A la découverte des villages bahnars
- 1 nov. 2015
- 6 min de lecture
Nous nous levons assez tôt car nous savons que nous allons parcourir au moins 20 kilomètres à pieds aujourd'hui. Nous déjeunons dans la chambre (bananes et morceau de brioche achetés la veille) puis nous partons. Nous avons troqués nos tongs et sandales contre nos bonnes chaussures de marche.
Nous sortons dehors et prenons la direction de la ville. En effet, le village de Kon K'tu est situé à l'extérieur de la ville, mais à l'opposé d'où nous sommes. Nous devons donc déjà traverser Kon Tum. Alors que nous avons à peine parcouru 200 mètres, le couple vendeur de sandwichs avec qui nous avons sympathisé hier nous fait signe de venir. Nous voulions partir sans traîner, mais ils sont tellement gentils qu'on ne peut refuser leur invitation.
Nous nous installons donc sur leurs petites chaises en plastiques et l'homme sort cette fois devant nous des sortes de mini châtaignes. Elles sont très dures et n'ont rien d'exceptionnel, mais nous en mangeons pour ne pas vexer notre hôte. Alors que nous regroupons les épluchures sur un coin de la table basse, ils les pousse par terre du revers de la main et nous montre qu'il faut les jeter directement sur le trottoir. C'est contraire à nos mœurs, mais en se faisant forces nous l'imitons à notre tour.
Nous commandons également un sandwich à la vendeuse. Même s'il est encore tôt, ils sont très légers et vraiment bons. Le commerçant part et nous laisse avec sa femme.
Une dame arrive alors. Elle propose des billets de loterie, comme on en trouve partout en ville. Si autant de personnes peuvent vivre de ça, c'est qu'ils doivent bien se vendre. On ne veut bien évidemment pas en acheter, mais Manu, fan incontesté de tombola et loterie, ne peut s'empêcher d'observer les billets où sont dessinés deux oiseaux. La vendeuse revient alors à la charge et essaie de nous dire quelque chose que nous ne comprenons pas.
La suite prend alors un tournant tout à fait inattendu. Elle s'approche de Manu et lui pince le téton droit, puis le gauche, et de nouveau le droit. Manu, très surpris, ne bouge pas mais lance en français « Il va vite falloir qu'elle arrête ça ». Après la tape sur les fesses et le massage de la cuisse du chauffeur de bus couchettes pour aller à Da Nang, on se dit que certains vietnamiens sont vraiment trop tactiles !
Quelques minutes plus tard, nous reprenons la route. Alors que nous avons traversé la moitié de la ville, un adolescent nous accoste avec un anglais parfaitement travaillé, et nous invite à venir boire un café ou un thé dans le café familial. Nous ne pouvons nous arrêter de partout si vous voulons avancer, aussi nous nous y arrêterons plutôt au retour. Nous retenons qu'il est au n° 63 de la rue.
Nous arrivons au pont qui traverse le fleuve Dak Bla et qui marque la fin de la ville, nous le traversons. Le paysage est toujours aussi magnifique et dépaysant.
Nous croisons de nombreux groupes en scooter qui se baladent, c'est normal on est dimanche.
Nous passons à proximité du village de Kon K'lor, puis de Kon K'ri. Nous voyons de jeunes enfants jouer avec des machettes, ou s'occuper avec ce qui les entoure. Comme hier, tous nous saluent.
Nous poursuivons notre route, passons à côté de zébus, de rizières, de bananiers, puis nous surplombons le fleuve où Kon K'tu se dessine au loin. En dessous de nous, de jeunes garçons se baignent dans le fleuve, d'autres sont debout sur un énorme rocher juste au dessus de l'eau.
En face, des pirogues sont disposées le long des galets.
Nous arrivons enfin au village Kon K'tu. C'est un village banhar (minorité ethnique fortement présente dans la région avec ses costumes, ses traditions), tout comme les autres villages commençant par « Kon ». Une entrée traditionnelle avec deux piliers en béton où sont visibles des inscriptions et des drapeaux marque le début du village.
Le village n'est pas très grand, il a été battis entre le fleuve et deux rues. Nous le visitons et partons à la recherche d'un écolodge d'application construit par l'association qui permet d'accueillir les touristes et de former les jeunes de la région aux métiers de l'hôtellerie et de l'accueil. Notre seul indice, qui provient d'un site internet, est qu'il se situerait derrière la maison communale. Mais nous ne savons pas vraiment ce qu'on appelle ici la maison communale... Nous passons à côté d'un bâtiment traditionnel très haut avec un toit pentu fait de chaume, mais n'y trouvons aucun indice.
Les enfants sont un peu plus farouches ici, les familles nous observent passer en silence, le regard un peu suspicieux. Nous arrivons devant une église très belle où les marches extérieures ont été directement taillées dans la roche. Nous poursuivons nos recherches et arrivons déjà à la sortie du village. Avant de faire demi-tour, nous décidons de continuer un peu la route et d'aller passer un moment au bord du fleuve. Ici encore, nous observons que les déchets sont présents partout dans la nature. C'est tellement dommage...
Nous descendons par un sentier creusé dans la terre et nous asseyons le long du Dak Bla. Des enfants passent derrière nous, un plus jeune d'environ 4 ans tente de les suivre. Ils prennent un autre sentier dans les fourrés, ils ont l'air d'être en terrain connu. Une jeune femme arrive par un autre sentier en terre avec une sorte de longue hotte sur le dos. Elle la pose par terre puis commence à la remplir de branches sèches regroupées au bord de l'eau. Lorsqu'elle est pleine, elle aligne des morceaux par-dessus dans l'autre sens. Enfin, elle la remet sur son dos (comment fait-elle ? Ça a l'air tellement lourd!) et remonte le long du sentier escarpé d'où elle est venue.
Au loin, des pirogues se dessinent et approchent. De plus près, on se rend compte que ce ne sont pas des pirogues mais des radeaux de fortune constitué de morceaux de bois et de chambres à air de tracteur ou de camion. Ils descendent le fleuve avec une pagaie, les pieds dans l'eau. L'un a une lampe frontale sur la tête, aussi peut-on supposer qu'ils sont partis tôt ce matin.
Quelques minutes plus tard, un homme remontera le fleuve à contre-courant, cette fois ci en pirogue.
Nous retournons dans le village et voyons une grosse maison en bois sur pilotis qui se démarque des autres habitations beaucoup plus petites ou en terre sèche. Nous décidons d'aller voir si c'est l'endroit que l'on recherche.
Une jeune femme nous accueille dans un très bon anglais, elle nous souhaite la bienvenue dans sa maison, sa « homestay », sorte de guesthouse. Elle nous demande si nous souhaitons y rester la nuit. Nous lui expliquons alors, à l'aide d'une page Internet de l'association prise en photo, ce que nous recherchons. Elle part alors chercher une femme vivant dans le village depuis de nombreuses années et fait l’interprète pour nous. Nous apprenons que l'association a en effet bien travaillé dans ce village, mais que le terrain a été récupéré par l'ethnie des Bahnars et qu'ils ont dû déménagé leurs installations. Ils sont maintenant à Kon K'lor. La façon dont la personne nous parle nous met mal à l'aise. Les bénévoles sont-ils bien attendus et acceptés ici ?
Nous prenons alors la direction du retour, puisque Kon K'lor est sur notre route. Nous nous arrêtons acheter une boisson chez une vieille dame qui propose également des poissons à la fraîcheur douteuse. Elle nous explique avec des signes qu'il faut mieux utiliser une moto plutôt que de marcher, si on ne veut pas finir tout raides et cassés.
Arrivés à Kon K'lor, nous entrons dans le premier village : il y en a un de chaque côté du fleuve. Encore le même bâtiment traditionnel, mais rien d'autre en vue. Un tracteur ancien passe alors à côté de nous. Il doit s'occuper du « ramassage scolaire » ou de quelque chose du genre, car sa remorque transporte une bonne dizaine d'enfants. Nous remarquons qu'ils portent tous un maillot de handball de Lyon 9ème. Nous ne devrions pas être loin !
Nous ne trouvons rien, et retraversons le fleuve. Les enfants sont de nouveaux très chaleureux et loquaces dans cette région. Nous traversons le village, les familles nous saluent. Aucun bâtiment de trouvé, nous repartons bredouilles en direction de la ville. Le café du garçon rencontré à l'aller est fermé, aussi nous nous arrêtons un peu plus loin.
Nous passons la soirée à nous balader dans les rues animées, où sont présents quelques marchés. Nous trouvons une sorte de supermarché où nous entrons. Impossible de trouver des pains de lessive dans ce pays, mais enfin nous trouvons un flacon de lessive liquide pas trop gros. Ça fera l'affaire !
Nous grignotons sur la route une sorte de crêpe nem, une poupée de maïs grillée et des boulettes.
Retour à l'hôtel, où nous sommes un peu déçus du résultat de nos recherches même si la balade était vraiment sympa. Nous attendons toujours une adresse précise de 'association par mail, mais ce ne sera pas pour aujourd'hui non plus. Nous avons un numéro de téléphone, nous l'essaierons demain.




















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