"Vietnam, nous voilà !"
- 22 oct. 2015
- 7 min de lecture
Nous nous levons à 7h45, faisons nos sacs et partons à 9h. Nous prenons la direction de la banque « Bank of China » où nous souhaitons échanger nos yuans restants contre des dongs. Nous arrivons à la banque, on nous dit qu'ils ne proposent pas ce service. Elle nous explique que des gens « dans la rue » le font. On est sceptique. On n'a pas le choix, alors on prend cette rue indiquée (qui va en direction de la frontière). On ne sait pas ce qu'on cherche exactement, quelqu'un assis sur une chaise avec des billets plein les mains ?! On a aussi besoin de papier toilette (on ne sait pas où on en trouvera au Vietnam, alors on s'arrête à une épicerie dans cette même rue. On lui demande où trouver un bureau de change, et alors elle sort de son tiroir caisse une liasse de dongs ! Bingo !
Elle nous propose un taux un peu inférieur à celui indiqué par la banquière, mais on en a besoin alors on accepte vivement. C'est étrange d'avoir plus d'un million quatre cent mille sur soi !
En effet, un euro équivaut environ à 25 000 dongs !
Nos dongs en poche, nous continuons en direction de la frontière. Sur un pont qui traverse le fleuve, nous pouvons voir le poste de frontière : un bâtiment chinois de notre côté, un vietnamien de l'autre. Un homme nous indique une volée de marches pour rentrer dans le bâtiment, car il n'y a aucune indication. Nous montons, passons nos sacs aux détecteurs, faisons tamponner notre passeport pour valider notre sortie (notre visa était valable deux mois, nous l'aurons bien exploité!).
Nous sortons du bâtiment, traversons le pont et entrons dans les services vietnamiens. On tamponne cette fois notre visa pour indiquer notre entrée sur le territoire. Nous avons un mois et pas un jour de plus ! C'est aussi l'occasion pour découvrir quelques mots (bonjour, au revoir, merci). Nos réflexes chinois sont encore bien présents, mais ça va venir.
Nous sortons et faisons nos premiers pas sur le sol vietnamien... C'est génial !
Il y a foule à la sortie, les uns proposant de changer notre argent avec un taux plus intéressant que les voisins, les autres voulant nous emmener derrière leurs motos.
Nous avons besoin de retirer de l'argent et voyons un distributeur ATM (c'est l'indicatif qui sert seulement aux étrangers, normalement ça limite le risque de voir sa carte se faire avaler, on l'a appris après notre petite expérience à Pékin). Nous en essayons un, mais la carte est éjectée. Nous essaierons plus tard.
Nous reprenons notre marche, et allons en direction de la ville de Lao Cai. Ce n'était qu'un avant goût, le plus gros de la ville est un peu plus loin. Nous ne savons pas exactement ce que nous voulons faire dans les prochains jours : aller où ? En bus, en stop ?
Nous savons seulement que nous avons une semaine pour rejoindre la région centre où une ONG, « poussières de vies », nous joindra à ses bénévoles. Et cela représente quand même 1 400 km, donc nous ne pouvons pas nous permettre de traîner.
Nous nous posons donc 10 minutes pour réfléchir. On décide de partir en direction d’Hanoï (car toutes les routes y passent avant de descendre au Sud). On décide également d'y aller au plus court (car aller dans les montagnes du Nord Ouest nous prendrait trop de temps). On y voit plus clair, on repart.
En arrivant en ville, on tombe sur des bus et une gare routière. On voit que Lao Cui – Hanoï est un trajet direct : c'est parfait ! On prend encore le bus pour le Nord et on verra pour faire du stop dans le centre. La personne au guichet veut nous vendre un ticket pour 11h. Ce n'est pas possible, il est déjà 11h30 ! Charlène lui indique sa montre. Elle sort alors son portable et on rigole : il n'est que 10h30, on n'avait pas pensé à un éventuel changement d'heure !
C'est vrai qu'on a couvert pas mal de distances d'Est en Ouest en Chine, mais l'heure est toujours restée la même. Et là, en quelques kilomètres, on gagne une heure ! Plus que + 5h de décalage avec la France.
Nous souhaitons manger avant de partir pour 5h de bus, nous demandons donc un ticket pour 13h. L'échange est un peu laborieux (plusieurs coups de fils au service de renseignement mais nous ne savions pas ce qu'elle attendait de nous qu'on leur dise) mais nous finissons par avoir nos tickets.
Nous allons à la recherche d'autres distributeurs, en trouvons un premier, puis un deuxième mais à chaque fois c'est pareil : notre carte est expulsée (tant qu'elle n'est pas avalée tout va bien!). Nous verrons donc à Hanoï...
Nous allons boire un coup et manger, un petit restaurateur nous propose dans la rue une carte très détaillée et traduite en anglais. On se prête au jeu et on décide de se faire plaisir : une assiette de 5 nems (les premiers qu'on voit, il n'y en avait pas en Chine!), une assiette de riz cuit au wok, et un sandwich (la présence du pain au Vietnam est malheureusement un souvenir de la guerre et de la présence des français). Ce n'est pas tout à fait le même que chez nous, mais il s'en approche !
L'ensemble du repas est un cadeau offert à nos papilles : de nouvelles saveurs, c'est juste trop bon !
Nous allons à la gare, il est 12h20. Un homme veut nous expliquer quelque chose, nous ne comprenons pas. Il fait alors signe à Charlène de monter derrière lui sur son scooter, et il l'emmène au bus, 200 mètres plus loin. Ça donne envie d'en louer un dans les semaines qui suivent ! Il repart chercher Manu, qui arrive les cheveux ébouriffés.
Nous découvrons alors le bus avec étonnement : ce ne sont pas des sièges, mais des couchettes : 3 rangées (deux contre les fenêtres et une au milieu), deux étages, et des couchettes grand confort. Nous découvrirons plus tard sur Internet que le train est peu utilisé ici, tellement un gros travail a été fait par les bus. Contrairement en Chine, il n'y a pas de service publique qui a le monopole : ce sont plein de compagnies privées qui essayent de trouver leurs clients.
Nous nous retrouvons à l'arrière du bus, où cinq couchettes sont côte à côte (comme les cinq sièges habituels des fonds de car). On s'y pose, et le véhicule démarre, alors que le départ n'est que dans 30 minutes ! Nous comprendrons que le départ se fait d'une grosse gare routière, nous n'étions qu'à un pré départ. Heureusement qu'on est arrivés suffisamment en avance...
Le trajet durera 5h30, nous pouvons y observer des montagnes de végétation (le climat, plus tropical, entraîne aussi un changement dans les arbres observés), des rizières en plaines, et de grands espaces en eau (champs inondés?). Grande première aussi, des troupeaux de buffles qui paissent alors qu'on n'en voyait que pour le travail. Ce sont les premiers élevages observés (pour la viande ? Pour le lait?), des paysans les surveillent.
Nous nous approchons de la capitale, la circulation est très dense, on tombe dans les mauvaises heures de fin de journée. Il y a énormément de deux roues, bien plus encore que ce qu'on a pu voir en Chine. Mais ici, ils ont presque tous des casques !
Nous arrivons à 18h30, il fait déjà nuit depuis un moment. La sortie du bus est épique, tous veulent nous emmener sur leur moto (peu de taxis voitures finalement). Nous nous mettons en quête de recherche d'un lit pour la nuit. Nous en trouvons un assez rapidement, mais la gérante nous fait comprendre qu'on paye la nuit pour « 12h » : si on arrive à 18h30, on doit la libérer à 6h30 ! Et même si on reste deux nuits, on doit la libérer pour la récupérer le soir ! Complètement illogique.
Si on veut garder la chambre pour « 24h », on doit payer le double.
On décide de trouver un autre hôtel. Malheureusement, ce principe doit être courant ici car il nous sert la même chanson. Nous partons manger le temps de réfléchir. Ce sera un bouillon de pâte, mais pour ce plat les vietnamien n'égalent pas les chinois (du moins dans ce restaurant).
Nous voulions rester deux jours (un pour visiter Hanoï, et un pour faire l'aller retour dans la journée à la Baie d'Halong), finalement nous resterons seulement une nuit. A bien y réfléchir (et ce qu'on verra sur Internet nous le confirmera), il n'y a rien d'extraordinaire à visiter Hanoï (même si ça en choque certains). En tout cas, rien qui nous intéresse au point de s'organiser pour le visiter demain. Nous décidons donc de partir demain matin directement à la baie qui a l'air absolument majestueuse et nous dormirons sur place. Nous repartirons directement de là-bas.
Nous retournons au premier hôtel où la nuit était moins chère. Nous trouvons un terrain d'entente pour pouvoir rester si nous le souhaitons jusqu'à 10h. Nous posons nos sacs et repartons, toujours à la recherche d'un distributeur. Nous en trouvons un, mais le montant retiré ne peut dépasser 1 750 000 dong (soit 70€). C'est embêtant, ça va multiplier les frais bancaires. Pas le choix, nous recommençons une deuxième fois. Alors qu'on s'apprêtait à faire un troisième retrait pour atteindre quasi 5 millions, le distributeurs doit être quasi vide car nous ne pouvons prendre plus que 550 000 dongs. Nous les prenons et repartons.
Les retraits se font exclusivement en billets de 50 000. Autant dire qu'avec une liasse de 80 billets en poche, on se sent très riches ! Alors même que cela ne représente que 160€.
Nous rentrons, écrivons jusqu'à une heure plus que tardive, puis fermons nos petits yeux sur ces premiers souvenirs du Vietnam...




















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