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Une journée en Magicobus

  • 25 oct. 2015
  • 5 min de lecture

Le réveil sonne, il est 4h. Nous sommes rapidement prêts, nous allons à la gare routière. La porte de l'hôtel est fermée avec un cadenas, nous devons malheureusement réveiller le gérant qui dort juste à côté pour qu'il nous ouvre.

Il fait nuit noire, nous allons aux guichets qui sont ouverts. C'est déjà ça ! Nous leur demandons deux tickets pour Vinh, on nous dit que ce n'est pas possible. Une autre ville au Sud alors ? Non plus. Pas de destinations vers le Sud. On leur montre leur panneau au mur où ces destinations sont affichées. Elles nous disent que ce n'est pas possible, qu'on doit aller quelques centaines de mètres plus loin.

Nous sortons de la gare et commençons à marcher. Nous arrivons vers une station service, des hommes viennent à notre rencontre. On leur montre notre carte et la destination. Ils nous indiquent que ce n'est pas ici mais de l'autre côté du canal, sur la route en face. Nous les remercions et y allons.

Alors que nous traversons le pont, un homme en scooter s'arrête, nous demande (en vietnamien) où nous voulons aller, regarde notre carte, puis repart en haussant les épaules. Intéressant ...

Nous arrivons à l'endroit indiqué, mais il n'y a rien. Absolument rien !

Un homme traverse alors la route et vient à notre rencontre (c'est fou le nombre de personnes qui sont sur le bord de la route alors qu'il est 4h45 et qu'il fait encore nuit noire). Il parle anglais. On lui explique notre demande, il nous répond d'attendre sur le trottoir, c'est bien la route qui mène à Ho Chi Minh Ville et passe donc par Vinh, Da Nang.... Da Nang ? C'est encore plus au Sud et ce serait parfait ! Les bus ne devraient pas tarder à arriver.

En effet, dix minutes plus tard arrive au loin un bus que cet homme intercepte. Nous le remercions et montons à l'intérieur. C'est un bus couchette, nous enlevons donc nos chaussures à l'entrée et les rangeons dans un sac plastique. Impossible de connaître le prix, nous avançons vers les couchettes en insistant néanmoins. Il y a deux chauffeurs et un assistant, plus jeune, qui se charge de placer dans le bus et de faire payer les passagers. Il nous annonce enfin 300 000 par personne. Ce n'est rien pour un tel trajet, en comparaison des autres déjà réalisés et sachant qu'on est en couchettes. Mais après qu'on ait donné la somme due, les chauffeurs n'ont pas dû être du même avis sur le prix car il nous dit avoir compris comme destination Vinh et nous demande 600 000 pour Da Nang. S'en suit une grande discussion sur quoi faire. Finalement, nous décidons de payer et de rester : le tarif reste encore plus que raisonnable, et nous ne perdrons pas de temps à chercher un autre bus qui plus est n'aura pas forcément de tarif plus bas.

Il est 5h, nous sommes installés, c'est parfait. Nous terminons notre nuit et nous réveillons à 8h. Nous lisons, écoutons de la musique. Nous sommes sur les couchettes du haut, Manu est juste devant l'écran de télévision où s'enchaînent chants sur plateau télé, sketchs, pièce de théâtre, film d'arts martiaux. En fin de journée, il y aura un film mémorable : le film doit être chinois, mais il est doublé en vietnamien. Mais ce qui est fort, ce n'est pas seulement le fait que les voix originales n'aient pas été enlevées et qu'on puisse écouter les deux langues à la fois, ni que le doublage soit vraiment très décalé. Ce qui est vraiment énorme, c'est que c'est un seul et même homme qui double toutes les voix (masculines et féminines), et sans aucune intonation. Ses paroles transpirent tout l'ennui du monde ! Ce film nous fera beaucoup rire pour ces qualités de doublage.

A 9h30, après plus de quatre heures de route, nous faisons une pause. Manu reçoit une tape sur les fesses au passage... de la part du chauffeur de bus ? Ce dernier prendra également la main de Charlène. Très tactile, apparemment, un peu de trop même. Nous descendons du bus en chaussettes, et prenons une paire de claquettes dans la caisse à disposition. Le temps de passer aux toilettes, on nous installe à des tables rondes de six personnes où sont disposées des assiettes de différents mets, dont un grand saladier de riz. Apparemment, le repas est compris dans le voyage. En tout cas, c'est très sympa et on prend notre premier petit-déjeuner local !

Enfin c'est ce qu'on a cru. Après avoir espéré faire une autre pause pour le déjeuner vers les 14h, en vain, on comprendra qu'à 9h30 on prenait en réalité notre repas de midi. Il n'y aura pas d'autre pause avant le repas du soir, à 18h15, ni pour manger, ni pour aller aux toilettes. Il faudra se contenter des toilettes du bus à la propreté douteuse.

Mais alors comment font les chauffeurs pour se relayer ? Tout simplement, alors que le bus roule, le chauffeur le laisse en roues libres, se lève tranquillement, et l'autre le remplace. Ils font très fort !

Un homme, couché par terre entre deux couchettes, est très malade et gémit beaucoup. Il souffre mais nous ne pouvons malheureusement pas faire grand chose pour l'aider.

Nous essayons de nous repérer avec notre carte, mais ce n'est pas simple car nous ne sommes pas du côté des panneaux. Mais en récoltant quelques indices, nous arrivons à suivre notre avancée. Une fois, c'est un panneau vu à l'envers, une autre c'est la mer que nous longeons. Elle est là, seulement à 200 mètres de nous !

Heureusement que les pauses sont rares, car il y a quand même 720km à parcourir.

Ici, pas d'autoroute, mais une seule et unique nationale qui relie le Nord du pays au Sud. Elle est donc très fréquentée, sans compter tous les villages à traverser. Quelques fois la route se transforme en deux voies, mais c'est loin de concerner tout le parcours ! Parfois encore, des buffles couchés sur la voie ralentissent la circulation.

Même Google Map indique qu'il faut 13h30 sans pauses !

L'après midi, ou plutôt devrait-on dire les 8h30 de bus sans pause entre les deux repas, est assez long. On essaye de s'occuper comme on peut, mais on a hâte de faire une pause et surtout d'arriver.

Enfin, à 18h30, alors qu'il fait déjà nuit depuis une heure, nous nous arrêtons pour prendre le dîner. Riz, viande, légumes, poisson, c'est très local et fort sympathique.

Nous reprenons la route, l'assistant du bus nous dit de nous préparer à descendre dans 30 minutes, ce que nous faisons. Bien sûr, c'était 30 minutes vietnamiennes, donc un peu plus que celles qu'on connaît, mais nous passons ce temps assis entre les chauffeurs, par terre, à l'avant du bus. Ils sont drôles et nous demandent si on est ensemble, avec les deux doigts comme le ferait un enfant. Ce ne sont pas les premiers à faire ça, ils sont fascinés par les couples. Peut-être sont-ils encore célibataires ? En tout cas ils se charrient et nous passons un bon moment à rire. Le chauffeur aussi participe activement à la discussion !

Nous arrivons à destination, en dehors de la ville, mais nous la voyons s'illuminer au loin. Il leur reste environ encore 1000 km à parcourir avant d'arriver à destination, nous leur souhaitons bon courage.

Ils nous arrêtent un taxi. Nous n'avons pas d'adresse d'hôtel, et souhaitons marcher, nous attendons que le bus ait disparu pour nous éloigner à pieds.

Nous longeons les très nombreux bars où sont réunis des centaines de personnes.

Puis nous trouvons sur la route un hôtel bon marché. La famille est très accueillante, nous y resterons deux jours. Nous prévoyons d'aller visiter une ville très belle à 30 km de là.

 
 
 

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