notre livret de présentation, puis nous servons d'Internet pour montrer l'école où nous travaillons. Nous poursuivons l'échange sur les différences entre les écoles françaises et vietnamiennes, puis leur posons des questions sur leurs habitudes de vie, leurs loisirs...
Nous apprenons notamment qu'ils vont à l'école du lundi au samedi, et qu'ils n'ont pas d'autres vacances que les trois mois en été. Ils commencent le matin à 7h, et terminent à 11h. Puis ils y retournent de 13h à 16h. Le rythme est plutôt intense !
Nous découvrons leurs livres d'école (sortes de cahiers fins où les élèves peuvent faire les exercices en écrivant directement à l'intérieur), les programmes semblent être les mêmes que chez nous (ou du moins en physique où Manu repère dans leurs pages ce qu'il enseigne à la MFR). Au bout d'une heure, nous les remercions vivement de cet échange et laissons la classe à son professeur. Nous échangeons nos mails avec Mr Hai, qui nous donne rendez-vous demain matin à 7h30 au café en face de l'école (située au Sud de la ville).
Nous prenons la direction du retour, cet échange super intéressant nous a fait oublié la déception liée à l'association et nous a redonné le plein d'énergie.
Nous nous arrêtons sur la route, commandons une assiette au hasard sur la carte. Comme d'habitude, le restaurateur n'en fera qu'à sa tête et nous servira deux assiettes, avec un prix ne correspondant évidemment pas à celui de départ. Nous ne disons rien mais ces habitudes vietnamiennes de nous servir ce qu'ils veulent commencent à nous agacer.
Nous rentrons, croyons voir au loin le marchand de boulettes dont le stand est à 200 mètres de notre hôtel. Ce n'est pas lui, c'est un autre homme. Lorsque nous lui demandons une boulette, il nous montre 20 000 avec ses billets. C'est le double du prix habituel ! Nous passons alors à côté et poursuivons notre route. Il nous montre 10 000. Il croit vraiment qu'il peut essayer de nous avoir et nous proposer comme si de rien était le bon prix ?! Nous connaissons maintenant la valeur des produits les plus courants, aussi ces personnes devront trouver d'autres pigeons à plumer.
Nous rentrons à l'hôtel, nous occupons de la lessive. Nous pensons partir dans deux jours si nous n'avons pas de réponse à notre mail. Demain, nous découvrirons enfin l'intérieur d'une école vietnamienne, c'est super !




















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